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Dimanche 2 Mai 2021

APPLE et GAFAM superstar


Lettre du 30 avril 2021 rédigée par Eric Galiègue - VALQUANT.



Eric Galiègue
Eric Galiègue
Pour produire la croissance du bénéfice par action, et donc pour maximiser leurs cours de Bourse, les entreprises disposent essentiellement de trois leviers : augmenter le chiffre d‘affaires, accroitre la marge nette, ou racheter leurs propres actions pour les annuler.

La hausse du chiffre d’affaires, c’est la conquête de nouveaux clients, le développement de la base installée. C’est la compétitivité de l’offre même de l’entreprise qui contribuent à la hausse des ventes et de son fonds de commerce. C’est le cœur même de l’entreprise, ses richesses profondes qui lui permettent de convaincre de nouveaux clients et de leur vendre des produits ou services. C’est la fonction commerciale qui est à l’œuvre pour transformer en ventes et en monnaie sonnante et trébuchante.

La hausse de la marge est générée par l’efficacité de l’entreprise et de ses gestionnaires. Pour l’obtenir, l’entreprise doit optimiser son système d’information et de gestion, et mettre en œuvre des mesures de réduction de cout ou des arbitrages au sein de son portefeuille de produits.
Le rachat d’actions par l’entreprise constitue le dernier levier qui lui permet d’augmenter son bénéfice par action, de la manière la plus simple qui soit, tout simplement en organisant la rareté de l’action. La destruction d’action permet ainsi de réduire le dénominateur plus que numérateur, ce qui a pour effet d’augmenter le bénéfice par action. Cette fois ci, c’est le financier qui est à l’œuvre. Ainsi, les trois manières d’augmenter le bénéfice par action et son le cours reviennent au vendeur, au gestionnaire et au financier : les trois fonctions essentielles de l’entreprise sont à la manœuvre. Habituellement, c’est en début de vie que l’entreprise conquiert ses clients et son fonds de commerce.
En début de vie de l’entreprise, l’essentiel est de gagner des clients et des parts de marché : la hausse des ventes se fait habituellement sans soucis de la rentabilité des affaires. On sacrifie la marge à l’accroissement des ventes. La fonction commerciale prime les autres fonctions de l’entreprise. La Bourse a bien compris l’importance de cette première étape de la vie des entreprises, en valorisant fortement des entreprises en perte, mais en fort gain de chiffres d’affaires. L’exemple emblématique en la matière est AMAZON.
Dans une seconde étape de la vie de l’entreprise, c’est le gestionnaire qui cette fois ci intervient, lorsque la base de clientèle installée est jugée suffisante. L’effort est porté sur les gains d’efficacité interne qui permettent et pérennisent la baisse des couts et donc la hausse des marges. Toute entreprise bien gérée est en recherche permanente d’une meilleure efficacité, qui se transforme en marge nette.
Enfin, les rachats d’actions pour annulation ne sont habituellement possibles que lorsque l’entreprise a atteint une certaine taille économique et dispose d’une assise financière suffisante. Cela lui permet si les conditions financières lui permettent, de créer un phénomène de relution, d’augmentation du bénéfice par action via une baisse du nombre d’actions plus importante que la baisse du bénéfice induite par la destruction des fonds propres.
Pour résumer, on pourrait dire que la vie de l’entreprise se déroule en trois phases : la conquête de clients et de chiffre d’affaires (c’est la jeunesse), la montée en puissance de la marge nette, (c’est l’âge adulte), et les rachats d’actions, (c’est la maturité).
Ces trois moteurs de la hausse du bénéfice par action se combinent rarement, car on ne peut être à la fois jeune, adulte, et mature. Pourtant, des entreprises arrivent à associer ces trois moteurs : les GAFAM. La publication de leurs performances financières des trois derniers mois est à ce titre stupéfiante. Au cours du premier trimestre 2020, les ventes cumulées des GAFAM ont progressé de 18% (à 277,2Mds$), la marge nette moyenne a atteint 27,3% contre 20,8%, et les rachats d’actions des GAFAM depuis un an ont dépassé 170 Mds$. Ces rachats d’actions expliquent une croissance du BPA sensiblement plus importante que la croissance du bénéfice lui-même. Il est ainsi possible de décomposer la croissance de 22,2% du BPA d’Apple en effet croissance des ventes (+10%), effet croissance des marges (+7%) et effet rachats d’actions (+5%). Rappelons-le, ces performances ne sont pas celles d’une start-up du Nasdaq, mais de la plus grande société au monde, par la taille de sa capitalisation boursière (2 240 Mds$, soit 20% de plus que la totalité de la capitalisation des actions qui composent le CAC40, 1 763 Mds$) …

Investisseurs : 6000 points est actuellement le niveau au-delà duquel nous recommandons de sous pondérer les actions au maximum. Une poursuite de la hausse est néanmoins possible à court terme.

Tendance sur les marchés de taux et de devises : Les taux des obligations ont remonté en Europe cette semaine, comme aux USA, mais dans une moindre mesure.

Tendances récentes sur les matières premières : Le cours du pétrole Brent et des matières premières industrielles sont soutenus. Le cours du cuivre est au plus haut historique.

Eric GALIEGUE
Analyste financier indépendant,

Président de VALQUANT EXPERTYSE SAS
Membre de l'AFITE
Enregistré à l' ORIAS sous le N° 11059738

7 rue Greffulhe
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