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Services informatiques : Une croissance tirée par les pays émergents


Dans leur étude intitulée «Services informatiques : le défi du ralentissement de l’économie mondiale», les experts économiques et les experts métiers de l’assureur-crédit Euler Hermes SFAC examinent les perspectives du secteur au niveau international. Ils soulignent que la croissance économique mondiale est moins favorable aux services informatiques mais ceux-ci restent tirés par la croissance des pays émergents. En France, la croissance du secteur reste soutenue : elle est estimée à 6 % en 2007 et 7 % en 2008 en volume. Euler Hermes SFAC prévoit cependant une érosion de la rentabilité des entreprises ainsi qu’une reprise potentielle des défaillances.




Services informatiques : Une croissance tirée par les pays émergents
1. Le marché mondial des services informatiques face au ralentissement de la croissance

- Une part croissante des services dans les dépenses informatiques mondiales
L’évolution des dépenses informatiques mondiales en valeur depuis 1996 montre que le secteur est en croissance sur le long terme. Le marché IT représentait 662 milliards d’euros en 1996, et 1 176 milliards d’euros en 2008, soit une progression annuelle moyenne de 5 % sur 12 ans.
La croissance provient des activités de services et de réalisation de logiciels, dont la part n’a cessé de croître par rapport aux ventes de matériel : elle atteint désormais 65,8 % du total, soit 774 milliards d’euros vs 402 milliards d’euros pour les ventes de matériel.
« De 1996 à 2008, les ventes de matériel ont progressé de 2,4 % par an, alors que les services ont progressé de 6,5 % par an », commente Didier Moizo, conseiller sectoriel Euler Hermes SFAC.

- Des volumes en croissance soutenue, mais une faible croissance des prix
Depuis 2003-2004, Euler Hermes SFAC constate que les prix se sont stabilisés. Ils ont augmenté de 0,5 % en moyenne annuelle en raison d’un marché fortement concurrentiel. Les volumes, eux, ont progressé de 7,2 % en moyenne annuelle depuis 2004.

- La croissance économique mondiale est moins favorable aux services informatiques
« En superposant l’évolution de la croissance économique mondiale, mesurée en taux de progression du PIB, et l’évolution des services informatiques mondiaux - taux de progression des volumes - on peut anticiper la progression du secteur des services informatiques en volume : soit : 7,5 % en 2007 (pour un PIB de 3,5%), et 6,5 % en 2008 (pour un PIB de 3,3%) », observe Didier Moizo, conseiller sectoriel Euler Hermes SFAC.

- Poussée des pays émergents et en particulier de l’Asie
L’évolution de la répartition des services informatiques mondiaux entre 2005 et 2008 confirme la poussée des pays émergents, et tout particulièrement de l’Asie (+15 % en volume en 2007 vs 2006). L’Europe se maintient, voire progresse légèrement. Les pays anglo-saxons réalisent désormais moins de la moitié du secteur (47,8 % en volume vs 52,6% en 2005).

- Les principaux acteurs mondiaux bénéficient des effets de la croissance
Parmi les 17 acteurs mondiaux et européens étudiés*, 6 sont d’origine anglo-saxonne. En éliminant les effets des variations de taux de change depuis 2003, Euler Hermes SFAC a dressé un compte d’exploitation agrégé de ces acteurs.
« La rentabilité des 17 acteurs retenus s’est régulièrement améliorée depuis 2004. Elle devrait continuer à s’améliorer jusqu’en 2008. Cette performance est d’autant plus significative que le rythme de progression de l’activité a ralenti », commente Magali Zaffran.

2. Croissance soutenue des services informatiques en France, mais pression sur les marges

- La croissance du secteur est reliée à l’évolution de la croissance de l’économie, comme au niveau mondial
En France, la croissance du PIB détermine fortement l’évolution du secteur des services informatiques (en volume). La croissance du secteur devrait être de 6 % en 2007, et de 7 % en 2008. Son rythme est toutefois moins élevé, en valeur, depuis 2004 que dans la période 1998-2001.

- Croissance en volume sans reprise des prix
Depuis 2004, les prix des services informatiques sont stationnaires : ils n’augmentent que de l’ordre de 0,5 % par an. Malgré la reprise significative de la demande, les volumes augmentent sur la même période de 7,3 % en moyenne annuelle. Ce contexte, nouveau, est déterminant sur l’évolution des sociétés du secteur. En valeur, le rythme de croissance des services informatiques est inférieur à son niveau antérieur. La croissance annuelle moyenne est passée de 14,3 % entre 1998-2001 à 7,8 % entre 2004-2008. Comme au niveau mondial, la décomposition de cette croissance confirme le rôle prépondérant des volumes.

