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Croissance : La France forte ?


A la lecture des comptes nationaux français du quatrième trimestre 2011, une question s'impose : les statisticiens de l'INSEE sont-ils devenus des magiciens ? En effet, l'augmentation du PIB de 0,2 % affichée par l'Institut statistique hexagonal ne correspond absolument pas à la réalité économique française telle qu'elle avait été décrite jusqu'alors par le même INSEE.



Marc Touati
Marc Touati
Tout d'abord, ce chiffre tranche avec la baisse de 0,8 % de la production industrielle au cours de ce même quatrième trimestre 2012. Même si l'industrie ne représente plus que 17 % du PIB français, son rôle moteur reste indéniable et donne généralement le « la » pour l'ensemble de l'économie. Encore plus troublant : en dépit du recul de la production industrielle, l'investissement des entreprises en produits manufacturés selon les comptes nationaux flambe de 2,4 % au quatrième trimestre.

Ensuite, alors que la consommation des ménages a stagné au quatrième trimestre selon les chiffres mensuels de l'INSEE, elle affiche une augmentation de 0,2 % selon les comptes nationaux.

De plus, que ce soit dans l'industrie ou dans les services, les enquêtes, toujours du même Institut, indiquaient que le PIB devait nettement chuter au quatrième trimestre. Etonnamment, il n'en a donc rien été. Une fois n'est pas coutume dans notre « humeur » et de manière à mieux visualiser pourquoi la croissance du PIB apparaît anormale, nous publions ci-dessous un graphique qui montre le décalage impressionnant entre l'indicateur avancé de l'INSEE dans l'industrie (qui, généralement, indique plutôt bien l'évolution future de la croissance) et le glissement annuel du PIB français. A l'évidence, il n'y a pas photo…

Croissance : La France forte ?

Enfin et surtout, la « croissance » du PIB dépareille avec la stagnation puis la baisse de 0,2 % de l'emploi respectivement au troisième et au quatrième trimestre. Or, si les statistiques de la croissance sont peu fiables, celles de l'emploi sont bien plus fidèles à la réalité telle qu'elle est vécue par les Français.

En résumé, si de tels écarts peuvent exister, avouons qu'ils apparaissent particulièrement bizarres aujourd'hui.

Et ce, d'autant que dans tous les autres pays de la zone euro qui ont publié leurs comptes nationaux du quatrième trimestre, le PIB a soit stagné, soit reculé plus ou moins fortement : - 0 % pour la Finlande et Chypre, -0,1 % en Autriche, - 0,2 % en Allemagne et en Belgique, - 0,3 % en Espagne, - 0,7 % en Italie et aux Pays-Bas, - 1,3 % au Portugal. Face à ce triste constat, seule la France a donc miraculeusement tiré son épingle du jeu et permis au PIB de la zone euro de ne reculer « que » de 0,3 %. Quel prestige !

Bien sûr, dans la mesure où les comptes nationaux restent de la comptabilité, il faut bien trouver une justification comptable à la progression du PIB. C'est en cela que l'une des grandes explications de cette « performance » réside dans la baisse de 1,2 % des importations. Or, dans la mesure où celles-ci contribuent négativement à la croissance du PIB, leur chute amène une contribution positive de 0,4 point.

Parallèlement, les exportations ayant flambé de 1,2 % au quatrième trimestre, la contribution totale du commerce extérieur à la croissance française atteint 0,7 point. Cela signifie que, hors commerce extérieur, le PIB français a reculé de 0,5 % au quatrième trimestre 2011.

Dans ce cadre, nous sommes contraints de relativiser avec force les chiffres de la croissance française pour le quatrième trimestre. Non seulement parce qu'ils nous paraissent trop décalés par rapport à la réalité économique intérieure, mais aussi parce que, de ce fait, ils risquent de subir d'importantes révisions dans les prochains mois et certainement après le mois de juin….

Marc Touati
Economiste.
Directeur Général de Global Equities.
Président du cabinet ACDEFI (premier cabinet de conseil économique et financier indépendant).

www.acdefi.com


Mercredi 22 Février 2012
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