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Ca chauffe à l’est !


Les dernières données conjoncturelles en provenance des pays d’Europe de l’Est et des pays baltes font état d’une inquiétante surchauffe. Les chiffres de la croissance du PIB pour le deuxième trimestre ont été excellents presque partout : +6% sur 1 an en république tchèque, +6,7% en Pologne, +5,6% en Roumanie, +8% en Lituanie…




  • Le problème vient de ce que, dans le même temps, les déséquilibres macroéconomiques se sont considérablement accrus. En août, l’inflation a atteint 5% en Roumanie, 10,1% en Lettonie et même plus de 12% en Bulgarie. Certes, les tensions sur les cours de l’énergie et des matières premières se sont répercutées dans tous ces pays sur les prix à la consommation (comme en Hongrie, en Grèce ou en Turquie). On sait en outre que les récoltes ont été mauvaises en Europe de l’Est en raison des inondations de cet été (en Roumanie en particulier), ce qui a tiré les prix vers le haut.

  • Il n’empêche, ces augmentations de prix reflètent plus généralement le manque de concurrence dans le secteur de la distribution, mais aussi des politiques économiques (budgétaires et monétaires) encore souvent trop expansionnistes. Il faut ajouter à cela le fait que les salaires progressent parfois sur des rythmes supérieurs aux gains de productivité, et incompatibles avec le maintien d’une inflation à un niveau raisonnable.

Ca chauffe à l’est !
  • Les dernières données conjoncturelles disponibles sur la Lettonie sont particulièrement frappantes. Le déficit de la balance courante avoisine désormais 30% du PIB. L’inflation est supérieure à 10%, et les salaires augmentent à un rythme annuel proche de 35%. Le glissement annuel du crédit au secteur privé est supérieur à 45%. Dans ce contexte, un risque de désaffection brutal des marchés financiers est une option possible. L’agence de rating Fitch vient d’ailleurs de dégrader la note du pays, pointant notamment du doigt l’absence d’une politique économique plus restrictive capable de faire ralentir la demande globale. Une telle désaffection pousserait le taux de change vers le bas, ce qui augmenterait mécaniquement le prix des importations, aggravant ainsi les tensions inflationnistes.

  • Ainsi, dans les pays d’Europe de l’Est comme dans les pays baltes, les politiques macroéconomiques devraient se faire résolument plus restrictives, conjuguant hausse des taux d’intérêt, contrôle plus strict des salaires des fonctionnaires voire, dans certains cas, à l’image de ce qu’a fait la Hongrie, augmentation de la TVA.

Ca chauffe à l’est !

Nicolas Bouzou - Gérant de ASTERES (Analyses et Prévisions Economiques)
Nicolas Bouzou est à votre service pour animer ou diriger vos conférences :


Jeudi 20 Septembre 2007
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