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Europe des paiements, les banques se hâtent lentement


Dossier spécial Cash management - article 5 sur 5.



L'Europe des paiements (Single Euro Payments Area ou Sepa) ? Une énième version de Y a-t-il un pilote dans l'avion ?, l'humour en moins. La tour de contrôle a autorisé le décollage, la destination est connue, mais personne ne souhaite vraiment se saisir du manche à balai.

L'Union européenne, qui a donné l'impulsion politique en 2000 en lançant le Financial Services Action Plan, souhaiterait laisser la main aux banques commerciales, les estimant les mieux placées pour apporter des réponses circonstanciées aux besoins des utilisateurs finaux (particuliers, entreprises, administrations). Les banques, regroupées à cette occasion sous la bannière de l'European Payments Council, se hâtent lentement, se demandant si on ne leur offre pas la corde destinée à les pendre. De son côté, la Banque centrale européenne (BCE) constitue un allié objectif des instances politiques, même si ses missions principales - création de Target (système de compensation européen pour les gros montants) et instauration de l'euro -, sont terminées. En novembre 2005, Jean-Michel Godeffroy, directeur général des systèmes de paiement à la BCE, s'est ainsi chargé de clarifier la position de son institution : « Sepa n'est pas une option, c'est la conséquence technique d'un choix politique. Les modalités d'accès à Sepa peuvent être discutées. Pas Sepa lui-même », a-t-il martelé à l'occasion d'une intervention à l'Euro Finance Week.

Effet ciseaux

Les banques ont, il est vrai, de bonnes raisons de faire de la résistance passive. En 2010 au plus tard, les vingt-cinq pays de l'Union européenne doivent constituer une zone unique de paiement dans laquelle les particuliers et les entreprises pourront effectuer des opérations transfrontalières aux mêmes conditions (de sécurité, d'efficacité) et au même coût que dans leur pays. Cela nécessite d'une part de créer des paiements européens comme le credit transfert (virement) ou le direct debit (l'équivalent de notre prélèvement automatique), d'autre part de substituer à plus de 120 chambres de compensation (7.000 établissements de crédit et caisses d'épargne utilisateurs dans l'Eurozone) un système unique (Pan-European-Automatic Clearing House).

Le montant des investissements de l'industrie bancaire pour y parvenir s'élèverait à 10 milliards d'euros, selon les calculs du Tower Group. S'y ajoutent des coûts opérationnels supplémentaires entre 2008 et 2010, période où pourront cohabiter les anciens et les nouveaux moyens de paiement. Si elles souhaitent ne serait-ce que maintenir leur rentabilité globale, les banques, confrontées à un effet ciseaux (coïncidence d'une hausse spectaculaire des coûts et d'une baisse significative des marges), devront augmenter très sensiblement leur productivité : on parle de 10 % de gains par an. « i[Dans ces conditions, explique un spécialiste du dossier dans une banque française, nous assurerons le service minimum s'agissant de ce qui est déjà dans les tuyaux [NDLR : virement, prélèvement, carte] et nous nous rattraperons sur les services à valeur ajoutée, virement commercial européen avec systèmes d'alertes et réconciliation par exemple.]i »

Peu d'élus à l'arrivée

Il n'est donc pas douteux que Sepa laissera des traces dans le paysage bancaire. Le métier du cash management, de plus en plus gourmand en investissements, devrait être confisqué par une poignée de très grosses cylindrées, les acteurs plus modestes profitant de l'occasion pour sortir du marché. Pour l'instant, tous ou presque assurent être dans les starting-blocks. « i[Effectivement, nous continuons d'investir massivement en Europe, où notre expertise globale sur les paiements et notre flexibilité en termes de cut-off times [NDLR : heure limite de remise des instructions] ou de communications via FileAct sont devenues décisives pour nos clients]i », confirme Laurent Terseur, vice-président Treasury Services chez JPMorgan, à qui Etienne Bernard, responsable market-coverage à ABN Amro, répond en écho qu'« ABN Amro fera partie des consolidateurs dans le métier du cash management ». La course est lancée et déjà, certains établissements proposent des services de facturation et de règlement électroniques, synonymes pour les entreprises d'appréciables économies de coûts, d'efficacité du back-office et d'amélioration des prévisions financières.

Pour les entreprises, Sepa constituera d'ailleurs sans conteste une avancée spectaculaire (paiements en euros dans un format standard, forte diminution du nombre de partenaires bancaires, etc.). Il est communément admis que l'économie réalisée par les utilisateurs finaux atteindra 30 milliards d'euros par an.
D'ailleurs, 74 % des entreprises estiment que Sepa aura un impact positif sur leurs affaires, selon une enquête de LogicaCMG. Le plus curieux, c'est que ce taux ne soit pas de 100 %.

Article rédigé par Arnaud brunet - le 03/03/2006 - L'Agefi Hebdo
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Samedi 22 Avril 2006
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