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Analyse « SWOT » des actions pour 2020 (1 & 2)


Lettres du 27 décembre 2019 (1) et du 3 janvier 2020 (2) par Eric Galiègue - VALQUANT.



Analyse « SWOT » des actions pour 2020 : première partie :

L’analyse « swot » est habituellement menée sur les actions individuelles, mais nous proposons de l’appliquer aux marchés des actions en général. Elle consiste à présenter simultanément les éléments d’analyse internes et externes de l’entreprise : en interne, les forces et les faiblesses, en externe, les risques et les opportunités.

La principale force des actions, c’est le rendement que procure leur dividende. Il représente, même après la hausse, environ 3%, ce qui constitue naturellement une caractéristique clé pour les investisseurs en quête de rendement, relativement aux obligations, dont les taux d’intérêt sont devenus si bas. Le niveau très faible des taux obligataires éloigne normalement les investisseurs (sauf les banques centrales) et surtout induit une anticipation de perte en capital en cas de hausse des taux de marché. Le rendement
des actions a déjà connu des niveaux bien plus bas, de l’ordre de 1%, alors que les taux étaient bien plus élevés : cela montre que, toutes choses égales par ailleurs, les rendements peuvent encore baisser… La deuxième force du marché des actions, c’est qu’il transforme le risque en hausse de prix ; ce paradoxe considérable, que nous avons relevé à plusieurs reprises en 2019, reflète avant tout l’hyperliquidité et constitue la base de l’optimisme malsain de 2020. En effet, la posture nouvelle des banques centrales les incite à prendre des mesures non conventionnelles dès qu’un risque significatif se profile.
Ces mesures non conventionnelles ont fait des instituts d’émission des acteurs du marché, en maintenant les taux de marché à des niveaux très bas. Les actions des banques centrales américaines et européennes au dernier trimestre 2019 sont d’ailleurs très emblématiques de leur nouvelle attitude ; elles expliquent probablement directement la phase hausse des marchés d’actions au cours des trois derniers mois...

La principale faiblesse des actions, c’est qu’une partie importante de leur performance financière dépend de l’anticipation de croissance à long terme. Quand on achète des actions, on achète de la croissance à long terme… Or, de ce point de vue, les paramètres se sont plutôt dégradés depuis plusieurs
années. La réduction de la croissance à long terme reflète plusieurs facteurs cumulatifs. La croissance économique elle-même est affectée par des facteurs démographiques (ralentissement de la hausse de la population, vieillissement de la population…), des facteurs de productivité (les gains de productivité
sont plus faibles) et des facteurs financiers (hausse de l’endettement public et privé, dont la charge d’intérêt de remboursement réduit le pouvoir d’achat des consommateurs). La capacité de l’entreprise à transformer la croissance économique en croissance des profits est contrainte, en quelle sorte, par le niveau atteint par les marges. Les entreprises sont particulièrement profitables, aux USA bien sur mais aussi en Europe et au Japon, si on exclut les entreprises qui ont subi depuis quelques années une baisse importante de leurs profits pour des raisons spécifiques (baisse du prix des matières premières pour le secteur primaire et baisse des taux pour les banques). Il est ainsi déraisonnable de fonder une croissance
des bénéfices supplémentaire en raison d’une nouvelle hausse des marges, donc indépendamment de la croissance de l’activité.
Comme les marchés ont la fâcheuse tendance de ne voir que le court terme, ils ont pour l’instant « oublié » que les perspectives de moyen long terme se sont dégradées…

Investisseurs : Nous recommandons de pondérer normalement les actions (position neutre) pour un CAC 40 compris entre 5611 et 6043.
Spéculateurs : le Cac 40 s 'achemine vers une clôture record au-dessus de 6000 pour 2019

Analyse « SWOT » des actions pour 2020 : deuxième partie

L’analyse « swot » est habituellement menée sur les actions individuelles, mais nous proposons de l’appliquer aux marchés des actions en général. Elle consiste à présenter simultanément les éléments d’analyses internes et externes de l’entreprise : en interne, les forces et les faiblesses, en externe, les risques et les opportunités.

