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0,096%


Lettre du 1er mars 2019 par Eric Galiègue - VALQUANT.



0,096%, c’est le taux porté par les obligations allemandes à 10 ans au plus bas de cette semaine. On avait coté 0,081% le 8 février, alors qu’il y a un an, ce taux valait un peu moins de 0,7%. Nous voilà donc revenu dans le monde des taux zéro. En fait, on n’a jamais quitté ce monde des taux nuls, voire négatifs pour beaucoup de taux portés par des obligations plus courtes, ou dans d’autres pays.
Est-ce une bonne nouvelle ? Nous ne le pensons pas. Évidemment, dans un premier temps, tout le monde se satisfait de taux très bas, car tout le monde est surendetté. Les États, bien sûr, l’Italie en tête, mais bien sûr, la France et naturellement les USA. Les ménages, qui réussissent ainsi à financer l’acquisition de logements très chers à des taux toujours aussi bas. Les entreprises, qui peuvent ainsi financer au mieux leurs besoins d’exploitation et d’investissement, et surtout leur croissance externe, à des prix de plus en plus chers, comme le montre l’indicateur ARGOS EPSILON Research.

Des taux très bas, nuls ou négatifs sont-ils si favorables ?

Les États se satisfont d’une charge d’intérêt plus faible, qui dépasse leurs espérances les plus folles. La France, par exemple, a économisé 10Mds€ de dépenses d’intérêt grâce à des niveaux de taux inférieurs aux anticipations gouvernementales. Cela correspond à l’injection de pouvoir d’achat consécutive au mouvement des gilets jaunes. Mais il faut admettre que l’opportunité historique de taux très bas n’a pas incité l’Etat français à réduire son endettement et son déficit, au contraire. Alors que le haut de cycle économique a été dépassé, le déficit national demeure très important, et surtout il va largement dépasser 3% cette année.

Les ménages peuvent consommer à crédit pour un coût plus faible, mais cela reste toujours une dépense immédiate décidée au détriment de dépenses futures. Surtout, la folle envolée des prix de l’immobilier, dont le « contenu taux » n’a jamais été aussi important, augmente le coût du logement, première dépense des ménages. Car la flambée des prix de l’immobilier, présentée comme un évènement heureux, pèse sur le pouvoir d’achat de l’immense majorité des ménages, pour qui l’immobilier est avant tout le toit qu’on a sur la tête, et non un actif dont l’appréciation contribue au pouvoir d’achat.

Les entreprises peuvent se réjouir de payer moins d’intérêt à leur banque, mais il est bien connu que les besoins en fonds de roulement sont globalement faibles, et ont eu tendance à diminuer pour les entreprises les plus performantes, celles qui sont cotées en Bourse. En revanche, le coût de la croissance externe, qui constitue dans de nombreux modèles d’affaires l’élément essentiel de la croissance, est devenu très élevé. A nouveau, le problème de la dette ce n’est pas le paiement de l’intérêt mais le remboursement du capital. Acheter des entreprises à des prix très élevés, soit très surévalués, peut finalement détruire de la valeur. L’entreprise, sous pression de la nécessité du remboursement du crédit contracté pour acheter, doit privilégier le court terme contre le long terme, exercer une pression trop importante sur ses équipes, maltraiter ses fournisseurs, reporter les investissements. Au total, c’est l’outil de production et le fonds de commerce qui en souffrent. Parfois jusqu’à la crise, comme on l’a vu avec Kraft Heinz.

Au total, des taux nuls voire négatifs n’ont pas incité les États à réduire leur déficit, contribuent à augmenter le coût réel du logement pour les ménages et incitent les entreprises à mener des opérations de croissance externe à des prix surévalués. Tous ces éléments sont défavorables à la croissance à long terme. Le monde des taux nuls, c’est l’éloge du temps court au détriment du temps long.

Spéculateurs : le Cac 40 franchit une résistance de plus, il se dirige vers 5546, mais il faudra bien une correction sur le chemin…

Tendance sur les marchés de taux et de devises : les taux souverains ont remonté quelque peu cette semaine, des deux côtés de l’Atlantique.

Tendances récentes sur les matières premières : le cours du pétrole s’est stabilisé.

Investisseurs : nous recommandons aux investisseurs à risque moyen ou faible de sous pondérer les actions pour un CAC 40 compris entre 5 042 et 5 244 points.
Eric Galiègue
Eric Galiègue

Eric GALIEGUE
Analyste financier indépendant,

Président de VALQUANT EXPERTYSE SAS
Membre de l'ACIFTE, association agrée par l' AMF
Enregistré à l' ORIAS sous le N° 11059738

7 rue Greffulhe
75 008 PARIS
01 42 93 23 68
06 82 84 78 61
eric.galiegue@valquant.fr


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Monday, March 4th 2019
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