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Comportement de paiement : pas d'amélioration en Asie-Pacifique en 2015


L’enquête annuelle de Coface portant sur 2 793 entreprises de 8 pays d’Asie-Pacifique : l'Australie, la Chine, Hong Kong, l'Inde, le Japon, Singapour, Taïwan et la Thaïlande, retrace l'évolution du comportement de paiement dans 11 secteurs d'activité. 85 % des entreprises interrogées affirment avoir consenti du crédit à leurs clients, afin de pallier à leurs difficultés de trésorerie.



- 70 % des entreprises concernées par les retards de paiement, sans amélioration par rapport à 2014
- Pour 56 % des entreprises, la conjoncture mondiale ne s'améliorera pas en 2016
- Dégradation dans 3 pays : Inde, Chine et Singapour ; la situation est stable dans les autres pays
- 4 secteurs les plus risqués : construction, équipements et électronique industriels, automobile et transports, et métaux

Inde, Chine et Singapour : les pays les plus touchés par les retards de paiement

Près de 7 entreprises sur 10 ont fait face à des retards de paiements en 2015, en raison des « difficultés financières des clients » (52 %), d'une « concurrence féroce qui pèse sur les marges » (35,6 %) et d'un « manque de ressources financières » (26,4 %).

En Inde, 84 % des entreprises interrogées ont enregistré des retards de paiement, avec une augmentation marquée des retards prolongés (32 % contre 24 % en 2014) dont le montant était supérieur à 2% de leur chiffre d'affaires [1]. La situation des prêts non-performants va probablement réduire la capacité de crédit et la rentabilité des banques, ce qui signifie que certaines entreprises pâtissent d'un resserrement des conditions de crédit. La mise en œuvre plus lente que prévue des réformes pourrait par ailleurs ternir les perspectives à moyen terme.

En Chine, le comportement global de paiement des entreprises est resté préoccupant. 80 % ont déclaré être concernés par des retards de paiement et 21 % ont constaté un allongement de la durée moyenne des retards supérieurs à 90 jours, soit la durée la plus longue de la région. En plus des problèmes non-résolus d'endettement et de surcapacités dans de nombreux secteurs d'activité, les pressions à la baisse sur la devise chinoise et la volatilité des marchés boursiers sont parmi les inquiétudes qui planent sur le marché chinois en 2016.

A Singapour, on note une hausse sensible des retards prolongés qui concernent plus de 2 % du chiffre d'affaires (35 % contre 23 % en 2014). Par ailleurs, un plus grand nombre d'entreprises a constaté un allongement de la durée moyenne des retards à plus de 90 jours (14 % contre 10 % en 2014) et une hausse des montants dus (49 % contre 35 % en 2014). Singapour, qui est le « hub » asiatique des géants des matières premières, est désormais touché par la baisse de leur prix et par la montée des incertitudes pesant sur l’économie mondiale.

« Les entreprises asiatiques ont été confrontées à des tensions financières importantes, amplifiées par la réduction des marges, en raison des surcapacités de production industrielle, d'une diminution de la demande et d'une concurrence accrue ces dernières années. Coface ne prévoit pas d'amélioration de la situation des paiements en 2016 » explique Jackit Wong, économiste de Coface basée dans la région Asie Pacifique.

Japon, Hong Kong et Taiwan : un comportement de paiement stable, alors que la croissance ralentit

Au Japon, l’expérience de paiement des entreprises est restée relativement stable. Les Abenomics semblent s’essouffler, comme le prouvent le recul des indicateurs cycliques dans la distribution et les exportations industrielles au premier trimestre et l'indice des prix à la consommation en baisse de 0,3% en glissement annuel. Coface reste prudent dans sa prévision de croissance de 0,5% pour l’économie japonaise en 2016, comme en 2015.

Hong Kong a adopté une approche d’accès au crédit plus stricte en 2015 : les ventes à crédit sont moins fréquentes (69,4%, contre 76,8% en 2014) et leur durée moyenne se réduit légèrement. Par conséquent, l'expérience globale de paiement des entreprises locales est stable. Compte tenu du rapprochement économique en cours entre Hong Kong et la Chine, il est clair que tout «choc» économique chinois peut avoir un impact sur la croissance de Hong Kong. Orientée vers l'extérieur, elle pourrait ralentir à 1,5% en 2016, après 2,4% en 2015.

L’expérience de paiement des entreprises taiwanaises s’est améliorée. Les retards supérieurs à 90 jours ont diminué (11,8%, contre 21,2% en 2014), comme les retards dont le montant est supérieur à 2 % du chiffre d'affaires (10,2% contre 15,1% en 2014). La reprise économique aux États-Unis et dans la zone euro devrait atténuer les effets néfastes des problèmes chinois sur l'économie de Taiwan, fortement dépendante des exportations. Coface prévoit une légère amélioration de sa croissance en 2016, à 1,2%, contre 0,8% en 2015.

