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Blokchain et pays émergents : agroalimentaire et électricité


Par Jean-Michel Huet, associé BearingPoint, et Melissa Etoke Eyaye, consultante senior BearingPoint.



L’agroalimentaire et l’électricité sont deux secteurs clés en Afrique. Le premier car il est le débauché du travail de 60% des africains le second est un domaine essentiel pour le développement du contient. La encore la blockchain peut aider.

Un phénomène récent réside dans l’émergence de « consommateurs responsables » dont les exigences sont désormais plus élevées en termes d’information quant aux spécificités des aliments : origine, qualité ou encore chaîne de distribution. Cependant, les différents acteurs de la chaîne de valeur, notamment les distributeurs (qui interviennent à la fin du processus) peinent souvent pour vérifier l’exactitude des données de « la ferme à la table ».

Kimani Mbugua, PDG de Greenspec, entreprise dont les activités vont de la vente de semences au contrôle qualité dans les domaines agricole et agroalimentaire, assure que la blockchain permettra d’améliorer la transparence des chaînes logistiques, notamment en termes de gestion en temps réel des approvisionnements.

L’inscription sur le registre blockchain peut se faire de façon manuelle (en photographiant les documents avec son smartphone et en les mettant en ligne sur une plateforme ad hoc), ou automatique (via l’utilisation de capteurs connectés, attachés au produit, capables de transmettre automatiquement des données – localisation, température, humidité… – et de les inscrire sur la blockchain). Ensuite, chaque partie prenante ayant reçu l’autorisation d’accéder à cette blockchain peut vérifier quel participant a inscrit une information donnée, à quelle date et à quel horaire.

La blockchain permet un horodatage et une transparence du suivi des aliments, sans qu’un individu ou une entité ne puisse unilatéralement modifier ou supprimer d’information. Les différents acteurs de l’industrie peuvent dès lors détecter en temps réel où et quand la faute ou la fraude a été commise, là où aujourd’hui, en cas d’intoxication alimentaire d’un consommateur, le processus d’identification de la denrée fautive est chronophage.

Près de 1,2 milliard de personnes n'ont pas accès à l'électricité dans le monde et plus de la moitié de cette population réside en Afrique, notamment dans les zones rurales où l’on estime que 80% des habitants, soit quelques 600 millions de personnes sont privées d’électricité.

Associer microgrid et blockchain pourrait favoriser l’autoconsommation individuelle et collective via le partage rémunéré d’énergie entre habitants d’un même quartier ou d’un même village, à l’instar des initiatives développées dans l’écoquartier de Brooklyn Microgrid à New York. Les acteurs qui produisent plus d’énergie qu’ils n’en consomment peuvent alors vendre leur « surplus de production » en utilisant la blockchain via les cryptomonnaies.

La blockchain est aussi utile pour se constituer un “portefeuille” énergétique. Les Solar Coins, monnaie de conversion de l’énergie solaire, constituent le support échangé lors des transactions. Dans ce contexte, la blockchain peut être publique – n’importe qui peut s’inscrire –, privée, l’écriture et la lecture sont des droits à établir, ou gérée par un consortium – typiquement un écoquartier.

The Sun Exchange (thesunexchange.com) plateforme lancée en Afrique du Sud pour le crowdfunding d’énergie solaire est entièrement basé sur la logique de blockchain tant dans la récolte des financements (les monnaies classiques sont aussi acceptées) que dans la redistribution afin de faciliter les relations clients – fournisseurs dans le marché de l’énergie avec une capacité de changer de fournisseur toutes les 15 minutes.

La blockchain favorise ainsi le développement des énergies renouvelables et renforce le rôle des « consomm’acteurs » qui contribuent à pallier les défaillances des opérateurs étatiques.

La blockchain, véritable vecteur de confiance et de transparence, s’illustre comme un outil puissant dont l’utilisation offre de nombreux bénéficies en Afrique. Certains considèrent d’ailleurs qu’à l’image du mobile, cette avancée technologique va permettre au continent de réaliser un autre « leapfrogging » (saut technologique), à l'image de ce qui s'est passé avec la téléphonie mobile.

Le bitcoin se fraye progressivement un chemin sur le continent, notamment dans le domaine financier où la cryptomonnaie sert de base à des transferts d'argent. Déjà vivement concurrencées par les opérateurs de téléphonie mobile, qui dans le sillage du succès de Safaricom au Kenya avec le M-Pesa, développent des services de transfert d'argent via SMS, les banques s'intéressent de près aux monnaies virtuelles.

Au-delà de la création de cryptomonnaies, la blockchain, qui repose sur le principe de décentralisation des transactions, offre des opportunités multiples, d’autant plus qu’elle permet d’assurer sécurité et transparence. Certains parlent de « machine à confiance ».

En plus de son caractère « sécurisé », l’attractivité de la blockchain réside dans la diversité de ses domaines d’applications parmi lesquels l’agriculture, l’industrie pharmaceutique, la logistique ou encore la finance, sans compter les applications transverses telles que la certification des documents.

Dans un contexte marqué par une faible bancarisation, une forte dynamique d’innovation et des services mobiles en pleine explosion, la blockchain représente une véritable opportunité pour l’Afrique.

Il ne faut cependant pas ignorer les limites de cette technologie. Pour être déployé et fonctionner de façon optimale, cet outil doit s’inscrire dans un cadre juridique défini. À ce jour, ce cadre est peu ou pas formalisé, sauf en Estonie.

D’un point de vue technique, les limites sont liées la complexité de l’outil et à sa capacité de traitement des données relativement faible : la blockchain du bitcoin peut traiter au maximum 600 000 transactions par jour, loin derrière les 24 millions traités par le réseau de transactions interbancaires Swift par exemple. De plus, le traitement d’un volume important d’informations est un processus fortement énergivore : à titre d'exemple, la "blockchain" du bitcoin qui pèse aujourd'hui 78 giga-octets consomme aux alentours de 600 mégawatts (MW) d'énergie.

Les défis restent encore nombreux pour faire de la blockchain le levier de la prochaine révolution numérique en Afrique.

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Mercredi 6 Mars 2019
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