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Jeudi 9 Décembre 2021

Consommateurs des marchés émergents : prêts à utiliser les monnaies numériques des banques centrales (CBDC)


Le groupe technologique international Giesecke+Devrient (G+D) et le groupe de réflexion indépendant Official Monetary Financial Institutions Forum (OMFIF) publient aujourd’hui leur rapport sur les monnaies numériques des banques centrales (CBDC).



Selon ce dernier, les banques centrales doivent collaborer avec le secteur privé pour assurer une large disponibilité des CBDC pour les consommateurs et les sensibiliser aux avantages potentiels en termes de rapidité, de sécurité et de faible coût.

Le rapport comprend une enquête menée par Ipsos MORI pour le compte de l'OMFIF et de G+D, qui fournit des informations essentielles sur le comportement des consommateurs vis-à-vis d'un moyen de paiement numérique légal. L'enquête a été menée dans quatre pays : Allemagne, Indonésie, Nigeria et États-Unis, auprès de plus de 3 000 personnes. L'objectif de l'enquête était de se faire une idée des attentes et des préoccupations des consommateurs des pays développés et émergents et des distinctions entre ces économies.

Les résultats de l'enquête révèlent une nette différence d'attitude à l'égard des CBDC entre les consommateurs des pays développés et ceux des pays en développement. Au Nigeria - où un projet pilote de CBDC a été lancé en octobre - 91 % des personnes interrogées disent qu'elles sont susceptibles d'utiliser des CBDC, et 60 % des consommateurs le disent en Indonésie. Toutefois, ces pourcentages ne dépassent pas 24 % aux États-Unis et 14 % en Allemagne. Ces chiffres suggèrent que les CBDC pourraient permettre de faire un bond en avant dans les paiements sur les marchés émergents, où les systèmes sont moins développés, par rapport à des pays comme les États-Unis et l'Allemagne, où les consommateurs disposent déjà de nombreuses options de paiement.

La connaissance des monnaies numériques est également beaucoup plus importante dans les marchés émergents : plus de 40 % des consommateurs au Nigeria et en Indonésie connaissent le concept des CBDC, contre seulement 15 % aux États-Unis, bien que la moitié des consommateurs américains disent avoir entendu parler de crypto-monnaies comme le bitcoin plutôt que des CBDC.

Parmi les autres conclusions clés du rapport, figurent les suivantes :

L'attachement des consommateurs aux paiements en espèces reste fort, malgré les développements numériques et l'impact Covid-19. L'argent liquide est l'un des trois modes de paiement les plus fréquemment utilisés par 74 % des consommateurs dans les quatre pays.

La sécurité et la disponibilité sont les principales préoccupations des consommateurs concernant les paiements numériques dans leur ensemble, plus de 27 % d'entre eux déclarant ne pas être convaincus que ces paiements soient sûrs ou que les commerçants soient en mesure de les accepter.
Les monnaies numériques des banques centrales pourraient répondre à ces préoccupations : la sécurité et l'universalité sont citées par les consommateurs comme les deux principaux avantages potentiels des CBDC, par 33 % et 29 % des consommateurs respectivement.

Les consommateurs qui se disent prêts à utiliser les CBDC voient un large éventail d'utilisations potentielles, en complément des applications de paiement, des cartes, des portefeuilles mobiles et des espèces, ainsi qu'un outil d'inclusion financière.

"Les monnaies numériques des banques centrales présentent une chance historique de créer une nouvelle forme universelle de monnaie. L'acceptation par les consommateurs et l'utilisation est la clé du succès de toute monnaie numérique fournie par une banque centrale. Cette étude examine les moyens par lesquels la CBDC, en tant qu'infrastructure monétaire de base, pourrait être un moteur de l'innovation numérique, stimuler la croissance de l'économie numérique et développer l'inclusion financière", a déclaré Wolfram Seidemann, PDG de G+D Currency Technology. "C'est un appel à l'action pour intensifier le débat sur l'avenir de la monnaie".

"Alors que de nombreux acteurs de haut niveau de la finance et de la technologie débattent de la conception, de la fonction et de la portée des CBDC, il est d'une importance vitale de rappeler un point souvent oublié : pour que les monnaies numériques aient l'impact souhaité en termes de rapidité, de faible coût et de facilité des paiements, et pour atteindre des objectifs politiques tels que l'inclusion financière, les clients doivent être prêts à les utiliser. Ce rapport cherche à répondre à cette question clé : les consommateurs utiliseront-ils les monnaies numériques ?" a déclaré John Orchard, directeur général de l'OMFIF.

À PROPOS DE L'ÉTUDE :
L'enquête a été menée par Ipsos MORI dans quatre pays par le biais d'un questionnaire sur Internet afin d'atteindre le plus efficacement possible tous les pays. Le travail sur le terrain s'est déroulé du 20 août au 3 septembre 2021. La taille totale de l'échantillon se compose d'un peu plus de 3 000 répondants individus âgés de 16 à 74 ans. La taille de l'échantillon était de 1 001 en Allemagne et aux États-Unis, et de 500 en Indonésie et au Nigeria. Les résultats ont été pondérés de manière à ce que chaque pays compte de manière égale dans les chiffres totaux. Ils ont également été répartis en fonction de l'âge, du sexe et du revenu du ménage afin de refléter une représentation égale des différents profils démographiques.

Le rapport complet de l'enquête peut être téléchargé ci-dessous en fin d'article (PDF 25 pages).

À propos de Giesecke+Devrient
Giesecke+Devrient (G+D) est un groupe mondial de technologie de sécurité dont le siège est à Munich. En tant que partenaire des organisations les plus ambitieuses, G+D crée la confiance et sécurise les valeurs essentielles grâce à ses solutions. La technologie innovante de l'entreprise protège les paiements physiques et numériques, la connectivité des personnes et des machines, l'identité des personnes et des objets, ainsi que les infrastructures numériques et les données confidentielles.
G+D a été fondée en 1852. Au cours de l'année fiscale 2020, l'entreprise a réalisé un chiffre d'affaires de 2,31 milliards d'euros avec environ 11 500 employés. G+D est représentée par 74 filiales et coentreprises dans 32 pays.
www.gi-de.com

À propos d'OMFIF
L'OMFIF est un groupe de réflexion indépendant sur la banque centrale, la politique économique et l'investissement public, offrant une plateforme neutre pour l'engagement des secteurs public et privé dans le monde entier. Avec des équipes à Londres et aux Etats-Unis, l'OMFIF se concentre sur les thèmes de politique et d'investissement mondiaux concernant les banques centrales, les fonds souverains, les fonds de pension, les régulateurs et les trésors publics.
omfif.org




Laurent Leloup
Auteur de Blockchain, la révolution de la confiance
"La blockchain n’est pas la révolution tant annoncée, elle n’est que l’outil d’un monde lui-même entré en révolution"