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Vendée Globe - Cœurs vaillants


Alors que les premiers bénéficient encore d'un flux de secteur Ouest d'une vingtaine de nœuds mollissants, les poursuivants sont déjà sérieusement ralentis par une dorsale anticyclonique tandis que les " retardataires " attendent l'arrivée d'une nouvelle dépression pour mardi soir… Les écarts vont encore s'accroître !



Vendée Globe - Cœurs vaillants
Classement du lundi 8 décembre à 16h00 :
1- Jean Pierre Dick (Paprec-Virbac 2) à 16576 milles de l’arrivée
2- Roland Jourdain (Veolia Environnement) à 35 milles du leader
3- Loïck Peyron (Gitana Eighty) à 52,9 milles
4- Sébastien Josse (BT) à 57,3 milles
5- Mike Golding (Ecover 3) à 73,9 milles

séléction internationale :
12- Dominique Wavre (Temenos II) à 404,1 milles
13- Brian Thompson (Bahrain Team Pindar) à 637,6 milles
14- Samantha Davies (Roxy) à 678,4 milles
15- Bernard Stamm (Cheminées Poujoulat) à 717,4 milles
16- Dee Caffari (Aviva) à 825,7 milles

Pas le temps de se reposer sur ses lauriers, au contraire ! C'est lors de ces phases de transition entre le passage des perturbations de l'Océan Indien que les leaders peuvent faire le break en profitant encore d'un flux soutenu d'Ouest pendant que les chasseurs doivent prendre leur mal en patience dans un régime anticyclonique nettement plus mou. Et en ce lundi après-midi, les vitesses sur l'eau indiquent bien que le différentiel est conséquent (près de 30% !) entre la tête de flotte à plus de quinze nœuds et le " ventre mou " du peloton à une dizaine de nœuds… Et la situation est pire pour les trois derniers, Norbert Sedlacek (Nauticsport-Kapsch), Raphaël Dinelli (Fondation Océan Vital) et Derek Hatfield (Algimouss-Spirit of Canada), à sept ou huit nœuds !

Cent fois sur le métier…

Cette " pause météorologique " est paradoxalement un moment capital pour les solitaires selon leur position sur l'eau : il est toujours plus aisé de prendre un ris que de le renvoyer, de rouler le gennaker que de hisser le spinnaker ! Or c'est bien cette réactivité qui fait toute la différence : garder du jus quand on a passé un week-end à se faire rincer en permanence à plus de dix-huit nœuds de moyenne, mais sous voilure réduite, pour passer à une configuration plus pointue sous grand voile haute et plus de 450 m2 de spinnaker, n'est pas facile… Surtout quand il reste encore des grains et de mauvais cumulonimbus qui traînent encore à l'horizon. C'est le moment pour les leaders de s'échapper pour ne plus être dans le même système météo que leurs poursuivants.

Savoir aussi trouver sa voie en approche de l'archipel des Kerguelen, réputé pour provoquer bien des chaos sur une mer déjà bien ondulée : l'air de rien, ces îles australes prennent de la place sur l'échiquier et vont au fil des deux jours à venir, limiter les possibilités tactiques. Jean-Pierre Dick (Paprec-Virbac 2) et Roland Jourdain (Veolia Environnement) emmènent un pack au Sud du 48° Sud mais doivent faire plus attention à la présence de glaces dérivantes sur le 53° Sud, avant l'île Heard. Sébastien Josse (BT), pourchassé par Yann Eliès (Generali), préfère ne pas se poser cette question et reste calé sur le 46° Sud, soit à plus de cent milles sur la même longitude. Dans l'immédiat, cela ne porte pas à conséquence puisque tout le groupe de tête naviguent dans des brises similaires, mais cela pourrait bien changer la donne quand les hautes pressions vont progressivement s'installer dès la nuit prochaine...

