Quotidien Finance Digitale, Crypto Finance Daily News


              



Vendée Globe - Pour la Saint-Valentin ?


Vendée Globe
Difficile d'estimer précisément l'arrivée du prochain solitaire aux Sables d'Olonne car une grosse bulle anticyclonique barre le chemin des navigateurs qui doivent rallonger leur route en piquant vers le Nord-Nord Est. Samantha Davies semble toutefois bien partie pour en finir samedi et la Britannique pourrait même s'adjuger la troisième marche du podium !



Vendée Globe - Pour la Saint-Valentin ?
Pour la Saint-Valentin ?

Difficile d'estimer précisément l'arrivée du prochain solitaire aux Sables d'Olonne car une grosse bulle anticyclonique barre le chemin des navigateurs qui doivent rallonger leur route en piquant vers le Nord-Nord Est. Samantha Davies semble toutefois bien partie pour en finir samedi et la Britannique pourrait même s'adjuger la troisième marche du podium !

Le classement de 16 heures le 11/02/09
1- Michel Desjoyeaux (Foncia) arrivé aux Sables d'Olonne après 84j 03h 09'
2- Armel Le Cléac'h (Brit Air) arrivé aux Sables d'Olonne après 89 jours 9 heures 39 minutes et 35 secondes de course (après déduction de ses 11 heures de bonification)
3- Samantha Davies (Roxy) à 467,8 milles de l'arrivée
4- Marc Guillemot (Safran) à 608,2 milles de l'arrivée
5- Brian Thompson (Bahrain Team Pindar) à 994,2 milles
6- Dee Caffari (Aviva) à 1104,4 milles
7- Arnaud Boissières (Akena Vérandas) à 2003,4 milles
8- Steve White (Toe in the water) à 2583,5 milles
9- Rich Wilson (Great American III) à 4143,6 milles
10- Raphaël Dinelli (Fondation Océan Vital) à 5323,3 milles
11- Norbert Sedlacek (Nauticsport-Kapsch) à 5682,5 milles
RDG Vincent Riou (PRB), réparation accordée, classé 3e


L'Atlantique est pour le moins perturbé : après la tempête qui a balayé la Vendée lundi, ce sont les calmes qui prennent position dans le golfe de Gascogne. Et des calmes bien calmes car Météo France laisse entendre que cette grosse bulle ne générera pas des vents supérieurs à six nœuds ! Certes ce mercredi, l'ambiance est à la glisse tranquille, sous le soleil pour Samantha Davies (Roxy), sous un ciel gris et terne pour Marc Guillemot (Safran), sous un bon flux de Sud pour Brian Thompson (Bahrain Team Pindar) et Dee Caffari (Aviva). Mais c'est à partir de jeudi que la situation dégénère : l'anticyclone des Açores a des velléités de prendre ses quartiers en plein milieu du golfe, provoquant un flux d'Est le long des côtes espagnoles, du rien du tout en son centre et un faible régime tournant au Nord sur la face bretonne… Il va falloir zigzaguer entre les trous de vent et sur le papier, une route assez Nord pour finir en longeant les côtes semble la plus logique. Une configuration assez inhabituelle qui met de l'incertitude quant à la progression des quatre prochains solitaires à partir de jeudi soir.

L'étoile des mers
Quoi qu'il en soit, Samantha Davies est en train de réaliser une performance exceptionnelle car le délai de 50 heures de compensation vis-à-vis de Marc Guillemot semble de moins en moins suffisant au vu des conditions météorologiques de cette fin de parcours et surtout en raison de la prudence qui s'impose pour le Breton sur son monocoque sans quille… Il lui reste encore cinq jours de mer et il ne peut être en permanence aux aguets en voilant trop fortement son bateau : fatigue, plus repos, plus sécurité, plus vents instables rendent nécessaire une vigilance de tous les instants, incompatible avec des performances à la hauteur de l'enjeu. Ce n'est certes pas le scénario que la Britannique souhaitait mais de fait, si elle maintient son allure et ne s'avère pas trop ralentie dans les calmes du golfe de Gascogne, une arrivée samedi matin est tout à fait plausible. Il faudrait alors que Marc Guillemot en finisse avant lundi midi… Difficile même si ce n'est pas impossible.

Samantha Davies aura alors réalisé un tour du monde remarquable : elle finirait ainsi première de l'armada britannique qui comprenait tout de même sept représentants au départ le 9 novembre (Brian Thompson, Dee Caffari, Steve White, Mike Golding, Jonny Malbon, Alex Thompson) ! Elle terminerait deuxième femme sur un podium du Vendée Globe après Ellen MacArthur en 2000 et troisième étrangère par la même occasion (avec Mike Golding troisième en 2004)… Et comme elle devrait mettre 97 jours pour boucler la boucle, cela correspondrait quasiment au temps de Michel Desjoyeaux en 2000 (93j 03h 57') sachant que cette sixième édition du Vendée Globe était plus longue de 1 160 milles, soit 3-4 jours de mer en sus ! Définitivement star de ce Vendée Globe, par sa bonne humeur, son incroyable énergie, sa disponibilité pour transcrire ses émotions et son quotidien, Samantha Davies est devenue une nouvelle étoile des mers…

Baston par derrière !
Mais si la tête de la flotte vit des jours paisibles, il n'en est pas de même en queue de peloton : Norbert Sedlacek (Nauticsport-Kapsch) se fait de nouveau brasser par une dépression venue du Brésil. L'Autrichien doit affronter des vents de Nord de plus de 45 nœuds avec une mer très forte pour toute cette journée de mercredi et il devra patienter jusqu'à la nuit tombée pour voir le vent tourner au Sud-Est. Malheureusement, l'état de la mer ne rendra pas la navigation plus facile car il encaisse déjà des creux de plus de huit mètres ! Le scénario est presque identique pour Raphaël Dinelli (Fondation Océan Vital) bien qu'il y ait un décalage d'une demi-journée. La dépression orageuse va lui passer dessus la nuit prochaine avec plus de 55 nœuds de brise… Il va falloir faire le dos rond.

