Quotidien Fintech, Blocktech, DeFi, Néo-banque d'affaires
              


Lundi 30 Novembre 2020

Vers une remontée inévitable des taux d'intérêt obligataires...


Par Marc Touati, expert des marchés financiers s'exprimant au nom de Spectrum Markets



C’est le principal problème des drogues dures : plus on en prend, plus on en veut et plus on oublie que les effets qu’elles produisent sont anormaux et surtout dangereux, voire dévastateurs. Ainsi, depuis 2015 et le début de la « planche à billets » de la Banque Centrale Européenne, les marchés financiers, et notamment obligataires, sont tombés dans une accoutumance de plus en plus risquée qui a conduit à une chute continue des taux d’intérêt. Une tendance qui devrait néanmoins s’inverser : l’endettement insoutenable des États à l’aune de la crise sanitaire, milite en faveur d’une remontée mécanique des taux !

En effet, grâce aux liquidités, puis à la morphine distribuées à profusion par la BCE, les taux d’intérêt des obligations d’État n’ont cessé de baisser, y compris dans des pays où la dette publique continuait d’augmenter, comme par exemple en Grèce, en Italie et en France. Au plus fort de cette folie collective, les taux d’intérêt des obligations à 10 ans des États de ces trois pays sont même tombés à respectivement 0,9 %, 0,8 % et - 0,4 % Et ce avec des ratios dette publique / PIB de 180 %, 140 % et 100 %.

En dépit de toute rationalité économique, les investisseurs ont donc consacré une nouvelle crise des « subprimes ». Mais, en pire ! Car avec les dettes « subprimes » titrisées, les risques étaient élevés mais les rendements aussi. Depuis 2015, avec les dettes publiques, les risques sont forts, mais les rendements faibles. Autrement dit, nous n'avons ni le beurre, ni l'argent du beurre et en plus il faut payer. Encore plus grave, lorsque les taux longs remonteront, les moins-values obligataires grèveront les résultats des banques, compagnies d'assurance et autres caisses de retraite, qui auront alors bien du mal à assainir leurs comptes.

Face à cette anomalie évidente, il faut craindre une bulle exubérante et pernicieuse, dans la mesure où plus les taux d’intérêt baissaient, plus les États étaient incités à augmenter leur dette ou, au mieux, à ne pas la réduire. A l’inverse, le consensus bien-pensant a continué de soutenir que grâce à l’action de la BCE, rien ne pouvait arriver aux taux d’intérêt obligataires, qui resteraient ainsi éternellement bas.

Des niveaux d’endettement public insoutenables

Dans ce cadre, la pandémie de Coronavirus pourrait bien constituer la bouteille d’eau qui fera déborder le vase. En effet, devant l’ampleur historique de la dépression économique mondiale qu’elle suscite, les États ont continué ou recommencé à augmenter massivement leurs dépenses et par là même leur dette. Déjà stratosphérique, cette dernière est donc en train d’atteindre des niveaux insoutenables, en particulier dans les trois pays évoqués plus haut. D’ici 2021, la dette publique devrait donc avoisiner les 125 % du PIB en France, les 170 % en Italie et dépasser les 205 % en Grèce.

Face à cette triste perspective, les investisseurs ont d’abord commencé à comprendre leurs erreurs passées, si bien que les taux d’intérêt des obligations d’État sont repartis progressivement à la hausse au cours du printemps dernier. Ainsi, en dépit de la débauche de moyens déployés par la BCE et au plus fort de la prise de conscience des marchés (en l’occurrence vers le 18 mars 2020), ceux-ci ont augmenté à 3,8 % en Grèce, 2,4 % en Italie et 0,4 % en France. Pour autant, par la suite, l’augmentation massive de la « planche à billets » de la BCE a suscité une nouvelle baisse de ces taux d’intérêt. Mais ne rêvons pas : tôt ou tard, la réalité reprendra le dessus. Au regard de l’accélération de l’endettement des États dans le contexte sanitaire, la hausse des taux d’intérêt des obligations d’État est fondamentalement inévitable.

A propos de Spectrum Markets :
Spectrum Markets est la marque commerciale de Spectrum MTF Operator GmbH. Basée à Francfort en Allemagne, elle est une plateforme de négociation paneuropéenne pour les dérivés, destinée aux institutions financières et à leurs clients particuliers. Régulée par la BaFin et conforme à MiFID II, la bourse utilise un système unique d’architecture ouverte afin de permettre aux investisseurs de négocier 24h/24 avec un choix, un contrôle et une stabilité accrus. Grâce à son ISIN paneuropéen, sa technologie de pointe, et au fait d’être propriétaire de sa propre plateforme, Spectrum garantit la liquidité sur une large gamme de produits et est également en mesure d’opérer rapidement et en toute sécurité un nombre important de transactions chaque seconde.
www.spectrum-markets.com


No Offer, Solicitation, Investment Advice, or Recommendations

This website is for informational purposes only and does not constitute an offer to sell, a solicitation to buy, or a recommendation for any security, nor does it constitute an offer to provide investment advisory or other services by FINYEAR.
No reference to any specific security constitutes a recommendation to buy, sell or hold that security or any other security.
Nothing on this website shall be considered a solicitation or offer to buy or sell any security, future, option or other financial instrument or to offer or provide any investment advice or service to any person in any jurisdiction.
Nothing contained on the website constitutes investment advice or offers any opinion with respect to the suitability of any security, and the views expressed on this website should not be taken as advice to buy, sell or hold any security. In preparing the information contained in this website, we have not taken into account the investment needs, objectives and financial circumstances of any particular investor.
This information has no regard to the specific investment objectives, financial situation and particular needs of any specific recipient of this information and investments discussed may not be suitable for all investors.
Any views expressed on this website by us were prepared based upon the information available to us at the time such views were written. Changed or additional information could cause such views to change.
All information is subject to possible correction. Information may quickly become unreliable for various reasons, including changes in market conditions or economic circumstances.



Notez


Nouveau commentaire :
Twitter

Your email address will not be published. Required fields are marked *
Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Finyear: latest news, derniers articles