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Le Royaume-Uni au bord du précipice


En 2010 le chômage au Royaume-Uni atteindra un taux record de 11,2 %, soit 3,2 millions de chômeurs, voici un des chiffres du rapport publié ce 11 février par Business Monitor International (BMI), spécialiste du risque pays. La Banque centrale d’Angleterre (BoE), de son côté, publie ce 12 février un rapport alarmant sur l’état de l’économie britannique. Selon elle, la contraction du PIB du Royaume-Uni pourrait atteindre 4% à 6% en rythme annuel au milieu de l’année 2009.



Le Royaume-Uni au bord du précipice
Selon le rapport du Business Monitor International le Royaume-Uni est confronté à une chute sans précédent au sein du classement économique mondial. Le Royaume-Uni devrait perdre neuf places au classement en termes de PIB par habitant, passant du 12e rang en 2007 au 21e en 2010.

En termes de production par tête exprimée en dollars américains, un indicateur économique et un outil de comparaison clé, le Royaume-Uni devrait, selon BMI, partiellement remonter dans le classement mondial pour s'inscrire à la 17e place du classement en 2013. Mais la baisse de la production associée à une monnaie dévaluée laissent penser que le Royaume-Uni devra batailler dur pour revenir dans les 12 premières places du classement.

La Banque centrale d’Angleterre (BoE) avertit : "Profonde, la récession risque par ailleurs d'être longue". Et l'AFP d'ajouter : "Le présent n'a déjà rien de réjouissant, avec notamment une montée en flèche du chômage confirmée mercredi. Celui-ci a grimpé à 6,3% sur les trois mois achevés en décembre, un sommet depuis onze ans. Le nombre des chômeurs a manqué de peu la barre des 2 millions mais ce n'est semble-t-il que partie remise. Il est même "hautement probable", selon l'économiste Howard Archer, de IHS Global Insight, qu'il passe à 3 millions fin 2009.". "La projection la plus pessimiste montre une poursuite de la contraction d'environ 1% sur un an chaque trimestre tout au long de 2011. Cela correspondrait ainsi à une "dépression, si l'on entend par là trois années d'affilée de croissance négative."

Le rapport de 60 pages de BMI est l'un des plus pessimistes jamais publié sur l'économie du Royaume-Uni.

En voici les principales conclusions :

- Le Royaume-Uni connaîtra une récession bien plus marquée que le Trésor britannique ou le FMI ne le prévoit. Le PIB devrait diminuer de 3,5 % en 2009 avant de connaître une faible reprise de 0,2 % en 2010. L'an prochain, le chômage atteindra un taux record de 11,2 %, soit 3,2 millions de chômeurs. Le secteur des services financiers devrait perdre 570 000 emplois entre 2008 et 2010.

- La très forte dépréciation de la livre sterling est le principal facteur à l'origine du recul du Royaume-Uni dans les classements comparatifs des performances ; la livre restera faible ces trois prochaines années, tirée vers le bas par la récession, d'énormes déficits publics, des taux d'intérêt faibles et un risque politique croissant.

- Au cours des 11 années de forte croissance qu'a connues le Royaume-Uni entre 1997 et 2007, le pays a enregistré un déficit budgétaire représentant 1,7 % du PIB, ce qui a alimenté une bombe à retardement fiscale. Dans un contexte marqué par la nécessité de renflouer le secteur bancaire et de relancer l'économie, le déficit budgétaire sera porté à des taux qui ne sont plus viables : 9,3 % du PIB en 2009 et 6,7 % en moyenne les quatre années suivantes.

- Les prix de l'immobilier connaîtront une baisse globale de 41 %, tombant de leur point le plus haut à leur point le plus bas. Il faudra peut-être attendre dix ans avant qu'ils ne reviennent à leur niveau de 2007. L'impact de valeurs nettes négatives et de valeurs patrimoniales en déclin contribuera à faire reculer plus encore les dépenses de consommation et la croissance économique.

En termes de reprise, BMI souligne que le Royaume-Uni, qui compte encore parmi les six premiers pays producteurs mondiaux, est bien placé pour profiter d'un bouleversement des termes de l'échange provoqué par le glissement de la livre sterling (comme cela s'est déjà produit lorsque le Royaume-Uni a quitté le mécanisme de change européen (MCE) en 1992). La baisse des importations couplée à la hausse des exportations britanniques devrait permettre de dégager un excédent des paiements courants en 2011 après des années de déficit, mais la balance restera dans le noir jusqu'en 2016 au moins.

Rapport de la Banque centrale d’Angleterre du 11 février 2009 :
www.bankofengland.co.uk/publications/inflationreport/ir09feb.pdf

Rapport du Business Monitor International du 10 février 2009 (résumé et tableaux) :
www.businessmonitor.com/ukreport

Précédent article CFO-news du 26 janvier 2009 :
www.cfo-news.com/Le-Royaume-Uni-peut-il-faire-faillite-_a8429.html

Laurent Leloup le 12 février 2009
CFO-news, le quotidien de la Finance d'entreprise et de la Finance durable

Jeudi 12 Février 2009
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1.Posté par EVREINOFF le 14/02/2009 14:47 | Alerter
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Bonjour,
Quelle triste chute. Voilà un pays qu n'a quasiment plus d'industrie, qui a cru que le secteur des servicespourraità lui seul soutenir l'économie, voilà un pays qui a refusé l'Euro tout en louchant dessus ; les choix économiques des hommes politiques britaniques semblent se révéler catastrophiques.
"England must be the happiest country in the world" disait Monsieur Barbecue Smith.
Pauvre Albion, cette époque est révolue, il va falloir avaler ta fierté et te mettre au même niveau que tes voisins. Albion, le fait que tu sois une île ne te protège plus. Tu ne peux plus vivre sans les autres.
Cordialement,

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