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2012 verra un nouveau départ pour l'information extra-financière des entreprises


Plusieurs événements ont marqué le paysage de l’information extra-financière ces dernières semaines :



Patrick d’Humières
Patrick d’Humières
- L’adoption du cadre réglementaire Grenelle 2 Français, qui organise le reporting obligatoire à compter des exercices fiscaux 2012 pour les sociétés de plus de 5000 salariés, avec une base d’indications sociales, environnementales et sociétales élargies pour les sociétés cotées.Ces informations devront être portées à la connaissance du Conseil et de l’Assemblée Générale. Ce seront des informations opposables, qui vont nécessiter une vigilance accrue*.

- L'annonce d’une initiative législative de la Commission Européenne pour accroître la transparence des sociétés concernant leur impact RSE, devant être proposée en 2012. L’Europe fait ainsi converger des démarches en cours dans nombre de pays de l’Union.

- La multiplication d’initiatives de place, en Asie notamment, pour inciter les sociétés des pays émergents à fournir ces données dites ESG aux investisseurs ; le lien entre ESG et maîtrise des risques ne fait plus de doute dans les zones à faible gouvernance.

- L’engagement des travaux internationaux sur le reporting intégré qui cherche à simplifier et homogénéiser les données utiles et complémentaires, financières et extra financières. Près d’une cinquantaine de firmes leaders se sont engagées dans cette expérimentation.

Une page se tourne sur ces questions : le consensus est acquis sur le fait que la dimension sociétale de l’entreprise participe de sa performance et de sa capacité de développement dans un monde où les mutations énergétiques, les exigences environnementales et la capacité de collaboration avec ses eco-systèmes créent des avantages concurrentiels visibles. Une nouvelle page s’ouvre qui va occuper le management des entreprises, sous la surveillance des Conseils et des investisseurs, en vue de compléter le tableau de bord de pilotage de l’entreprise. Le fameux rapport DD, imagé et sympathique est « derrière nous ». Il doit faire place au document de résultat, explicitant une politique et argumentant la stratégie de « progrès durable » de l’entreprise.

Le défi devient celui de la construction des outils, à travers trois étapes nouvelles pour les directions concernées.
- Structurer « le business case » ou comment analyser la relation économique positive entre le développement durable et le modèle de l’entreprise à moyen terme
- Sélectionner les indicateurs pertinents correspondant aux référentiels choisis et aux enjeux suivis, qui démontrent la création de valeur dans un sens plus durable,
- Présenter de façon utilisable par chacune des parties prenantes les orientations et résultats, dans la logique de performance retenue (réduction des risques et augmentation des opportunités)

Ce nouveau paysage réglementaire et cette approche consistente nouvelle de l’enjeu extra-financier, véritable tableau de bord de la capacité de l’entreprise à tirer parti du changement de paradygme actuel, va nécessiter une collaboration accrue entre les directions DD, financières, RH, stratégie, achats… pour donner une pertinence d’ensemble aux actions engagées. Plus que jamais, la règle « dont’ tell me, prove me » deviendra la règle. Une décantation va se produire rapidement entre les entreprises qui maîtriseront ce sujet et sauront le communiquer positivement et celles qui courront derrière une conformité de base, ne cherchant qu’à éviter les contentieux possibles, lesquels découleront mécaniquement de l’opposabilité de ces données et de l’intérêt qu’elles suscitent. Pour les entreprises qui traversent aujourd’hui des turbulences dans l’appréciation de leurs fondamentaux, c’est une chance de démontrer à la fois qu’elles ont des projets et des fonctionnements qui stabilisent leurs positions et qu’elles ont une volonté de collaboration avec leur environnement qui les place en situation compétitive favorable, au moment où les besoins et les ressources s’inscrivent dans de nouveaux repères. L’extra-financier consacré en France par la loi Grenelle 2 revue en 2011, est beaucoup plus qu’un cadre stimulant ; c’est une chance pour les dirigeants et les administrateurs des entreprises de s’assurer que le cap se prend vers les directions des années 2015 et au-delà, qui verront l’offre économique muter radicalement, au travers de modèles avec moins de gaspillage, plus d’équité, des nouveaux services et des relations sociétales coopératives, nécessaires pour retourner en développement les tendances lourdes qui gouvernent la géo-economie contemporaine.

Dès promulgation de la loi Warsmann envisagée au printemps 2012, le gouvernement indique qu’il publiera le décret d’application précisant les indications à remplir et les seuils (document en circulation remplaçant l’actuel décret de 2002 qui reste en application). L’arrêté sur les modalités de vérification est attendue dans l’année. En tout état de cause, les termes de la loi sont suffisamment explicites aujourd’hui pour fonder la publication de ces données et leur nécessaire vérification par un tiers indépendant.

Patrick d’Humières
www.institutrse.com

Vendredi 13 Janvier 2012
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