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Interview | L'épargnant français est-il passif ? Ou manque-t-il simplement d'opportunités pour faire fructifier son épargne en sécurité ?

Entretien avec Emmanuel Rodriguez, Directeur Général de Raisin France, la fintech qui démocratise l'accès à l'épargne.


Selon les derniers chiffres publiés par la Banque de France (BdF), l'épargne bancaire monétaire a atteint un niveau record, mais comment expliquez-vous ce phénomène ?

« Il y a plusieurs facteurs à prendre en compte; tout d’abord le type d'épargne, mais aussi l'environnement socio-économique des épargnants ainsi que la conjoncture économique.

Mais en effet, d'année en année l'épargne bancaire des Français bat les records et cette année ne fait pas exception, celle-ci s'élève à € 1,788 milliards. Cette augmentation a certes été exacerbée par la pandémie puisque les épargnants avaient peu d'opportunités de dépenses, mais ce phénomène semble s’inscrire dans une tendance de long terme.»

Quelle est cette épargne bancaire et comment se répartit-elle ?

« L’épargne bancaire des ménages français est répartie à 45% dans les Livrets d'épargne, 35% dans les dépôts à vue et les 20% restants dans les dépôts à terme.
Ce que je note avec stupéfaction, c’est l'encours des dépôts à vue (comptes courants) qui s'élèvent à 628 milliards d'euros. Si l’on rapporte cela à la population française (en excluant les moins de 15 ans) de 56 millions, cela représenterait près de 11,222€ par résident laissé oisivement sur un compte courant qui n’offre aucune rémunération. Pire encore, cet encours n’a cessé d’augmenter puisque 50,2 milliards d'euros sont venus s’ajouter en 2021. »

Vous dites que l’encours laissé sur les comptes courants n’a cessé d'augmenter, mais est-ce le cas également pour les Livrets d'épargne et Dépôts à terme ?

« Oui, quel que soit le type d’épargne bancaire, ils n’ont cessé de croître de plus de 62% en moyenne alors que la population française n’a augmenté que de 3.9% sur les 10 dernières années. Cependant, cette croissance est très inégale.
Les dépôts à vue ont augmenté de 120% entre Janvier 2012 et 2022, alors que les Comptes sur Livret et Comptes à terme ont augmenté de 43% et 24% respectivement.
Ces données semblent suggérer que l'épargnant français privilégie avant tout la liquidité de son épargne bancaire, puisque 80% de cette dernière est placée sur des dépôts à vue et des comptes sur livrets. »

Si je vous comprends bien, l'épargnant français privilégie donc la liquidité sur son rendement ?

« Effectivement, à la vue des chiffres, l'épargnant français privilégie la liquidité et la garantie du capital. Mais je me permets de vous rappeler que les livrets réglementés sont plafonnés, et par conséquent, peut être que l'épargnant ne voit comme seule solution de placer son argent sur son compte courant. Et ce solde là ne travaille pas…»

Alors qu’il existe de nouvelles technologies et applications mobiles pour faciliter le placement et la gestion de son épargne, comment expliquez-vous que le compte courant soit ainsi privilégié ?
Y a-t-il une passivité de la part de l'épargnant ?


« Je pense qu’il est important de comprendre la société dans laquelle l'épargnant français évolue.
La digitalisation de la société française est bien loin dans les classements. Selon une étude menée par DESI en 2020, la France occupe la 15eme position (52,2), légèrement sous la moyenne de l’UE (52,6) en raison de contre-performances dans le domaine de l’utilisation d’internet par les citoyens et d’une plus faible part de personnes aux compétences numériques.
Peut être est ce dû à une réticence culturelle des français à utiliser internet, notamment pour des services financiers. Ou bien la passivité des épargnants à se familiariser avec les nouvelles technologies et applications.
Mais il faut aussi se demander si la faute repose uniquement sur l'épargnant. Les banques domestiques n’ont-elles pas un rôle à jouer dans tout cela ? »

Donc selon vous les banques domestiques encourageraient ce genre d’attitude? Mais dans quelle optique ?

« Il existe de nombreuses barrières à l'entrée pour l'épargnant et la mobilité du capital n’est certainement pas privilégiée par les banques domestiques. Par exemple, pourquoi devrions-nous justifier auprès de notre banque émettrice la raison d’un virement ? Notamment lorsque celui-ci est instruit depuis leur application bancaire et que nous sommes détenteur du compte destinataire. N’en revient-il pas à la banque réceptrice de justifier la source des fonds ?
L’effort que l'épargnant doit réaliser n’est pas compensé par l'environnement actuel et les taux d'intérêts bas.
L'épargnant français ne peut donc pas être caractérisé de passif, il agit dans un environnement très contraignant, où la tâche ne lui est pas simplifiée. Il doit être courageux pour aller au bout de ses convictions. »

Et Raisin dans tout cela, qu’apportez-vous ?

« Chez Raisin, nous cherchons à démocratiser l'accès à l'épargne en offrants à travers une plateforme unique des comptes à terme et livrets d'épargne de nos banques partenaires françaises et européennes. Nous voulons permettre à l'épargnant français, depuis un compte unique, de gérer son épargne bancaire en toute simplicité, transparence et gratuité. »

Sources :
Banque de France, Dépôts des ménages
DESI 2020, Country Profile France

Jeudi 14 Avril 2022




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