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IA : la Cour des Comptes Européenne alerte sur la nécessité pour l'UE de passer à la vitesse supérieure

Alors que les Etats membres de l'UE, viennent tout juste d'adopter les règles de l'AI Act, et qu'ils semblent discuter avec les géants mondiaux pour établir certaines règles, la Cour des Comptes européenne vient de publier une prise de position pour le moins, affirmée.
Donc, pour la Cour des Compte européenne, "les investissements de l’UE dans l’intelligence artificielle (IA) n’ont pas suivi le rythme dicté par les leaders mondiaux". Par ailleurs, "les résultats des projets financés par l’UE dans le domaine de l’IA ne font pas l’objet d’un suivi systématique"... Et au final : "faute d’outils de gouvernance, la coordination entre l’UE et les États membres est inefficace".
Autant dire qu'après la démonstration de force opérée par la France il y a quelques jours, il y a de quoi rester un peu pantois.
Est-ce une manière d'assener une onde de choc "électrique" aux Etats Membres ? Souvenez-vous, au mois de mars 2023, un rapport de la même Cour des Comptes avait fait état du retard des pays membres en matière de déploiement de l'IA. On parlait alors de "ne pas rater le coche", il semblerait que la position s'affermisse en la matière.
L’UE poursuit l’objectif de faire en sorte que 75 % de ses entreprises utilisent l’IA d’ici à 2030
AL A.
Lire la communication ci-dessous.
Lien pour télécharger le rapport en bas d'article


L’UE peine à développer l’écosystème européen d’intelligence artificielle et n’a pas réussi à doper suffisamment les investissements dans le domaine de l’IA pour faire jeu égal avec les leaders mondiaux du secteur.
C’est la conclusion d’un nouveau rapport de la Cour des comptes européenne.
Depuis 2018, la Commission européenne a pris de nombreuses mesures et travaillé sur les maillons essentiels au développement d’un écosystème d’IA à l’échelle de l’Union, comme la réglementation, les infrastructures, la recherche et l’investissement. En parallèle, l’UE n’a pas attendu pour étudier en détail les risques liés à l’IA, devenant le premier acteur au monde à fixer des règles générales pour l’utilisation de ces technologies. Toutefois, elle n’a pas bien coordonné ses mesures avec celles des États membres, et les investissements n’ont pas fait l’objet d’un suivi systématique. À l’avenir, une gouvernance plus forte et des investissements publics et privés plus importants – et mieux ciblés – seront essentiels si l’Europe veut relever le défi de l’IA.

- Les investissements de l’UE dans l’intelligence artificielle (IA) n’ont pas suivi le rythme dicté par les leaders mondiaux
- Les résultats des projets financés par l’UE dans le domaine de l’IA ne font pas l’objet d’un suivi systématique
- Faute d’outils de gouvernance, la coordination entre l’UE et les États membres est inefficace

Pour l’UE, la course mondiale aux investissements dans l’IA est pavée d’obstacles. Depuis 2015, les investissements en capital-risque sont inférieurs à ceux des États-Unis et de la Chine, les deux autres régions du monde à la pointe dans ce secteur. On estime que sur le plan de l’investissement global dans le domaine de l’IA, l’écart entre les États-Unis et l’UE a plus que doublé entre 2018 et 2020, l’Europe accusant un retard de plus de 10 milliards d’euros. Dans ce contexte, l’UE a progressivement pris des mesures pour élaborer un cadre de coordination de l’IA dans l’ensemble du bloc en intensifiant les investissements et en adaptant la réglementation.
En 2018 et en 2021, la Commission européenne et les États membres se sont mis d’accord sur des mesures visant à développer un écosystème d’IA fondé sur l’excellence et la confiance, qui placerait l’UE en bonne voie pour s’ériger en chef de file mondial d’une IA de pointe, éthique et sûre.

