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FMI : Nouveau financement et priorité à l’assainissement des banques


Le FMI salue le prêt du Japon et mise sur un doublement de ses ressources. Risques de financement pour les pays émergents en 2009. La reprise devra passer par l’assainissement des banques.



Mettant en garde contre les graves retombées de la crise financière mondiale sur les pays émergents et à faible revenu, le Directeur général du FMI, Dominique Strauss-Kahn, déclare miser sur un doublement des ressources du FMI, à 500 milliards de dollars EU, et remercie les autorités japonaises pour avoir donné le ton en apportant 100 milliards de dollars EU.

Répondant aux questions de la presse à l’issue de la rencontre du Groupe des Sept principaux pays industrialisés (G-7) tenue à Rome les 13 et 14 février derniers, M. Strauss-Kahn a rappelé que les pays industrialisés traversaient une grave récession et que celle-ci allait bientôt entraîner le reste du monde.
Il a précisé que pour combattre la crise financière mondiale, outre les plans de relance programmés, il faudra impérativement restructurer les banques en difficulté et assainir le secteur financier.

Dans un communiqué, les ministres du G-7 ont manifesté leur détermination à agir de manière concertée pour relancer l’économie mondiale et l’emploi et renforcer le secteur financier tout en rejetant les appels au protectionnisme. La rencontre du G-7 coïncidait avec le vote du Sénat des États-Unis en faveur d’un plan de relance de 787 milliards de dollars EU que le Président Barack Obama pourra désormais promulguer.

Élargir les ressources du FMI
Les ministres ont appuyé une proposition visant à accroître les ressources mises à la disposition du FMI pour aider les pays touchés par la crise, signalant dans leur communiqué : «Nous convenons qu’un FMI réformé, doté de ressources additionnelles, est crucial pour réagir de manière efficace et adaptée à la crise actuelle».
Le FMI et le Japon ont signé à Rome un accord d’emprunt de 100 milliards de dollars. M. Strauss-Kahn a précisé qu’il entendait doubler les ressources permettant de financer des emprunts, pour les porter à 500 milliards de dollars EU [lire l’article sur le prêt du Japon].
Il a déclaré aux journalistes présents : «En termes concrets, le prêt du Japon est le résultat le plus important du sommet… Je tiens à remercier les autorités japonaises pour avoir donné le ton... Mon objectif reste de doubler les ressources (du FMI)… Il s’agit du prêt le plus important de l’histoire de l’humanité».

Pourquoi le FMI a-t-il besoin de plus de fonds ?
Pour l’instant le FMI s’est engagé à prêter quelque 50 milliards de dollars EU à plusieurs pays touchés par la crise, dont le Belarus, la Hongrie, l’Islande, la Lettonie, le Pakistan, la Serbie et l’Ukraine. Un accord de précaution a été annoncé en faveur d’El Salvador le mois dernier et une équipe des services du FMI a engagé des négociations avec la Turquie.
L’économie mondiale étant pratiquement au point mort et les flux d’échanges et de capitaux s’inscrivant en net retrait, M. Strauss-Kahn craint que les problèmes ne s’aggravent pour les pays en développement durant l’année à venir : «En 2009, les pays en développement vont connaître un véritable problème de financement d’une grave intensité».
Le FMI doit être prêt à agir vu l’assèchement des flux de capitaux privés, car, selon lui, «les excédents qu’affichaient encore les pays émergents en 2008 vont fondre comme neige au soleil».

Fonds concessionnels
Le Directeur général a rappelé que les pays à faible revenu vont souffrir des retombées de la crise mondiale.
Il a ainsi précisé : «Je ne veux pas parler de financement sans parler des pays les plus pauvres. Je veux également doubler les ressources concessionnelles».
Le FMI et la Banque mondiale prêtent aux pays à faible revenu à des conditions dites concessionnelles pour les aider à financer leur développement.

Assainir les banques
Avant la réunion, M. Strauss-Kahn a salué les mesures de relance budgétaire annoncées par plusieurs grands pays industrialisés et émergents, ajoutant qu’il était maintenant essentiel d’entreprendre leur exécution.
À Rome, M. Strauss-Kahn a déclaré à la presse qu’il fallait maintenant franchir l’étape cruciale de l’assainissement du secteur bancaire : «Aujourd’hui le problème n’est plus vraiment celui de la relance, mais celui du secteur bancaire et de sa restructuration».
«Les marchés du crédit demeurent perturbés… il est absolument nécessaire de restructurer le secteur financier.»
«Nous devons vérifier la viabilité de chacune des banques, au cas par cas. Si une banque est viable, il faut l’aider en lui apportant des fonds publics. Si elle ne l’est pas, il faut l’aider à trouver un repreneur.»

Une démarche délicate au plan politique
M. Strauss-Kahn a reconnu qu’il est politiquement difficile de mobiliser une aide supplémentaire de l’État alors que l’on peut légitimement penser que c’est le secteur bancaire qui est à l’origine de la crise. Mais il est important de le faire, faute de quoi la reprise ne sera pas au rendez-vous. Le FMI a étudié 122 crises bancaires survenues dans diverses régions du monde et il en ressort que les bilans doivent être assainis pour permettre une reprise de l’activité réelle.
«Le secteur bancaire ne peut commencer à prêter que lorsqu’il se sera allégé et assaini.»

Traduction d’un article paru dans le Bulletin du FMI en ligne sur :
www.imf.org/imfsurvey:// www.imf.org/imfsurvey

Jeudi 26 Février 2009
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