¼ des secteurs d’activité concernés par la dégradation en matière de paiements

Le secteur de la construction a été le plus exposé aux risques de retards de paiement dans la région Asie Pacifique en 2015. Ce secteur affiche le plus grand nombre d'entreprises dont le chiffre d'affaires est concerné par les retards prolongés supérieurs à 90 jours et une hausse de leur montant. En 2016, les perspectives du secteur devraient rester sombres. Les difficultés liées au ralentissement économique chinois, associées aux réformes structurelles et aux incertitudes autour du calendrier de la hausse des taux d'intérêt américains vont probablement peser sur les perspectives économiques de la région, affectant les investissements privés et le pouvoir d'achat des ménages. Le contexte de faibles taux d'intérêt dans la région pourrait toutefois soutenir les intentions d'achat. Les projets d'infrastructures publiques pourraient également aider le secteur de la construction.

Le secteur des équipements et de l'électronique industriels a concentré le plus grand nombre d’entreprises ayant fait face à des retards de paiement en 2015 (78 % contre 70 % en 2014). Une nouvelle année difficile s'annonce pour ce secteur. Le segment des équipements industriels est pro-cyclique et la demande va probablement rester en berne en raison d'une faible croissance des échanges commerciaux, du rééquilibrage de l'économie chinoise vers les services et des faibles dépenses en capital sur fond de japonisation [2] de l'économie mondiale. En parallèle, la baisse de l'inflation, voire la déflation, va probablement peser sur les prix et faire chuter les marges bénéficiaires. Ainsi, il ne serait pas surprenant de voir certaines entreprises utiliser des stratégies défensives de fusions et acquisitions pour renforcer leur position concurrentielle.

Le secteur de l'automobile et des transports a enregistré une dégradation importante des retards de paiement en 2015 par rapport à 2014, avec un nombre accru d'entreprises affichant une hausse des montants dus (35 % contre 31 % en 2014) et des retards prolongés (23 % contre 14 % en 2014). Cependant, la demande devrait profiter de l’augmentation des revenus de la classe moyenne et de faibles taux d'intérêt locaux. En outre, une hausse de la demande chinoise (liée à une baisse des impôts sur les véhicules à moteur de 1,6 litre ou moins entre le 1er octobre 2015 et fin 2016) sera bénéfique pour le secteur cette année.

Le secteur des métaux n’a pas connu d’amélioration en 2015 et continuera à rencontrer des difficultés. Les perspectives sont négatives pour 2016 en raison d'une demande chinoise et mondiale modérée, de surcapacités notables et de faiblesse des prix liée au déséquilibre du marché. La restructuration de ce secteur devrait commencer en 2016, avec la fermeture d'entreprises sidérurgiques « zombies » en Chine et l'intensification des activités de F&A.

Téléchargez l'étude ci-dessous (PDF 20 pages en anglais).

[1]Selon l’expérience de Coface, près de 80 % des retards de paiement prolongés (180 jours ou plus) ne sont jamais honorés. Lorsque les arriérés prolongés représentent plus de 2 % du chiffre d'annuel total d'une entreprise, sa situation de trésorerie peut devenir un problème et affecter sa capacité à rembourser les fournisseurs concernés.

[2] Une faible croissance, pas de pression inflationniste, des politiques monétaires toujours plus expansionnistes et une volatilité accrue sur les marchés financiers. Pour tout renseignement supplémentaire, veuillez consulter le Baromètre de risque pays du 1er trimestre 2016.
http://www.coface.com/News-Publications/Publications/Country-Risk-Barometer-Q1-2016

A propos de Coface
Le Groupe Coface, un leader mondial de l'assurance-crédit, propose aux entreprises du monde entier des solutions pour les protéger contre le risque de défaillance financière de leurs clients, sur leur marché domestique et à l’export. En 2015, le Groupe, fort de 4 500 collaborateurs, a enregistré un chiffre d’affaires consolidé de 1,490 Md€. Présent directement ou indirectement dans 100 pays, il sécurise les transactions de plus de 40 000 entreprises dans plus de 200 pays. Chaque trimestre, Coface publie son évaluation du risque pays dans 160 pays, en s'appuyant sur sa connaissance unique du comportement de paiement des entreprises et sur l'expertise de ses 340 arbitres localisés au plus près des clients et de leurs débiteurs.
En France, le Groupe gère également les garanties publiques à l'exportation pour le compte de l'Etat.
coface.com

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Lundi 6 Juin 2016
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