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Une nouvelle plate-forme d'accès à Swift dédiée aux trésoreries


Dans le contexte d'une concurrence exacerbée, les banques doivent exploiter tous leurs atouts pour attirer de nouveaux clients. Et le réseau de messagerie sécurisé Swift (Society for Worldwide Interbank Financial Telecommunication), à l'origine exclusivement interbancaire, en est un. BNP Paribas a décidé d'offrir aux grandes trésoreries un accès facilité à ce réseau par l'intermédiaire d'un service bureau.



« Il s'agit de démocratiser l'accès à Swiftnet sans dévaloriser pour autant ce réseau », explique Stéphane de la Fouchardière, responsable du développement Swift chez BNP Paribas. Dans cette optique, la banque a noué un partenariat avec la société OnFin, spécialisée dans les services liés à Swift, pour créer une plate-forme de connexion qui devrait voir le jour au second semestre 2006. Cette plate-forme, hébergée, exploitée et gérée par OnFin, donnera aux trésoreries qui le souhaitent un accès mutualisé à Swift.

Franchir le pas

BNP Paribas utilisera la nouvelle offre pour démarcher la clientèle des corporates (grandes entreprises). Avec l'espoir de capter davantage de flux pour son département de cash management. « A moyen terme, une centaine de grandes trésoreries pourraient être intéressées par le service de transfert de fichiers (FileAct), ajoute le responsable. Et une trentaine par une offre globale incluant FileAct et le service FIN (transfert de paiement unitaire). » Pour les trésoriers, l'offre présente de nombreux avantages et devrait les inciter à franchir le pas. Ne disposant généralement pas d'un service informatique dédié, le trésorier peut difficilement envisager de gérer un projet informatique important et d'assurer la maintenance en interne d'une infrastructure relativement lourde en raison des contraintes de sécurité exigées par Swift. Seuls quelques très grands groupes comme Arcelor et Total ont développé une structure interne. Mais surtout, grâce à la mutualisation de la plate-forme, le service bureau permet d'économiser entre 30 % et 50 % par rapport à un accès direct.

Dans la pratique, outre l'accès technique à la plate-forme, OnFin devrait également gérer la partie administrative liée à l'inscription au réseau Swift et au traitement des factures envoyées par le réseau. Olivier Ringard, directeur général délégué d'OnFin, a déjà une idée sur la future grille tarifaire. « L'offre de base comprend le service FileAct, permettant notamment la réception des relevés de compte bancaire, explique-t-il. Le forfait annuel s'élève à près de 20.000 euros, auxquels s'ajoutent un investissement de départ d'environ 10.000 euros et une partie variable annuelle dépendant du trafic. » Cette offre s'adresse en priorité aux très grosses trésoreries pour des entreprises dont le chiffre d'affaires est supérieur à 5 milliards d'euros. Pour celles qui souhaitent une offre globale incluant le service Fin (approprié pour les virements de trésorerie et les confirmation d'opérations de marché), le forfait s'établit à 35.000 euros par an.

Dans l'ensemble, Laurent Delaurière, directeur du département trésorerie du groupe Yves Rocher (2 milliards d'euros de chiffre d'affaires), est pleinement satisfait des services rendus par la plate-forme d'Euro Information, filiale informatique du groupe Crédit Mutuel-CIC. « Nous sommes connectés depuis novembre 2005 et nous prévoyons de faire passer en 2006 près de 600 millions d'euros de paiements fournisseurs par ce service qui nous coûte 30.000 euros par an », explique-t-il. La discrétion du service bureau - le message n'indique nullement son passage par Euro Information - est entrée en ligne de compte dans sa prise de décision. « Il importait aussi que le service bureau soit adossé à un établissement disposant d'une solide surface financière », ajoute le trésorier.

Un avenir prometteur

Mais comme dans toute opération d'externalisation, le risque n'est-il pas, pour l'entreprise, de se trouver pieds et poings liés au service bureau ou à la banque initiatrice ? Laurent Delaurière n'a pas d'inquiétude à ce sujet. « Il y a un routeur informatique dans les locaux d'Euro Information et un autre chez nous. Le débranchement éventuel et la connexion à un autre service bureau ne constituent pas des opérations complexes », affirme le trésorier.

Maintenant que le marché s'étoffe (Atos Euronext propose également un service bureau situé en Belgique), ce sont les services supplémentaires et la gestion effective des incidents qui devraient distinguer les différentes offres, « relativement semblables d'un point de vue technique », selon Hervé Postic. Et dans ce domaine-là, certains points méritent d'être perfectionnés. Par exemple, alors qu'OnFin s'engage à rétablir le service dans les deux heures en cas d'arrêt de connexion, la société n'a pas encore mis au point les éventuelles sanctions financières qui s'ensuivraient si cet engagement n'était pas respecté.

Malgré ces détails, la nouvelle offre BNP Paribas-OnFin dynamisera probablement un mouvement encore confidentiel. « Sur la dizaine de trésoreries ayant actuellement un accès Swift, estime Hervé Postic, associé-gérant du cabinet Utsit, deux ou trois passeraient par un service bureau. »

Article diffusé dans DSO-News avec l'aimable autorisation de l'Agefi Hebdo
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Lundi 8 Mai 2006
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