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Bourse et financement des entreprises : compte rendu de l'enquête et de la table ronde

Une restitution de l'enquête sus-nommée était organisée lors de l 'événement « Financement des valeurs moyennes et évolution des marchés » organisé par le Centre des Professions Financières et la SFAF, bénéficiant de l'hospitalité du Groupe Oddo. Je ne vais pas me livrer à une paraphrase de ce qui a été dit et sera écrit, juste reprendre et assaisonner à ma façon (en style télégraphique) quelques idées glanées lors de cette présentation effectuée par Marie-Agnès Nicollet (Centre des Professions Financières) et Bruno Beauvois (SFAF).


Bourse et financement des entreprises : compte rendu de l'enquête et de la table ronde
Une remarque liminaire : avec un échantillon de 55 entreprises (1) réalisant entre 4 M€ et 1,6 Mia. € de CA, peut on tirer des conclusions, l'échantillon n'étant sans doute pas suffisamment homogène ? Mais admettons-le.

L'ordre de préférence des sources de financement mis en évidence par l'étude peut surprendre : par ordre décroissant, dette bancaire/ capitaux propres / dette obligataire / autres dont autofinancement. C'est bien évidement ce dernier que j'aurai eu tendance à privilégier entre tous dans une conjoncture où chacun sait que l'accès aux financements est compliqué.

Il me semble très surprenant que pour près de 80% des émetteurs, l'entrée en bourse ait répondu aux attentes des actionnaires, mais que seul 17% considèrent que la liquidité de la société ait été accrue (2). Où est le bug ?

Les entreprises ayant répondu n'envisagent pas de se retirer de la cote.

Les entreprises aimeraient qu'un peu plus de marketing soit effectué par la place. Les 3/4 souhaiteraient voir s'alléger les contraintes règlementaires, et la moitié les contraintes budgétaires liées à la cotation. Certaines semblent avoir du mal à comprendre le rôle des listing sponsors, jugés trop chers et peu utiles. C'est sans doute là que le bât blesse : en effet le listing sponsor emploie parfois le seul analyste qui couvre une valeur de taille limitée. C'est donc l'éternel problème de « Qui veut payer l'analyste ? ». Je suis ici obligé de dire que c'est peut-être vouloir le beurre et l'argent du beurre.

Quelques petites remarques tirées de la table ronde (quoique triangulaire) animée par Marie-Agnès Nicollet et où se sont exprimés Cyril Kammoun (Oddo), Pierre Lasserre (Alternativa), Marc Lefevre (Nyse Euronext), Vincent Remay (Viel & Cie.) et Jean-Emmanuel Vernay (Invest Securities) :

L'enjeu tel qu'il a été décrit et compris est bien de drainer l'épargne des français, dont le niveau est satisfaisant, vers le financement des ETI / PME et dont le financement risque de souffrir des répercussions de la crise de la dette souveraine et de l'obligatoire et règlementaire désaffection des institutionnels. Les incitations fiscales semblent hors de conjoncture.

Les assets managers, à force de fusionner entre eux et de s'obésifier (3), finissent par ne plus traiter qu'avec des brokers de tier one, qui ne traitent que des valeurs de tier one. Ne conviendrait-il pas de leur susurrer à l'oreille de regarder ailleurs ?

L'écosystème de place, lui aussi en cours de restructuration par le bais de fusions, serait trop compliqué et trop cher, surtout pour la distribution qui capterait le gros de la rémunération sans nécessairement faire correctement son travail. Une tentation que je qualifierai de protectionniste semble émerger des propos tenus. Mais c'est une quadrature du cercle que de rechercher des économies par une intégration d'acteurs et un déploiement plus local de ces acteurs, de fait plus coûteux.

Il a été fait mention d'une étude portant sur les entreprises non-cotées : certaines souhaiteraient augmenter leurs fonds propres et leur liquidité, mais disent non au private equity et non à la cotation, jugés trop chers et générant trop de contraintes. Là encore, une quadrature du cercle.

In cauda venenum. La première fois où j'ai été invité à ce genre d'évènement sur une problématique connexe, en 1994 si ma mémoire est bonne, j'avais l'impression d'être dans un cénacle où financiers de marchés et conseils articulaient un discours bien rodé entre eux. Soit. Mais aujourd'hui comme jadis, pas un PDG d'ETI qui prenne la parole, ne serait-ce que 3 minutes, pas un DAF de PME qui ne nous gratifie d'un synthétique retour sur expérience. Je continue à trouver que c'est dommage. Même s'ils ne sont pas du sérail, et moi avec eux, le sérail n'a pas de raison d'être sans eux et sans les entreprises qu'ils dirigent.

(1) sur 359 sollicitées cotées sur les compartiments B, C et Alternext
(2) à moins qu'il ne soit fait un distinguo trop subtil pour moi entre liquidité de la société et liquidité des titres
(3) un néologisme de plus !

Rémy Mahoudeaux
Managing Director, RemSyx

boss@remsyx.com
www.remsyx.com

Jeudi 2 Février 2012




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