«Des investissements dans l’IA, massifs et ciblés, sont un facteur décisif qui déterminera la vigueur de la croissance économique de l’UE dans les années à venir», a déclaré Mihails Kozlovs, le membre de la Cour responsable de l’audit. «Dans la course à l’IA, il y a fort à parier que le gagnant raflera toute la mise. Si l’UE veut gagner son pari, la Commission européenne et les États membres doivent unir leurs forces de manière plus efficace, accélérer la cadence et libérer le potentiel de l’Union pour réussir cette révolution technologique majeure qui est en cours.»

Les plans pour l’IA adoptés en 2018 et en 2021 par la Commission européenne sont complets et globalement conformes aux bonnes pratiques internationales. Néanmoins, plus de cinq ans après le premier plan, le cadre européen de coordination et de réglementation des investissements de l’UE dans l’IA est encore en chantier. Les auditeurs pointent du doigt la coordination de la Commission avec les États membres, qui n’a eu que «peu d’effets». Un constat qui s’explique par l’absence des outils de gouvernance et des informations nécessaires à l’exécutif. La crédibilité des plans de l’UE a aussi souffert du fait que la Commission européenne n’avait pas mis en place de système approprié de suivi de l’efficacité des investissements dans l’IA. Qui plus est, les modalités de la contribution des États membres aux objectifs d’investissement globaux de l’UE n’étaient pas claires, ce qui s’est traduit par une absence totale de vue d’ensemble à l’échelle européenne.

Les objectifs d’investissement de l’UE sont trop vagues et obsolètes (ils n’ont pas changé depuis 2018) et leur manque d’ambition contraste avec l’objectif de création d’un écosystème d’IA compétitif au niveau mondial. Bien que la Commission européenne soit généralement parvenue à augmenter les dépenses budgétaires de l’UE consacrées aux projets de recherche dans le domaine de l’IA, elle n’a pas donné de réel coup d’accélérateur au cofinancement privé. Elle doit également faire davantage pour que les résultats des projets de recherche financés par l’Europe dans le domaine de l’IA soient pleinement commercialisés ou exploités.

La Commission a agi pour mettre en place les catalyseurs nécessaires au développement et à l’adoption de l’IA sur le plan financier et des infrastructures. Mais les infrastructures financées par l’UE – installations d’essai, espaces de données ou plateforme d’IA à la demande – ont tardé à démarrer. En effet, les plans pour l’IA n’ont jusqu’à présent donné lieu qu’à un modeste soutien européen en capital (comme des financements en capitaux propres) aux innovateurs. Les mesures prises récemment par l’UE pour bâtir un marché unique des données n’en sont encore qu’à leurs débuts et ne permettent pas, pour l’instant, de stimuler les investissements dans l’IA.

Contexte

L’intelligence artificielle englobe diverses technologies émergentes dans des domaines en rapide évolution, comme la robotique, les mégadonnées et l’informatique en nuage, le calcul à haute performance, la photonique et les neurosciences. Les États-Unis ont longtemps été les leaders incontestés de l’IA, mais la Chine entend bien leur damer le pion d’ici à 2030, ces deux pays pouvant compter sur les investissements privés massifs de leurs géants technologiques. Les objectifs de l’UE en matière d’investissements publics et privés dans ce secteur étaient de 20 milliards d’euros pour la période 2018-2020, un montant de 20 milliards par an étant prévu pour la décennie suivante.

La Commission européenne a entrepris de porter l’enveloppe budgétaire de l’UE pour l’IA à 1,5 milliard d’euros pour la période 2018-2020 et a prévu 1 milliard d’euros par an pour la période 2021-2027. La part des entreprises de l’UE utilisant l’IA varie considérablement d’un État membre à l’autre. La France et l’Allemagne sont les deux pays qui ont annoncé les investissements publics les plus conséquents dans ce secteur, tandis que quatre pays ne disposent toujours d’aucune stratégie en la matière.
L’UE poursuit l’objectif ambitieux de faire en sorte que 75 % de ses entreprises utilisent l’IA d’ici à 2030. En 2021, moins de 4 % des demandes de brevet déposées dans le monde provenaient d’Europe et d’Asie centrale.

Télécharger le rapport de la cour des comptes de l'UE


Mercredi 29 Mai 2024




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