Les gains d'Espérance

Le passage à la longitude du cap de Bonne Espérance, ce week-end et ce lundi, établit une nouvelle hiérarchie et surtout donne une idée plus précise des écarts en temps entre la tête de la flotte et les chasseurs. Surtout, il en ressort que Bernard Stamm (Cheminées Poujoulat) a été le plus rapide avec 12j 04h 50' pour rallier la pointe africaine après l'équateur, soit beaucoup mieux que Vincent Riou en 2004 (13j 14h 05'). Et seul Michel Desjoyeaux (Foncia) descend aussi sous ce temps de référence avec 13j 08h 53' ! L'anticyclone de Sainte-Hélène a fait des dégâts…

Autre information donnée par ce passage à la longitude du cap de Bonne Espérance : Bernard Stamm est le solitaire qui a gagné le plus de temps depuis son passage de l'équateur (2j05h40'), alors que Michel Desjoyeaux grappille 1j01h47', Marc Guillemot (Safran) 8h31' et Jean Le Cam (VM Matériaux) 4h57'. Quant aux pertes, ce sont les Britanniques Samantha Davies (Roxy) et Brian Thompson (Bahrain Team Pindar) qui ont été le plus pénalisés par ce contournement anticyclonique de l'Atlantique Sud : la jeune navigatrice cumule un débours de 16h57' alors que l'Anglais encaisse 14h30' ! Prochain " pointage " déterminant : la longitude du cap Leeuwin que le vainqueur de l'édition 2004 avait franchi après 36 jours 11 heures 48 minutes…

Voix du large…

Jean Pierre Dick (Paprec-Virbac 2) 1er : « Mon option Sud s'est révélée payante. J'ai pu faire route directe quand tout le monde a dû empanner. Il ne faut pas oublier que l'Océan Indien est sauvage. Ici, on est toléré mais pas vraiment souhaité »

Loic Peyron (Gitana Eighty) 3ème à 52,9 milles du leader : « On est bien au frais. Ça roule pas mal, une petite transition intéressante dans la journée, qui permet de se reposer. Petit à petit, je trouve mon rythme. Avec Gitana Eighty, j'avais rarement fait du portant dans la brise. Peu à peu j'apprends »

Sebastien Josse (BT) 4ème à 57,3 milles : « La nuit m'a bien secoué les puces. La mer a été impressionnante avec 30-35 nœuds de vent moyen. C'est la fin de la dépression : ça va favoriser ceux qui sont devant, mais il y en a une autre qui arrive et personne ne va prendre 300 milles en une journée »

Arnaud Boissière (Akena Vérandas) 17ème à 832 milles : « J'ai fêté mon passage (du cap de Bonne Espérance) avec des rillettes et du pain grillé. Je ne suis pas encore totalement à l'aise, et naviguer dans cette zone est une vraie découverte. Les mers du Sud sont plutôt réjouissantes »

Michel Desjoyeaux (Foncia) 6ème à 88,5 milles : « Tant que ça ne casse pas, je continue. Le matériel, il est fait pour ça. On a des chances de casser quand on fait des pirouettes, or je n'en fais pas. Ça me paraît raisonnable pour le moment… »

Marc Guillemot (Safran) 11ème à 329,1 milles : « J'essaye de fonctionner en prenant soin de mon bateau. Il doit être toilé correctement. J'ai des vitesses de vent intéressantes. Je garde ma façon de naviguer intelligemment et j'évite de prendre des risques inutiles. »

Le mot du tour…

Longitude : A partir du méridien de Greenwich (longitude 0°), le globe terrestre est coupé par des lignes virtuelles passant par les deux pôles et à angle droit, à l'équateur. Ces méridiens définissent donc l'écartement Est-Ouest par rapport au méridien de référence, Greenwich. Au passage de la longitude du cap de Bonne Espérance, Dominique Wavre était le plus septentrional sur le 43°30' Sud tandis que Jean-Pierre Dick était le plus méridional (47° Sud).

www.vendeeglobe.org

Mardi 9 Décembre 2008
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