- Des gains de productivité réalisés en 2004 difficiles à réitérer
Les entreprises sont contraintes de gérer de façon extrêmement étroite l’évolution de leurs coûts, et notamment de leurs effectifs. Elles sont ainsi parvenues à réaliser des gains de productivité au cours des années 2004 et 2005. Mais cette performance est difficile à réitérer. Les coûts salariaux progressent plus vite que les prix de vente. Du 2ème trimestre 2004 au 2ème trimestre 2008, la hausse annuelle moyenne des coûts unitaires serait de 1,3 % et celle des prix de moins de 0,5 %. Les coûts salariaux unitaires dans les services informatiques progressent de façon plus rapide que les prix de ces services. L’écart continue de se creuser et va peser sur les performances des entreprises du secteur.

3. Erosion de la rentabilité en perspective

Euler Hermes SFAC a constitué un échantillon, à partir de sa base d’entreprises, qui reprend les principaux codes NAF significatifs correspondant aux activités de services et de réalisations de logiciels de la nomenclature de l’INSEE.

- Redressement de la rentabilité des acteurs jusqu’en 2006
Le compte de résultat simplifié du secteur montre que la rentabilité de ces sociétés s’est sensiblement redressé à partir de 2004, et ce jusqu’en 2006. Les experts de l’assureur-crédit constatent en 2006 un infléchissement : un gain de rentabilité de 0,5 point à 6,3 %, après 1,7 point en 2005 à 5,8 %, et 1,8 point en 2004 à 4,1%.

- Erosion de la rentabilité avérée à partir de 2007
Compte tenu de l’évolution de la demande, des prix et des coûts salariaux unitaires, la rentabilité des sociétés de services informatiques va se dégrader en France. « Le ratio résultat d’exploitation rapporté au chiffre d’affaires va continuer de s’éroder : il est estimé à 6 % en 2007 et 5,7 % en 2008 » observe Magali Zaffran.

- Un secteur composé majoritairement de PME
L’analyse de la composition de l’échantillon constitué par Euler Hermes SFAC met en évidence l’existence de deux pôles d’entreprises: 3,5 % des entreprises - de plus de 15 millions d’euros de chiffre d’affaires - réalisent 69 % du chiffre de l’activité et donc 96,5 % des entreprises - de moins de 15 millions d’euros de chiffre d’affaires - réalisent 31 % de l’activité.
* IBM, Accenture, LogicaCMG, EDS, Atos origin, Fujitsu, HP Services, CSC, Capgemini, T-systems, Altran, EDB, Getronics, Indra, TietoEnator, Sopra, Steria

- Des performances inférieures dans les petites entreprises
La rentabilité des petites entreprises est inférieure à celle des grandes entreprises, elles-mêmes en deçà des performances mondiales. Les experts d’Euler Hermes SFAC constatent un écart de 1,6 point de rentabilité entre les grandes et les petites entreprises : 6,8 % contre 5,2 % en 2006.
- Signaux de reprise potentielle des défaillances
La baisse tendancielle du nombre de défaillances constatée depuis mi-2002 s’est fortement ralentie à partir de 2004. Elle pourrait s’inverser compte tenu des difficultés d’exploitation croissantes des entreprises du secteur. Cette fragilité est confirmée par l’évolution du taux de défaillance. Après la crise aigüe de 2002, le taux de défaillance du secteur a rejoint le taux de défaillance moyen (soit 1,7 %), auquel il va être difficile de se maintenir.

« Au niveau mondial, le contexte économique est moins favorable aux services informatiques même s’ils restent tirés par la croissance des pays émergents. On observe également une réduction de la part, encore importante, des pays anglo-saxons et une évolution positive des pays européens avec un taux de marge élevé. En France, l’activité est soutenue, mais sans reprise des prix. Les conditions d’exploitation sont caractérisées par des charges salariales croissantes et une érosion des marges en perspective. Ce secteur est à l’image de l’environnement économique avec des incertitudes marquées à l’horizon 2008. Cette fragilité conjoncturelle nous amène à une plus grande vigilance dans l’appréciation de nos risques », conclut Nicolas Delzant, directeur des engagements et du recouvrement Euler Hermes SFAC.

www.eulerhermes.fr

Lundi 22 Octobre 2007
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