Quotidien future finance
              



« Bulls » vs « bears »


Lettre du 6 mars 2020 par Eric Galiègue - VALQUANT.



Sur les marchés d’actions, la bataille entre les « bulls » (le taureau, la mascotte des acheteurs à Wall Street) et les « bears » (l’ours, la mascotte des vendeurs) est d’une rare intensité. Elle se traduit par une volatilité des cours assez exceptionnelle, que l’on ne connait que pendant les périodes de grand retournement. Comme dans toute bataille, l’un ou l’autre va craquer, battre en retraite ; la ligne de front avance ou recule selon les dernières nouvelles du Coronavirus, ce « cygne noir » qui frappe la sphère réelle. Malheureusement, certains signaux nous montrent que les « bears », les vendeurs, les baissiers, les pessimistes, pourraient finir par l’emporter.

1/ D’un point de vue technique, la séquence vécue depuis le 19 février n’est pas exceptionnelle, elle est unique. Jamais dans l’histoire pourtant très longue des indices américains, les indices sont passés de leur plus haut historique, à un niveau inférieur à la moyenne mobile un an, en quelques séances seulement et sans aucun retracement. Pour battre des records historiques, ce qui est le cas de Wall Street depuis l’automne dernier, il faut être dans un état psychologique proche de l’euphorie. Pour pratiquer un cours significativement en deca de sa moyenne mobile un an, il faut broyer du noir. La virulence de la baisse doit être interprétée comme un coup de semonce très puissant, une sorte de prise de conscience des investisseurs. Le rebond de 5% en une seule séance est à la mesure de la violence de la baisse, mais le message est clair : par cette correction très a typique, le marché intègre la réalité d’un arrêt probable de l’activité, aussi durable que l’épidémie de Coronavirus…

2/ Il n’a échappé à personne que la FED a baissé ses taux, par surprise, et de 0,5%, soit deux fois plus que les récentes baisses de 0,25%. Le jour même de l’annonce de la décision de la Banque Centrale des USA, le cours des actions a baissé. Cela montre que la potion magique des banques centrales ne fonctionne plus ; le principe de « bad news » is « good news » n’est plus opérationnel, car le problème est propre à la sphère réelle, et non à la sphère financière ; en 2008, il fallait recycler des produits toxiques et sauver les banques, aujourd’hui la seule réponse à la crise sanitaire est d’arrêter volontairement l’économie. Et contre cela, une baisse de taux ne peut évidemment rien

3/ Depuis la fin de l’année dernière, les autres actifs sont en mode récession ; seules les actions avaient résisté, soutenues par l’optimisme béat des investisseurs américains, jusque la mi-février. Les rendements des obligations d’Etat avaient baissé significativement, le cours du pétrole avait chuté de 10 $ le baril, le cours du cuivre avait lui aussi corrigé. Or, on sait depuis longtemps que ces actifs disent plus la vérité que le cours des actions, qui est très « pollué » par des facteurs de liquidité et de psychologie. Le marché le plus profond du monde, le plus liquide, des obligations du trésor américain, nous envoie un message très clair : à moins de 1%, son plus bas historique, il nous annonce la récession.
Face à un problème très concret dans la sphère réelle, il serait étonnant que la sphère financière ne perde pas ses nerfs. Le ralentissement économique était patent avant même la crise sanitaire. Elle est capable de catalyser une récession, au-delà de l’arrêt induit par les mesures sanitaires qui sont prises, rappelons-le, pour sauver des vies. La baisse des cours, même si elle a été très rapide, est pour l’instant d’ampleur limitée. Elle a juste gommé la dernière phase haussière, attribuée aux assouplissements monétaires de la FED (septembre) et de la BCE (Novembre). Les réactions très défavorables aux annonces de baisse d’activité (JC Decaux par exemple hier) montrent que le potentiel de baisse demeure malheureusement important. Nous n’avons pas touché le point bas.


Tendance sur les marchés de taux et de devises : les taux souverains ont baissé à nouveau, de 30 pb cette semaine aux USA. L’€ poursuit son fort rebond de 1% cette semaine.

Tendances récentes sur les matières premières : Le cours du pétrole a baissé encore cette semaine. Le cours du cuivre s’est stabilisé.

Investisseurs : Nous recommandons de sur pondérer les actions pour un CAC 40 compris entre 5 335 et 5 525.

Spéculateurs : Le Cac 40 n a pas interrompu son accélération baissière et risque de poursuivre sa baisse jusqu'à 4800 points.
Eric Galiègue
Eric Galiègue

Eric GALIEGUE
Analyste financier indépendant,

Président de VALQUANT EXPERTYSE SAS
Membre de l'ACIFTE, association agrée par l' AMF
Enregistré à l' ORIAS sous le N° 11059738

7 rue Greffulhe
75 008 PARIS
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Lundi 9 Mars 2020
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