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Affaires et Psychiatrie, sans se prendre au sérieux (2/5) - Vive le risque !


La mode est à l'aversion absolue au risque qui a bien mauvaise presse de nos jours : il est mal aimé, il fait peur, il vaut mieux se faire cocooner de toutes parts, c'est bien plus tendance. Quand nous travaillons, nous oublions trop souvent et trop facilement que le risque recouvre les deux versants d'une courbe de Gauss (ce chapeau féminin de l'entre-deux guerres) que sont l'opportunité et la menace, le profit et la perte, le jack-pot ou le sinistre.



Rémy Mahoudeaux
Rémy Mahoudeaux
Rappelons nous ce qu'est un investissement : l'échange d'une utilité marginale de substitution (oui, c'est un jargon de cuistre – mais c'est aussi un vieux souvenir de cours d'économie) contre la probabilité (l'espoir ?) de la perception ultérieure d'une plus grande utilité. L'entreprise tout entière est bâtie sur l'idée de mutualisation de cet investissement. Elle donc, par nature exposée à cette obligation de détruire et consommer dans ses cycles d'investissement / production / commercialisation des actifs, certes dans l'espoir de générer in fine une augmentation significative de l'actif cash et un corrélatif incrément de fonds propres.

Profitons-en pour mettre en lumière un paradoxe collatéral : les directions financières s'adoubent facilement comme les preux chevaliers protecteurs des actifs de l'entreprise, garants de leur pérennité. A l'exception des musées, je ne vois pas en quoi ce rôle pourrait être un louable objectif, puisque plus l'entreprise consommera d'actifs, plus sa probabilité de gain sera élevée. Au contraire, le travail d'une direction financière consiste bien plus à optimiser la consommation de ces actifs, mais nullement à les préserver.

Cette normalité de l'exposition de l'entreprise au risque est même existentielle et quotidienne, dans les grandes choses comme dans les plus insignifiantes : Risque de gains de contrats ou de parts de marché. Risque de profits financiers. Mais aussi risque de voir un concurrent plus malin nous prendre des parts de marché. Risque d'imaginer et de lancer un produit défaillant, inadapté, à contretemps. Risque de n'avoir que des produits obsolètes. Risque d'un partenaire défaillant. Risque d'être victime d'espionnage industriel. Risque d'avoir des clients qui ne paient pas, ou mal. Risque d'une modification règlementaire. Risque d'un conflit social. Risque d'une insuffisance de profitabilité / rentabilité. Risque d'être responsable d'une malveillance. Risque d'une discorde entre des investisseurs. Risque d'un divorce entre management et actionnaires. Risque d'une prospective erronée. Risque de change. Risque voire certitude de vous lasser avec cette liste qui pourtant n'est pas finie et pourrait être complétée des pages entières … mais s'il faut conclure cette litanie, c'est en affirmant qu'il serait contre-nature qu'une entreprise ne fût exposée au risque.

Et la paranoïa dans tout cela ? Si le paranoïaque invente des menaces, l'entreprise n'a pas vraiment besoin d'en inventer ... elle n'a qu'à piocher dans la liste précédente une fois celle-ci complétée ! Et bien c'est justement cela, la paranoïa en entreprise ... compléter la liste lassante des menaces en fonction des données propres à l'entreprise et à son milieu présent et futur, sans jamais se lasser d'en découvrir de nouvelles qui mettront en évidence des vulnérabilités, pour tenter d'y pallier. Et ceci sans perdre de vue que les opportunités de gains qui sont l'objectif même de l'entreprise.

Rémy Mahoudeaux
Managing Director, RemSyx

boss@remsyx.com
www.remsyx.com

Vendredi 8 Avril 2011
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