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Jeudi 18 Février 2021

Une brève histoire des OPA : de S.G.WARBURG à Scor




En novembre 1959, le géant américain de l'aluminium Alcoa et le groupe britannique Reynolds s'étaient entendus pour le rachat de British Aluminium au prix de 60 shillings l'action. Reynolds consulta la banque S.G.WARBURG qui conseilla une autre stratégie, purement britannique : celle-ci consistait en une alliance entre Reynolds et Tube Investments pour le rachat de British Aluminium à 80 shillings l'action, soit un tiers de plus. Sigmund Warburg passa par-dessus toutes les autorités (conseils d'administration, etc.), bouscula les traditions de la City, mobilisa la presse et écrivit directement aux actionnaires pour leur proposer son alternative, plus intéressante pour eux. À la surprise générale, son point de vue l'emporta. La première OPA était née et son inventeur devint immédiatement une référence sur les marchés.

Aujourd’hui, en février 2021, alors que le nombre des parties prenantes ne cessent d’augmenter, que la communication s’est accélérée, que les règles de droit se sont multipliées, où l’essentiel tend parfois à être occulté au profit de l’accessoire, la leçon de cette première OPA mérite d’être rappelée.

Ce qu’avait compris et perçu Siegmund Warburg avant tout le monde, et qui lui avait permis de s’imposer, c’est que la décision finale appartenait non pas aux dirigeants, ni même aux conseils d’administration des sociétés, encore moins aux autorités politiques et publiques mais aux actionnaires et que ceux-ci décidaient non pas en fonction de considérations ou de recommandations générales ou particulières mais en fonction de leurs intérêts et du prix qui leur était proposé pour leurs actions.

À l’inverse, ce qui est étonnant aujourd’hui, c’est la quantité d’efforts déployés, par le juge, par le politique, parfois par d’autres moyens, pour disqualifier les offres en cours et empêcher l’actionnaire de se prononcer au terme d’une confrontation équitable des offres. Il est encore plus surprenant de la part d’un ancien professeur d’économie, toujours membre du cercle des économistes, qu’il préfère s’adresser au juge, y compris pénal, plutôt qu’à ses actionnaires pour influer sur le sort de l’entreprise qu’il dirige.

Il est vrai que ce même dirigeant qui nous expliquait il y a deux ans que la valeur intrinsèque de Scor était bien supérieure aux 43€ proposés par Covéa cède aujourd’hui, moins d’un mois avant la publication de ses résultats 2020, massivement (3,5M€) ses titres alors qu’ils sont à moins de 30€…



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