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Gérer la procyclicité dans les pays émergents


La procyclicité peut être définie très simplement comme la tendance qu’ont les institutions financières à amplifier le cycle économique.



Pascal de Lima
Pascal de Lima
La gestion de la procyclicité constitue l’un des prérequis de la nouvelle règlementation de Bâle III. Elle est un challenge majeur non pas uniquement pour les banquiers centraux et universitaires mais également pour les gestionnaires de risque et les groupes de conseil, particulièrement en période de crise.

L’idée centrale est que les banques tendent à contracter l’offre de crédit au moment des récessions du fait de l’inquiétude sur la qualité des débiteurs. Mais ce comportement est susceptible de renforcer encore davantage le « downturn » car la conséquence de cela est une diminution des crédits et des investissements des entreprises.

Dans la plupart des pays émergents gérer la procyclicité est synonyme de gestion de la procyclicité du secteur bancaire. En effet, les banques se trouvent au cœur du système financier puisqu’elles regroupent une très grande part de celui-ci (en actifs).

Du coup, pendant les périodes d’expansion, les banques, excessivement optimistes, sont enclines à accepter plus de risque du fait d’une survalorisation des collatéraux non déflatés du niveau d’inflation. Il y a donc une surestimation du potentiel des emprunteurs à cause de l’inflation. L’inflation dans ce cadre, contribue à accélérer l’offre de crédit. En contraste lorsque la crise économique survient, l’optimisme des banques se transforme en pessimisme. Des emprunteurs commencent à faire défaut et les niveaux de réserve inadéquats ainsi que le manque de provisionnement apparaissent au grand jour. Les banques vont alors commencer à restreindre leur offre de crédit, et devenir réticentes à prêter même à des emprunteurs crédibles.

Les solutions proposées à ce niveau sont simples : l’idée consiste à mettre en place deux ratios : un ratio de capital minimum règlementaire (1), et un ratio de capital au dessus du minimum règlementaire (2). Pendant les périodes fastes, toutes les banques doivent être conformes au ratio (2). Pendant les périodes de récession, le surplus de fonds propres généré en période d’expansion permettra de palier à une crise systémique le cas échéant en période récessive et d’éviter ainsi de faire appel à l’Etat.

Il est aussi possible de contrer les tendances procycliques au sein du secteur bancaire en accroissant la pondération des risques de crédit lorsque ces derniers sont trop concentrés. Une autre règlementation mais moins interventionniste, consiste à proposer une supervision du « Loan to Value » pour les activités immobilières lorsque les superviseurs s’aperçoivent que la valeur des biens immobiliers augmente sans fondement rationnel.

Pascal de Lima
Economiste en chef Altran Financial Services et enseignant à sciences-po

www.altran.com
pascal.delima@altran.com

Mardi 2 Novembre 2010
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