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9/20 Matières premières à la dérive (20 propositions)


Je suis toujours en vadrouille dans cet ouvrage dirigé par Cécile Renouard et Gaël Giraud, « 20 propositions pour réformer le capitalisme ». Frederic Baule (1) a écrit ce neuvième chapitre, et ses pistes de solutions sont pour le moins radicale.



Rémy Mahoudeaux
Rémy Mahoudeaux
En substance, il attend du régulateur :

(i) qu'il mette fin à l'opacité de ces marchés en collectant et organisant la publication de données sur ses transactions, surtout afin de connaître le poids des ETF (2) ; et,
(ii) qu'il impose une « part de marché » substantiellement majoritaire (60%) des acteurs professionnels du secteur en permanence ; et,
(iii) qu'il limite quantitativement les positions sur les prochaines échéances ; et,
(iv) qu'il renonce à ce que les marchés de gré à gré intègrent les systèmes de négociation électronique ; et enfin,
(v) qu'il interdise le trading haute fréquence sur les matières premières.

Diantre, que d'interventionnisme !

Mais avant de rentrer dans le vif du sujet, merci à l'auteur de m'avoir appris et d'avoir mis en évidence ce paradoxe, ce serpent qui se mord la queue et qui me semble éloquent : depuis 1986 sur le marché « physique » des produits pétroliers, les prix sont fixés entre opérateurs à partir de formules prenant en compte non le spot, mais les prix issus des marchés à terme. Naïf que j'étais d'imaginer encore qu'un dérivé tirait sa valeur du prix de son sous-jacent, c'est depuis belle lurette l'inverse qui se passe ! Mais à y réfléchir, toute démarche de valorisation est une projection dans le temps, en général le futur. Dès lors, cette approche semble moins incongrue, si elle n'est pas d'emblée logique.

Je vous livre mes réactions et réflexions sur les propositions de ce chapitre :

Collecter l'exhaustivité des données de ces marchés pour ne pas rester dans un fog londonien, c'est se donner les moyens de mesurer l'ampleur et l'impact de ces marchés. Face à des marchés opaques, nul ne peut mesurer le risque de faire ou de laisser faire puisque nul ne peut rationaliser une décision sur une base avérée de faits et de données. C'est, à mon sens, une négligence coupable des régaliens régulateurs de ne pas avoir, dès le premier jour, imposé que les données de marché soient centralisées, disséquées, stockées, analysées : il est dès lors dans l'incapacité de juger « sur pièce ». Par contre, l'argument de l'auteur m'échappe et je ne comprends pas cette réticence pour ce qui concerne les marchés de gré à gré : toute opération effectuée ou a minima reportée au sein d'un système électronique est plus facilement utilisable à des fins statistiques.

A partir du moment où je crois (3) que la disproportion entre le volume des dérivés et le volume du sous-jacent est au moins partiellement à l'origine d'une volatilité amplifiée et d'une subséquente instabilité des marchés que je qualifierai de malsaine, je ne peux que souscrire à la tentation de vouloir « forcer » le marché à rester « soumis » aux professionnels du secteur qui devraient y traiter plus de la moitié du volume global. Il ne me semble pas excessivement difficile d'organiser un marché et de bâtir un carnet d'ordre et un outil de négociation dont le volume total croîtrait au fur et à mesure des transactions passées soit entre acteurs sectoriels, soit avec une au moins des parties qui relèverait de cette catégorie. Mais cela obligerait d'éventuels brokers à afficher a minima pour quelle catégorie de clients ils présentent un ordre sur le marché d'une part, et d'autre part de contrôler les professionnels du secteurs afin d'éviter qu'ils ne deviennent des « shadow bankers » sur leur secteur.

Je ne suis pas certain que la 3° proposition apporte quelque chose. Si la seconde était mise en œuvre, ce serait forcément une limitation apportée sur des couples (matière première ; échéance), y compris les échéances les plus proches. Dès lors je soupçonne une redondance.

Sur l'interdiction du trading haute fréquence que préconise Frédéric Baule pour les matière première, je renvoie à mon billet du 4 mai sur le sujet : « c'est un peu court » (4).

(1) Frederic Baule Bio : www.linkedin.com/pub/frederic-baule/40/784/264
(2) ETF = exchange traded fund – définition du Vernimmen : An exchange traded fund or ETF is a fund listed on the Stock Exchange which duplicates an index. It allows an investor to get an Exposure to an index without having to buy a Share in every company included in the index.
(3) Sans pour autant pouvoir le démontrer
(4) Lien vers ce billet : www.finyear.com/Transactions-a-haute-frequence-THF-c-est-un-peu-court-_a22757.html

Rémy Mahoudeaux
Managing Director, RemSyx
Mail : boss(at)remsyx(dot)com
 
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Bonne lecture !

Vendredi 15 Juin 2012
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