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Dans le « metavers financier » …

Lettre du jeudi 22 avril 2022 rédigée par Eric Galiègue - VALQUANT.


Eric Galiègue
Eric Galiègue
Cette semaine, à nouveau, la tendance haussière des cours de Bourse a repris le dessus. Le cours des actions a vivement progressé, en raison de la publication de nombreux chiffres d’affaires du premier trimestre 2022. Ils ont très souvent été supérieurs aux anticipations des analystes, et les opérateurs de marché ont sauté sur l’occasion pour justifier des achats à des cours que nous jugeons totalement déconnectés de la réalité. Ces cours portés par le « metavers financier » sont 10 à 15% supérieurs à ce qu’ils devraient être.

Il est vrai que les chiffres sont impressionnants : les ventes de LVMH ont progressé de 29% (écart au consensus d’il y a un mois : +11%), celles d’hermès de 32,7% (écart au consensus d’il y a un mois : +18,9%), de DANONE de 10,2% (écart au consensus d’il y a un mois : -0,8%), de L’OREAL de 19% (écart au consensus d’il y a un mois : +2,4%), celles de Nestlé de +12,6% (écart au consensus d’il y a un mois : +2,1%). 34 sociétés du STOXX 600 ont publié leurs ventes du premier trimestre, dont 23 disposent d’un consensus Facstet qui permet de calculer un écart entre la publication et l’anticipation. Cette actualité des entreprises appelle de notre part plusieurs commentaires.

Premièrement, les publications trimestrielles en Europe portent dans la majeure partie des cas, uniquement sur le chiffre d’affaires et pas sur le résultat. Dans l’univers du STOXX 600, 400 sociétés environ publient des données trimestrielles, dont 312 disposent d’un suivi du consensus Factset. Ces données portent uniquement sur les ventes pour les sociétés de zone €. Les publications trimestrielles portent sur le bénéfice des sociétés hors zone €, britanniques et suédoises essentiellement. S’agissant des ventes, l’inflation qui s’est accélérée au premier trimestre, a naturellement eu un effet positif. Mais, faut-il le rappeler, si la hausse des ventes est une bonne nouvelle pour les entreprises, ce qui compte c’est bien le résultat. Et, au risque de rappeler une évidence, une partie significative de la hausse des ventes proviennent de répercussion de hausse de cout : en d’autres termes, la hausse des ventes de se retrouvera pas forcément dans la « bottom line » du compte de résultat.

Deuxièmement, les sociétés qui ont annoncé des publications supérieures aux anticipations sont souvent des entreprises dites « défensives », dont l’activité dépend peu de la conjoncture économique. Elles sont aussi très implantées aux USA, ce qui induit un effet de change favorable, de l’ordre de 6% pour LVMH ou Hermès, par exemple. De plus, le choc de la guerre en Ukraine n’a porté que sur le tiers du trimestre ; c’est bien au second trimestre que les impacts seront vraiment perceptibles. La même remarque s’applique à la situation de la Chine : l’effet négatif sur la conjoncture des nouveaux confinements portera surtout à partir du mois d’avril.

Troisièmement, l’inflation dope les ventes et peut effectivement avoir un effet positif sur les résultats si les marges restent identiques, mais elle a un autre effet bien moins favorable : la hausse des taux d’intérêt et des taux d’actualisation. Il n’aura échappé à personne que la normalisation des taux de marché s’accélère. Depuis le début de l’année, on peut désormais parler d’une hausse de plus de 100 pb des taux des deux côtés de l’Atlantique. De plus, le retour de l’inflation induit une hausse de la prime de risque, qui vient s’ajouter au taux sans risque pour constituer le taux d’actualisation. On peut donc considérer que celui-ci a augmenté de 100 à 150 pb depuis le début de l’année ; comme son niveau initial était de l’ordre de 7 à 8%, cela signifie un impact théorique sur la valeur de actions, supérieur à 20%.

La hausse d’hier s’est heurtée à une résistance majeure, dont nous parlons depuis plusieurs semaines. Les cours ont reflué au contact de ce niveau, en raison des déclarations de Jerome Powell sur la hausse des taux de 50 pb très probable pour la prochaine réunion de politique monétaire de la Fed. Tôt ou tard, les acteurs du « metavers financier » reviendront dans la réalité. Trois catalyseurs se mettent en place pour une correction de plus de 10% des actions dans le mois qui vient : la hausse des taux de marché et des taux des banques centrales, une probable nouvelle étape dans la guerre en Ukraine et les sanctions des pays occidentaux, et la fin de la saisonnalité favorable (l’effet novembre-avril se termine …en avril !).


Recommandation investisseurs : nous sommes toujours en forte sous-pondération des actions pour un CAC 40 supérieur à 5 894 points.

Tendance sur les marchés de taux et de devises : Bien qu’en légère baisse hier, les taux des obligations d’Etat restent tendus. Ils demeurent au-delà de 1,3% pour l’OAT France. Ils ont retrouvé hier soir le niveau de 2,9% aux USA. L’€ a baissé contre le $ à 1,08.

Tendances récentes sur les matières premières : Le cours du pétrole est stable autour de 107$ le baril de Brent.

Eric GALIEGUE
Analyste financier indépendant,

Président de VALQUANT EXPERTYSE SAS
Membre de l'AFITE
Enregistré à l' ORIAS sous le N° 11059738

7 rue Greffulhe
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Lundi 25 Avril 2022




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