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2016, une année détonante…


Brexit, Trump élu président des Etats-Unis, démission de Renzi à la suite du refus des Italiens de moderniser leurs structures politiques, Dilma Rousseff destituée au Brésil, Hollande abandonné par son propre camp et Fillon plébiscité (du moins par la droite française). A l'évidence, l'année 2016 a été particulièrement détonante pour les démocraties occidentales.



Marc Touati
Marc Touati
Autant d'évènements majeurs qui ont pourtant un point commun : la défaite de la pensée unique et de l'establishment. En effet, que ce soit aux Etats-Unis avec la victoire d'un candidat qui n'avait initialement qu'1 % de chance de gagner les primaires des Républicains, au Royaume-Uni, avec le vote en faveur du Brexit qui était donné perdant par tous les sondages jusqu'à la veille du référendum, ou encore en France avec le succès de François Fillon à la primaire de la droite, qui selon les « experts » politiques n'avait aucune chance d'atteindre le second tour, l'intelligentsia et le consensus bien-pensants ont eu tort. Tort de mentir et de considérer que les populations des pays occidentaux n'auraient pas le courage d'emprunter la voie de la thérapie de choc.

Mais il y a encore plus fort. Ainsi, alors que le choix des Britanniques en faveur du Brexit et la victoire de Trump outre-Atlantique étaient annoncés comme dévastateurs voire cataclysmiques pour les marchés financiers et la croissance mondiale, aucune de ces funestes prévisions n'a été réalisée.

Bien au contraire. Certes, au lendemain du référendum britannique, la surprise était tellement énorme que les indices boursiers internationaux se sont effondrés : - 10,8 % pour le Cac 40 en deux jours, - 5,6 % pour le Footsie et - 4,8 % pour le Dow Jones. Néanmoins, deux jours plus tard, le stress était oublié et les grands indices « actions » retrouvaient leur niveau d'avant Brexit. Encore mieux, après un trou d'air de quelques semaines, la croissance britannique a très vite repris des couleurs, profitant même de la dépréciation de la livre sterling pour atteindre 2,2 % au troisième trimestre, contre par exemple 1,6 % dans la zone euro et 1,1 % en France.

Que dire alors du taux de chômage britannique qui a continué de reculer pour atteindre 4,8 % au sens du BIT en octobre, contre 9,8 % dans la zone euro et 9,7 % en France. Autrement dit, non seulement le Royaume-Uni n'a pour l'instant pas souffert de la décision du Brexit, mais il en est même sorti grandi. Bien entendu, le virage sera compliqué à négocier en 2017, mais jusqu'à présent les prévisions d'effondrement restent vaines.

Un phénomène équivalent s'est produit aux Etats-Unis au lendemain de la victoire de Donald Trump. A une exception près : la baisse des indices boursiers n'a duré que quelques heures, le temps pour le nouveau Président américain de faire son discours et de rassurer les marchés et la planète économico-financière. Ainsi, en dépit des craintes protectionnistes, de la remontée du taux objectif des federal funds le 14 décembre et des risques géopolitiques et d'attentats à travers le monde, le Dow Jones a continué de battre des records historiques. Parallèlement, les indicateurs de climat des affaires, d'activité des directeurs d'achat et de confiance des ménages ont progressé fortement, indiquant que les entreprises et les citoyens américains ont confiance dans leur nouveau président.

Dans le sillage de ce regain de confiance, le dollar a continué de s'apprécier, permettant à l'euro de tomber à 1,04 dollar et de redorer quelque peu le blason de la croissance eurolandaise qui en a bien besoin.

Mais, au milieu de ce contexte plutôt favorable, il y a un hic : la remontée des taux d'intérêt des obligations d'Etat. Aux Etats-Unis, le taux du Bond à dix ans est ainsi passé de 1,3 % fin juin à 2,5 % en décembre. Certes, pour le moment, la remontée des taux longs eurolandais est restée limitée (mi-décembre, le taux à dix ans a ainsi atteint 0,4 % en Allemagne et 0,9 % en France pour reperdre 0,2 point depuis) . Et ce, exclusivement grâce à la planche à billets de la BCE.

C'est notamment grâce à elle que la démission de Matteo Renzi en Italie n'a pas eu d'effet négatif sur le marché obligataire eurolandais. Avec néanmoins une question : jusqu'à quand ? Car, tôt ou tard, la remontée des taux obligataires américains produira ses effets sur ses homologues de la zone euro, en particulier dans les pays les plus fragiles tels que l'Italie, le Portugal, l'Espagne, mais aussi la France, dont la dette publique a atteint un nouveau record historique en 2016.

Il faut donc rapidement se réveiller et prendre conscience que tous les évènements détonants de 2016 marquent un tournant historique. C'est d'ailleurs dans ce contexte, et pour terminer cette humeur par une touche plus personnelle, que 2016 restera aussi l'année au cours de laquelle j'ai publié mon sixième livre « La fin d'un monde ».

Comme ses prédécesseurs, ce dernier s'est très vite hissé en tête des ventes des essais économiques (merci d'ailleurs une nouvelle fois pour votre fidélité). Et ce, malgré une « omerta » de certains médias qui, après le « blacklistage », en vain, de « Guérir la France La thérapie de choc », ont décidé de rester dans le déni de réalité, préférant le « politiquement correct », tout en refusant d'admettre que le monde a profondément et définitivement changé.

Comme dit le proverbe chinois : « Lorsque souffle le vent du changement, certains construisent des murs, d'autres des moulins. ». Alors, comme le défend ce livre, employons-nous à faire les bons choix, à devenir des bâtisseurs qui ont compris que la fin d'un monde est avant tout le début de toutes les opportunités.

En attendant, toute l'équipe d'ACDEFI se joint à moi pour vous souhaiter d'excellentes fêtes de fin d'année et une formidable année 2017.

Marc Touati
Economiste.
Président du cabinet ACDEFI (premier cabinet de conseil économique et financier indépendant).

www.acdefi.com


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Mardi 3 Janvier 2017
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