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Bilans : clés de lecture du banquier, de l'investisseur et de l'actionnaire

Au printemps, les entreprises clôturant au 31 décembre publient leurs comptes. Michel Gire, associé Baker Tilly France, donne quelques clés de lecture par les banquiers, les investisseurs et autres tiers intéressés.


Le bilan est utilisé dans le cadre des relations internes à l'entreprise - avec les associés ou les actionnaires, les salariés -, et des relations externes avec les parties prenantes (banquiers, fournisseurs, clients...). Il constitue la base des négociations avec les partenaires financiers - banquiers et investisseurs -.

Les comptes annuels (bilan, compte de résultat, annexe) reflètent la situation économique de l'entreprise

Les principes généraux sont définis par le Code du commerce : permanence des méthodes, régularité et sincérité des comptes, image fidèle. En France, le principe de prudence demeure : des provisions pour risques seront comptabilisées, alors que des plus-values latentes ne seront pas intégrées.

Rappelons que l'actif représente ce qu'une entreprise possède (biens et créances clients, trésorerie), et le passif ce qu'elle doit, d'une part à ses actionnaires - le haut de bilan -, et d'autre part à ses fournisseurs, à ses salariés, à l'Etat (charges sociales, impôts) - le bas du bilan. Le bilan donne la situation patrimoniale à un instant « t » de l'entreprise, toutes opérations cumulées depuis sa création.

Le compte de résultat présente les opérations de l'exercice (ventes, achats, charges) et le résultat, bénéfice ou perte, qui en découle. Il mesure la rentabilité des activités de l'entreprise.

L'annexe complète l'information fournie par le bilan et le compte de résultat.

Les essentiels

Les comptes annuels présentent des informations qu'il convient de décrypter.

Le niveau des fonds propres
Ceux-ci doivent être positifs et suffisants pour participer au financement des investissements et de la croissance. Ils ne doivent toutefois pas être excessifs. Trop de réserves, c'est de la trésorerie qui dort !

Le financement des immobilisations
Elles doivent être financées par des capitaux permanents (fonds propres et emprunts). La logique est que les biens qui servent à l'entreprise durablement soient couverts par des financements stables.

Le niveau des emprunts
On considère généralement que tant que le total des dettes à moyen et long terme reste inférieur aux fonds propres, l'autonomie financière de l'entreprise est préservée.

La trésorerie disponible
Un fonds de roulement positif (excédent des capitaux permanents sur les immobilisations) contribue au financement de l'exploitation (stocks, clients...) et donc à la formation de la trésorerie de l'entreprise, « le nerf de la guerre ».

La rentabilité
A partir du compte de résultat existe plusieurs niveaux d'analyse. Le résultat d'exploitation reflète la rentabilité de l'activité de l'entreprise avant les coûts du financement. Le résultat courant traduit la performance de l'entreprise après financement. Le résultat net reste l'indicateur clé de la rentabilité après impôts et opérations exceptionnelles. Majoré des amortissements, il représente la marge brute d'autofinancement.

Les variations d'une année sur l'autre
Les dirigeants doivent pouvoir expliquer ces variations. Sont-elles dues à une augmentation ou une réduction de l'activité ? A une augmentation des postes de charges ? Si oui, pourquoi ? Quel est le point mort ? Les charges financières sont-elles raisonnables ? Quid des recettes exceptionnelles ?

Les informations contenues dans l'annexe
L'annexe complète l'information sur ce qui s'est passé dans l'entreprise, sur le détail de certains postes, sur les frais de recherche et développement, sur les éventuels litiges en cours, tels les prudhommes... Elle peut être très simple pour les petites entreprises, et extrêmement fournie pour les grandes sociétés.
Elle doit favoriser l'analyse des comptes.

La lecture du bilan

A la lecture des comptes annuels, le banquier et l'investisseur vont avoir les réponses à des questions du type : « Quel est le niveau de trésorerie ? Y a-t-il des emprunts ? Quel est le niveau des fonds propres ? Y a-t-il des provisions pour risques ? L'entreprise a-t-elle des participations financières ? Quid de la rentabilité, etc. »

Dans son analyse, le financier va organiser le bilan en grandes masses, par exemple l'actif immobilisé, les capitaux permanents (fonds propres et emprunts), l'actif circulant (stocks, créances clients), les dettes d'exploitation, la trésorerie. Il va ensuite analyser la situation financière et la rentabilité à partir de ratios généralement utilisés.

Ce que regarde un banquier

Les deux axes majeurs pour un banquier sont l'analyse des liquidités, pour évaluer la solvabilité à court terme, et l'appréciation de la structure financière à moyen terme. Il va s'attacher à apprécier l'équilibre financier à l'aide des fondamentaux : le fonds de roulement (FR, financement de l'investissement), le besoin en fonds de roulement (BFR, financement de l'exploitation) et la trésorerie. Lorsqu'il ne finance pas lui-même le BFR, il va se poser la question de savoir comment celui-ci est couvert. Son objectif : identifier l'aptitude de l'entreprise à rembourser un emprunt, ou à couvrir un découvert bancaire dans un délai raisonnable.

Le banquier utilise des méthodes de notation comportant une batterie de ratios qu'il considère adaptés à l'entreprise.

Ce que regarde un investisseur

L'investisseur souhaite avoir une vue globale du potentiel de l'entreprise (rentabilité à moyen-long terme, équilibre de financement...) et, en tant qu'apporteur de capitaux, il s'attache bien sûr à évaluer le retour sur investissement. L'appréciation du risque le conduira à déterminer le taux de rentabilité souhaité.

Il va mettre en évidence, à titre d'exemple :
- la rentabilité : résultat d'exploitation / chiffre d'affaires - EBE / chiffre d'affaires,
- la rentabilité financière : résultat net / fonds propres. Plus ce ratio sera élevé, plus il séduira un investisseur,
- la structure financière : capitaux propres / capitaux permanents,
- etc.

En résumé, un investisseur aura une approche qui se recoupe avec celle du banquier, mais là où le banquier regarde généralement les grandes masses financières (approche court-moyen terme), l'investisseur aura une approche plus dynamique et s'attachera davantage à la cohérence entre l'activité et les comptes (approche moyen long terme).

L'appui d'un expert pour faire les bons choix

L'expert-comptable accompagne les entreprises dans leur stratégie de financement et assiste les dirigeants dans la négociation avec les financeurs.
Les associés et les actionnaires ont investi dans l'entreprise. Avant de réaliser un investissement supplémentaire, ils auront également tout intérêt à faire appel à un expert-comptable qui les aidera à décrypter les comptes annuels.

Baker Tilly France en quelques chiffres :
· un réseau fédéraliste de 37 cabinets indépendants répartis sur l'ensemble du territoire français, y compris les départements d'Outre-Mer (Guadeloupe et Réunion) et dans la plupart des pays francophones d'Afrique (Bénin, Cameroun, Congo, Côte d'Ivoire, Gabon, Madagascar, Maroc, Tunisie, République Centre Afrique et Sénégal)
· date de création : 1974
· 159 experts-comptables diplômés et 1255 collaborateurs
· un siège basé à Paris avec une équipe de permanents
· chiffre d'affaires : 112 millions d'euros

Baker Tilly France est membre de Baker Tilly International :
· un réseau de 154 cabinets et 693 bureaux implanté dans 133 pays
· date de création : 1989
· placé au 8ème rang des réseaux au niveau mondial
· 27 000 associés et collaborateurs
· un siège basé à Londres avec une équipe de permanents
· chiffre d'affaires : 3,6 milliards de dollars US

www.bakertillyfrance.com

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Mercredi 20 Mai 2015




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