Le principal risque des actions, c’est le risque de marché. Le seul ennemi du marché des actions, c’est le marché des actions lui-même. Contrairement au marché des biens et services (sphère réelle), la hausse des prix n’induit pas de phénomène auto correcteur. Dans la sphère réelle, quand le prix d’un bien ou d’un service augmente, les entreprises augmentent leur offre, ce qui a pour effet de limiter la hausse des prix et de contribuer à la stabilité. Cela ne se passe pas comme cela dans la sphère financière. Au contraire, selon un adage bien connu, « la hausse appelle la hausse », elle s’auto entretient, sans autre limite que le gonflement d’une bulle qui finit par exploser. Ce risque est d’autant plus pervers qu’il est totalement imprévisible, puisque la hausse du prix s’est construite principalement sur l’abondance de liquidité, et non sur l’expansion de la valeur intrinsèque des entreprises. Alan Greenspan, qui a présidé la Fed de 1987 à 2006, a dénoncé « l’exubérance irrationnelle » des marchés en décembre 1996. Cela n’a pas empêché Wall Street de progresser d’une manière stupéfiante jusque l’année 2000, soit près de 4 années, avant de plonger pendant deux ans. Un mois, un an ou 4 ans, nul ne peut dire à quelle échéance la dynamique du marché va se briser. Cette date est totalement aléatoire, et se déterminera probablement sur des paramètres purement psychologiques. Ce risque général se combine avec le risque financier de différence d’exigibilité des passifs et de liquidité des actifs. Il a marqué la fin de l’année 2019, et pourrait réapparaitre très vite, mais c’est bien via cette fragilité des fonds que s’exprimera et s’amplifiera le risque général du marché. Le risque des marchés d’actions, c’est bien sur le risque de récession mondiale. Il semble actuellement s’éloigner, et de toutes manières, la récession économique sera précédée par un choc financier.

La principale opportunité associée aux actions, c’est qu’elles sont devenues incontournables. Comparaison n’est pas raison, et pourtant où peut-on investir en 2020 ? Tout le monde en convient, les actions sont moins surévaluées que les obligations ou l’immobilier. Objectivement, toute référence à la sphère réelle démontre que les prix pratiqués sur les obligations et l’immobilier sont très excessifs. La croissance nominale des pays développés, même ralentie, est très supérieure aux taux d’intérêt de marché. Le coût de l’accession à la propriété immobilière désolvabilise les primo accédants. Il apparait ainsi que les actions sont bien moins surévaluées que les obligations et l’immobilier. De plus, les entreprises organisent la rareté des actions en les rachetant massivement. Les annulations d’actions, que l’on peut assimiler à un second rendement, contribuent à la raréfaction des actions et donc, au moins à court terme, à la hausse de leur prix. Ce phénomène, qui comporte pourtant des effets pervers, ne devrait pas s’arrêter en 2020.

Au total, l’analyse « SWOT » des marchés milite pour une poursuite de la hausse du cours des actions, dont l’évaluation peut encore progresser au-delà des performances fondamentales de entreprises elle mêmes. Il faut admettre ce paradoxe et se réjouir d’un contexte qui demeure très haussier, même s’il comporte une part d’ombre...

Que cette nouvelle année 2020 vous apporte une bonne santé, un bonheur partagé avec vos proches, et une prospérité durable sur les marchés financiers.

Tendance sur les marchés de taux et de devises : les taux souverains poursuivent leur lente remontée. Le taux français de l’OAT 10 ans vaut 0,07% ; le 10 ans US se rapproche de 2%. L’€ a progressé de 1%, à 1,12$.

Tendances récentes sur les matières premières : Forte hausse ce matin des cours du brent à la suite du regain de tensions en Iran - Irak.

Investisseurs : Nous recommandons de pondérer normalement les actions (position neutre) pour un CAC 40 compris entre 5611 et 6043.

Spéculateurs : Le Cac 40 reste haussier au-dessus de 5940 points.
Eric Galiègue
Eric Galiègue

Eric GALIEGUE
Analyste financier indépendant,

Président de VALQUANT EXPERTYSE SAS
Membre de l'ACIFTE, association agrée par l' AMF
Enregistré à l' ORIAS sous le N° 11059738

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Lundi 6 Janvier 2020
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