La situation est moins dantesque pour les trois autres solitaires encore en mer : Rich Wilson (Great American III) progresse à bonne allure dans des alizés d'Est qui tournent lentement au Sud-Est. Il reste à l'Américain un peu plus de 800 milles pour atteindre l'équateur, là où se positionne désormais le Pot au Noir. Une Zone de Convergence Inter Tropicale qui semble reprendre de la vigueur ces derniers temps ! Souhaitons que la configuration s'améliore d'ici trois jours quand le doyen du Vendée Globe abordera ce passage délicat. Quant à Steve White (Toe in the water), les alizés de l'hémisphère Nord sont toujours au rendez-vous de secteur Est : pour l'instant, tout va bien mais le Britannique va aussi rencontrer une zone de molle dans laquelle s'est fait piéger Arnaud Boissières (Akéna Vérandas). Ce dernier doit absolument gagner dans le Nord pour s'en extirper au plus vite, mais comment se présentera la fin de course ? L'Arcachonnais n'est pas très riche en énergie et doit sensiblement diminuer sa consommation…

Voix du large…

Marc Guillemot (Safran) « J'ai douze noeuds de vent et il y a toujours cette houle résiduelle, la mer n'est pas très agréable. Quand le vent mollit, ce qui était le cas ce matin, ça devenait vraiment difficile avec les voiles qui claquent et la mer qui continue à avoir de la houle. Le temps est gris - cette nuit, la visibilité était parfaite avec une lune superbe - mais là c'est très nuageux. C'était un peu chaud, cette nuit : j'ai eu trois alertes, il faut vraiment que je garde l'écoute au poignet, j'ai dû choquer en catastrophe, ça commençait à être un petit peu chaud, et dans les heures qui viennent, soit je considère que le bateau est bien sécurisé, soit j'enlève mon petit gennaker et ce serait la catastrophe en terme de vitesse... J'ai envie de penser à la performance, la troisième place est loin d'être acquise et je m'en voudrais vraiment de ne pas me battre pour la conserver. J'arriverai plutôt lundi, enfin, au portant je vois comment je me situe, mais au près, c'est plus difficile d'anticiper niveau performance. »

Samantha Davies (Roxy) « Maintenant, c'est le moment que je préfère - pouvoir avancer avec de grandes voiles dans la nuit noire. C'est un peu excitant, de laisser Roxy naviguer seul avec tant de puissance et il faut de l'entraînement pour arriver à dormir ! Heureusement, j'en ai plein !?J'ai déjà fait un petit somme, mais j'ai été brutalement réveillée quand mon lit (normalement horizontal) s'est brusquement penché et je me suis retrouvée en tas, à l'endroit où normalement étaient mes pieds... un petit "dérapage" causé par une très impolie, rafale à 22 nœuds ! J'étais sur le pont en quelques secondes pour relâcher la toile et Roxy s'est remis droit rapidement, le mât pointant dans la bonne direction !?Le seul souci fut que dans la précipitation, j'ai mis mes bottes aux mauvais pieds ! Je ne sais pas pourquoi mais ça m'arrive fréquemment tout au long de ce voyage. J'ai même écrit "bâbord" et "tribord" dessus mais ça n'a rien changé. Je m'en sers pour réaliser à quel point je suis fatiguée. Si je mets les deux bottes avant de réaliser qu'elles sont aux mauvais pieds, je suis vraiment trop fatiguée !?Il me reste un peu plus de 600 milles et ma dernière ETA est pour samedi au petit matin ! Bien que cela pourrait changer, car le vent semble assez faible et compliqué pour mes 200 derniers milles... »

Arnaud Boissières (Akéna Vérandas) : « En ce moment, pour économiser le gazole, c'est assez simple : tout est éteint à part le pilote. J'allume l'ordinateur trois fois par jour au moment des classements et je me passe de celui édité la nuit car l'éolienne tourne mais ne produit pas suffisamment d'électricité. C'est moins gênant que pendant la descente de ne plus avoir de classement car je n'ai personne à surveiller en particulier. Il faut mieux que ça arrive maintenant. Je pense que j'aurais assez de carburant pour terminer mais je souhaite qu'il m'en reste pour le golfe de Gascogne afin de pouvoir ballaster. Parfois quand il n'y a pas de vent, je choisis de garder mes ballasts remplis en attendant que le vent rentre à nouveau. La nuit, je conserve mes feux de mât et l'AIS qui consomme très peu, est constamment allumé. Hier, un cargo était à 9 milles et c'est grâce à ce système qu'il m'a repéré. J'ai également arrêté de regarder des films depuis longtemps et mon seul loisir est d'écouter de la musique grâce au casque, et je ne le fais que lorsqu'il y a du soleil car l'Ipod est branché sur l'allume-cigare. J'économise également en prenant peu de fichiers météo. Ce n'est pas gênant en ce moment sur le plan sportif car il n'y a qu'une chose à faire, c'est gagner dans le Nord. Ce n'est pas un drame, mais c'est frustrant d'avoir tant de matériel à bord et de ne pas pouvoir m'en servir. »

www.vendeeglobe.org

Mercredi 11 Février 2009
Notez


Nouveau commentaire :
Twitter

Your email address will not be published. Required fields are marked *
Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Finyear: latest news, derniers articles

Recevez notre newsletter quotidienne comme plus de 40.000 professionnels de la gestion et de l'innovation financières


LE TRESORIER


Cryptocurrencies


Finyear - Daily News