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Administrateurs Salariés et Distribution - Rencontres des Chaires FBF 1/4


J'ai pris une demi journée de congés studieux le 19 octobre où j'ai pu assister à l'évènement ; “Actionnaires de long terme : quelles conséquences et stratégies financières des entreprises” dans le cadre des “rencontres des chaires FBF”. Les présentations succinctes des synthèses de leurs travaux par 3 universitaires ont été suivies par une table ronde. Je reviendrais sur certains des thèmes abordés dans mes prochains billets..



Rémy Mahoudeaux
Rémy Mahoudeaux
La première présentation académique était celle de Timothée Waxin, de Paris-Dauphine. Les questions sur lesquelles ce doctorant est intervenu étaient :

1) L'actionnariat familial est-il une source de meilleures relations sociales dans l'entreprise ?
2) Quel est l'impact des administrateurs salariés sur la politique de distribution de l'entreprise ?

A cette première question il a été répondu que l'actionnariat familial est associé à de meilleures relations sociales. L'étude s'est basée sur l'impact des grèves au sein des entreprises étudiées, et d'autres part sur les données comme les licenciements de salariés protégés, les conflits portés aux prud'hommes, les sanctions infligées et la richesse quantitative du dialogue social. Il était en outre dit que cet avantage se diluait avec les générations les plus récentes. Ces résultats me semblent logiques : on ne compare pas la flexibilité d'une famille avec un normatif et anonyme 15% de return on equity.

La réponse à la seconde question est que les salariés ont une réelle capacité d'influence sur les conseils d'administration / conseils de surveillance auxquels ils siègent. Plus précisément, les représentants élus des salariés ont un impact négatif et significatif sur la politique de distribution, quand les représentants des salariés actionnaires ont un impact non-significatif. Il est en outre mis en évidence une corrélation entre performance de l'entreprise et présence d'un actionnariat salarié modéré.

Les résultats de cette seconde étude me semblent intuitivement évidents, mais je suis heureux qu'ils soient confirmés. Reposons sur la table les tâches d'un conseil d'administration :
1) choisir les dirigeants opérationnels, les mandater, les contrôler et les sanctionner (rémunération – exclusion) ;
2) prendre les décisions opérationnelles qui excèdent le mandat de la direction opérationnelle et n'entrent pas dans le champs de celles relevant de la compétence exclusive de l'assemblée générale ;
3) soumettre à l'assemblée générale les décisions ordinaires et extraordinaires relevant de sa compétence.

C'est une simplification abusive que d'imaginer qu'un curseur peut-être librement déplacé sur une échelle dont les deux bornes seraient l'investissement et la distribution. La réalité est plus complexe. In fine, l'investissement est une décision opérationnelle qui s'impose à l'entreprise du fait du marché, de sa position concurrentielle, des menaces perçues et subies, de ses ambitions de et surtout des réponses que les dirigeants opérationnels ou non ont trouvées face à ce contexte. La seule réponse acceptable est de parvenir à une intime conviction que tant le niveau que la nature des investissements envisagés sont adéquats et suffisants, compte tenu des moyens et opportunités de l'entreprise, pour parvenir à atteindre ses objectifs de pérennité, voire un peu plus ambitieux si le contexte le permet. Le dividende est bien une variable d'ajustement, positive quand les vaches sont grasses et nulle dans d'autres temps, et c'est très bien ainsi.

Alors pourquoi les entreprises ayant des représentants élus des salariés siégeant au conseil d'administration / conseil de surveillance distribuent-elles moins ? Parmi les pistes de réponses possibles, mon intuition me suggère d'évoquer une forme d'auto-censure des membres non-salariés de l'instance dirigeante qui, ne voulant pas apparaître comme des personnes mettant à risque le futur de l'entreprise, cèdent à un consensus où l'investissement serait la panacée qui préserve le futur de tous (capital et travail), et où une (illusoire ?) logique de linéarité prévaut pour ce qui est des effets des montants investis. Je pense que c'est un dysfonctionnement, dans la mesure où la prise de décision d'investissement doit d'abord être envisagée sous ses aspects qualitatifs., avant d'user du filtre quantitatif.

Pour ce qui concerne l'administrateur représentant les salariés actionnaires, il est tout simplement placé dans un conflit d'intérêt car il participe tant au « capital » qu'au « travail », ce qui fait qu'il est neutralisé et n'a pas d'impact sur les décisions de distribution.


Rémy Mahoudeaux
Managing Director, RemSyx

boss@remsyx.com
www.remsyx.com

Vendredi 28 Octobre 2011
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