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Déconfinement


Lettre du 29 mai 2020 par Eric Galiègue - VALQUANT.



Le premier ministre a annoncé hier la deuxième étape du déconfinement, qui va permettre quasiment un retour à la normale dans le mois qui vient. Cette normalisation est accompagnée d’un retrait progressif des mesures de soutien qui ont été mises en place pendant l’arrêt d’activité, et notamment le financement par l’état de la mise au chômage partiel de la moitié des salariés du privé, et le report du paiement des charges sociales, possible encore en juin. Se pose alors la question majeure, qui taraude tous les esprits : ces mesures ont-elles simplement reporté le choc, qui tôt ou tard va meurtrir les entreprises et leurs salariés ? Une vague de licenciements ne va-t-elle pas déferler sur l’économie Française, et entretenir une situation récessive ? C’est effectivement à partir de maintenant que l’arrêt se transforme en récession ou en retour à la situation précédente. L’écart entre les deux situations viendra de l’état d’esprit, de la psychologie des consommateurs et des entreprises. Nous avons sur ce sujet des inquiétudes que le marché manifestement ne partage pas.

En ce qui concerne les consommateurs (et la consommation), il faut prendre en compte deux facteurs de stress durable, qui vont limiter la propension à consommer des ménages. Le premier est l’angoisse sanitaire. La peur de la contamination va probablement limiter les déplacements en magasin et donc les occasions de dépenser. Bien sûr, la vente à distance est possible et a été très favorisée pendant la période de confinement, mais une partie de la population limitera ses visites en magasin. Et, malheureusement, toute alerte ou « fake news » sur une deuxième vague, ou de nouvelles contaminations, limitera nécessairement la dépense des ménages, d’une manière générale. Le deuxième facteur qui va limiter la consommation, est la peur du chômage. C’est la raison majeure qui auto entretient les phases récessives : la dégradation de l’emploi est à la fois un effet et une cause de la récession. La hausse du chômage est un effet inéluctable de l’arrêt volontaire d’activité, et c’est probablement la première cause de la récession subie. De ce point de vue-là, il est très difficile de mesurer le choc réel sur l’emploi. Nous craignons qu’il soit important. Une baisse de 6% du PIB annuel, imputable uniquement à l’arrêt d’activité de mars à mai, va forcément créer une baisse de l’emploi en France.

En ce qui concerne les entreprises (et l’investissement), on a du mal à imaginer qu’elles décident demain matin de nouveaux programmes ambitieux d’investissement. Leur premier objectif est le retour à la normale, l’organisation du redémarrage de l’activité. Les décisions d’investissement ne se prendront pas avant longtemps. Elles sont conditionnées par une amélioration préalable des marges, les perspectives d’activité réelles et la rentabilité financière marginale du capital à investir. La dynamique de l’investissement des entreprises, moteur essentiel de l’économie, risque de faire défaut pendant longtemps.

Alors, bien sûr, le « coup de chapeau » de la Bourse aux annonces de l’accélération du déconfinement est naturel, bien qu’excessif selon nous. Le CAC 40 est passé d’un niveau où nous conseillions la surpondération (4 278 le 15 mai) à 4 771 points en clôture hier, soit près de +12% de hausse en 9 séances de bourse. A ce niveau de CAC 40, nous proposons toujours la pondération neutre, mais nous sommes à 2% environ du niveau de sous pondération (4 838) …. Les annonces du déconfinement sont conformes aux anticipations. La « fin de l’arrêt » n’est pas en soi une bonne nouvelle ; elle était anticipée, et ne constitue pas un évènement nouveau. C’est maintenant que se joue la vraie partie ; comment le corps économique va-t-il récupérer de l’arrêt volontaire d’activité ? Cette situation est aussi unique et incertaine que l’arrêt lui-même. C’est maintenant que doit s’exprimer le dynamisme des entreprises et des entrepreneurs. Croisons les doigts.



Tendance sur les marchés de taux et de devises : Les taux ont légèrement progressé cette semaine. Ils restent négatifs pour l’OAT 10 ans France, et très bas aux USA (0,7%). L’€ a progressé de +1% contre le dollar.

Tendances récentes sur les matières premières : Le cours du pétrole se stabilise autour de 35$ le baril. Le prix du cuivre a perdu 2%.

Investisseurs : Nous recommandons une pondération neutre des actions pour un CAC compris entre 4 493 et 4 838.
Eric Galiègue
Eric Galiègue

Eric GALIEGUE
Analyste financier indépendant,

Président de VALQUANT EXPERTYSE SAS
Membre de l'ACIFTE, association agrée par l' AMF
Enregistré à l' ORIAS sous le N° 11059738

7 rue Greffulhe
75 008 PARIS
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Mardi 2 Juin 2020
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