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L’analyse de matérialité, fondement des reporting et rapports extra financiers règlementés et volontaires


L’analyse de matérialité a fait l’objet de nombreuses conférences au cours de l’année 2015. L’étude « RSE et pratiques de reporting extra-financier » 2015 réalisée par Tennaxia témoigne d’une indiscutable augmentation du nombre d’analyses de matérialité réalisées au cours de l’année 2015 (41% des répondants du CAC 40 ET SB120) et 40% des entreprises répondantes comptent renforcer la matérialité de leurs indicateurs en 2016.



La prise en compte de la matérialité, signe d’une RSE mieux intégrée par les entreprises, voire mieux intégrée dans les entreprises

La Global Reporting Initiative (GRI), l’Integrated Reporting (IR) et le Sustainability Accounting Standards Board (SASB), ont fait de la matérialité un principe directeur si ce n’est, un principe fondateur de la mise en œuvre de stratégies RSE porteuses de sens et levier de performance et créatrice de valeur pour les entreprises. A vis partagé, par exemple, par M. Porter et M. Kramer (Creating Shared Value – Harvard Business Review 2011), ainsi que par P. Polman – Président d’Unilever (qui multiplie les déclarations en ce sens depuis le lancement en 2010 du plan Unilever pour un mode de vie durable), et par M. Khan, G. Serafeim et A. Yoon au travers leur working paper « Corporate Sustainability: First Evidence on Materiality » publié en juillet dernier par la Harvard Business School. Dans cette veine, la performance des entreprises est en passe d’être évaluée globalement, à l’aune du capital immatériel, contributeur du capital matériel et générateur de durabilité.
Avec la montée en puissance de l’analyse de matérialité, le reporting intégré trouve toute sa raison d’être.

Si seulement trois entreprises françaises en ont publié un en 2014, il est désormais dans tous les esprits des entreprises du CAC40. À défaut d’être totalement intégrée, la corrélation financier et extra-financier sera de plus en plus et de mieux en mieux prise en compte. Notons ici que le 5 novembre dernier, lors de la 3ème conférence dédiée au Reporting Intégré organisée par Capitalcom, Hélène Valade, ( Présidente de la Plateforme RSE, du C3D et directrice développement durable de Suez) déclarait qu’il existait aujourd’hui une certaine confusion entre l’expression « reporting intégré » qui est souvent utilisée pour désigner le fait de rapporter (autrement dit communiquer) des données extra-financières et financières et le « processus de reporting » en lui-même, intégrant le processus de collecte et de validation des données. Si les entreprises sont prêtes à publier des rapports intégrés, les processus de collecte répondent toutefois à des logiques propres et différenciées.

Avec cette nouvelle donne, ne doutons pas de la nécessité d’apporter une attention particulière à la pertinence des données et des informations qui seront publiées. Dans cette nouvelle voie, la maîtrise des risques ne sera pas oubliée. Elle sera étroitement associée à la capacité des entreprises à générer de la création de valeur sur le long terme. Et parce que tout n’est pas quantifiable et tout n’est pas monétisable, il faudra accorder une attention toute particulière à la robustesse du narratif. La pertinence de l’analyse de matérialité, le reporting et la publication des données et informations qui la suivent, rendront justement plus lisible la maîtrise des risques, ainsi que la création de valeur.

Lost in Materiality ?

Si l’analyse de matérialité constitue donc une fondation solide sur laquelle construire son reporting et publier ses rapports extra-financiers, en revanche, si elle est en passe de devenir l’alpha et l’oméga des reporting et rapports extra-financiers, il est en revanche surprenant de constater qu’il n’existe pas une définition de la matérialité mais plusieurs ; il en est de même pour la mise en œuvre des analyses de matérialité. Le livre blanc « Réaliser une analyse de matérialité » publié par Tennaxia et téléchargeable sur son site internet (www.tennaxia.com) tente d’apporter à cet effet, au-delà d’un état des lieux et l’analyse de quelques bonnes pratiques, une contribution sur les fondamentaux à respecter pour une analyse efficiente.

La publication des données et informations environnementales, sociales et sociétales constitue une épineuse problématique de communication d’entreprise. Laurent Mahéo, Président de la DFCG Ile-de-France, soulignait lors de la conférence précitée que « le rapport intégré devrait s’approprier le code disruptif du numérique, qu’il devienne un nouvel objet rédactionnel pour aller à l’essentiel en fonction de ses centres d’intérêt. Un rapport plus fluide, plus lisible, plus simple ». Ce qui sous-tend que les entreprises soient en capacité d’adresser correctement les parties prenantes, en fonction de leurs attentes et de leurs usages des moyens et vecteurs de communication. Vaste sujet !

Il serait en revanche dommage de cantonner l’analyse de matérialité au seul prétexte de communiquer et surtout de communiquer plus juste. Bien conçue et bien instruite, elle offre aux entreprises et à leurs dirigeants la possibilité d’explorer de nouveaux horizons, de s’améliorer, voire de se dépasser. Les conclusions de la COP21 avec la contribution attendue des entreprises , le lancement des Objectifs de Développement Durable en septembre dernier applicables dès janvier 2016, les apports publiés sur la GRI G4, avec une nette prise en compte de la contribution de la RSE à la performance des entreprises, les publications des normes ISO 9001 et 14001 – V2015 (ainsi que la future ISO 45001) appellent les dirigeants d’entreprise à davantage s’impliquer dans la prise en compte des enjeux du développement durable de leur société et dans les stratégies et actions mis en œuvre. A cet égard, l’analyse de matérialité constitue aussi et surtout, un puissant levier stratégique et opérationnel. Dans cette veine, les reporting et rapports extra-financiers devraient de plus en plus s’affirmer comme des outils de pilotage de la performance globale des entreprises, et le meilleur moyen de communiquer cette performance aux investisseurs, comme à l’ensemble des parties prenantes impliquées, en rendant plus lisible la durabilité de l’entreprise.

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Mercredi 2 Mars 2016
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