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Vendredi 2 Octobre 2015

Fraude interne : halte à l’hémorragie !


Par Frédéric HUBY, Regional Vice-Président, BlackLine



C’est un fait : les entreprises, petites et grandes, subissent de plus en plus de fraudes initiées par leurs collaborateurs. Selon une étude réalisée par l’Association of Certified Fraud Examiners (ACFE) les pertes annuelles dues à la fraude des collaborateurs représenteraient 5% du chiffres d’affaires des entreprises, et celle-ci passerait inaperçue pendant 18 mois en moyenne ! Automatiser les processus comptables et développer une politique de communication permettrait pourtant aux entreprises de renforcer la lutte contre la fraude des collaborateurs.

Corruption ? Détournement d’actifs ? Présentation d’états financiers falsifiés ? Les détournements d’actifs représentent 85,4% des fraudes effectuées par les employés dans les entreprises. Ainsi, par cette malversation, les employés transfèrent illégalement de la trésorerie de l’entreprise sur un compte ou sur une société fictive qu’ils ont créée. Par ce système, ils peuvent, par exemple, établir de fausses factures avec crédit sur leurs comptes bancaires, doubler un paiement d’achat ou encore enregistrer un retour fictif de marchandises accompagné d’un remboursement fictif. Toujours selon cette même étude de l’ACFE, le montant moyen de ce type de fraude serait de 130 000 dollars.

Qui sont les fraudeurs ?

Contre toute attente, les fraudeurs ne sont pas des employés en CDD. Ce sont des collaborateurs de longue date, bénéficient d’une parfaite maitrise des rouages de l’entreprise, d’une parfaite connaissance du rôle de leurs collègues et des processus internes.

Selon l’étude, le profil du fraudeur est en général un salarié âgé de 36 à 45 ans, diplômé, occupant un poste à responsabilité et exerçant souvent dans le service comptabilité et finance. Concernant les montants ceux-ci sont d’autant plus élevés lorsque la fraude est commise par un employé âgé de 60 ans (+) et de plus de 10 ans d’ancienneté. A noter que s’il y a parité chez les fraudeurs aux Etats-Unis, 53,9% d’hommes et 46,1% de femmes, en Europe de l’Ouest, le fraudeur est masculin : 85,1% d’hommes, 14,9% de femmes.

Comment gérer ce fléau ?

La première étape consiste à cartographier les situations à risque où les fraudes sont susceptibles de se glisser. Selon l’étude de l’ACFE, 32% des fraudes sont dues à un manque de contrôle interne et 20% à une absence de contrôle de gestion.

Parmi les mécanismes de précaution, l’automatisation des processus comptables est une action de prévention à considérer. Ainsi, en augmentant la fréquence de justification des comptes jusqu’à un rapprochement quotidien pour les comptes bancaires, l’entreprise identifie très rapidement les anomalies. Le processus de fraude ne peut donc pas s’installer durablement.

Autre solution pour faire face à ce fléau : la multiplication des contrôles par la mise en place d’alertes déclenchant un processus de revue et d’investigation systématique qui pourront porter, par exemple, sur :
- des écritures comptables imputées sur une période réputée clôturée ;
- des comptes clés comportant des flux financiers inhabituels en regard des périodes précédentes ;
- une comparaison entre un bon de retour de marchandises et une sortie de stocks annulée.

Dédier des ressources humaines au contrôle

L’automatisation du processus comptable présente aussi l’avantage de libérer les ressources humaines de tâches manuelles très chronophages comme les révisions comptables par exemple. Ces ressources peuvent alors se consacrer à d’autres missions telles que l’identification des fraudes et les failles du système.
Ce renforcement des mécanismes de contrôle apporte ainsi de la transparence dans le processus de construction et de vérification des chiffres, accroît la précision et la sécurité des comptes comme des états financiers.

Développer une politique de communication

Enfin, il est conseillé de mettre en place une politique de communication afin de sensibiliser les collaborateurs à cette problématique de fraudes. Portée par la direction générale, cette communication doit informer sur la typologie des fraudes et les risques encourus par les salariés en cas de malversations.

Depuis quelques années la fraude ne cesse de croître dans les entreprises. Il est grand temps pour elles de mettre en œuvre de véritables stratégies de lutte contre ce phénomène car, au-delà des pertes financières, la fraude peut également grandement nuire à l’image de l’entreprise.

Face au risque d’hémorragie et à l’émergence de la cybercriminalité, une prise de conscience des dirigeants d’entreprise doit être réalisée, accompagnée d’une réflexion sur la mise en place de processus et des solutions adéquates.

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