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Les comportements de paiement des entreprises européennes se détendent sur le 1er trimestre 2010


À 14,4 jours, les retards de règlement, encore hauts, sont à leur meilleur niveau depuis un an et demi.




Les entreprises allemandes et néerlandaises continuent de tirer la performance européenne ; leurs voisines françaises se maintiennent sur le podium. Les paiements restent sous pression en Belgique, s’améliorent sensiblement en Italie et plus faiblement en Irlande ainsi qu’au Royaume-Uni où ils se dégradaient sans cesse depuis trois ans.
En revanche, les comportements de paiements se détériorent encore en Espagne et au Portugal où les fournisseurs doivent supporter des décalages de paiements toujours plus longs.

Le spécialiste de la connaissance inter-entreprises Altares, membre du réseau mondial Dun & Bradstreet, constate qu’au premier trimestre 2010, les entreprises européennes payent leurs fournisseurs avec un retard moyen de 14,4 jours. Ce décalage de règlement reste élevé mais a tendance à se réduire. En effet, l’analyse, par le programme international DunTrade1, des balances âgées des entreprises, permet d’observer qu’après avoir approché les 15 jours entre l’automne 2008 et le printemps 2009, les retards de paiement se sont stabilisés sur le second semestre 2009 à 14,8 jours pour atteindre désormais 14,4 jours.

Ils se situent à leur meilleur niveau depuis un an et demi mais demeurent supérieurs de 2 jours à ce qu’ils étaient avant la crise. Cette dernière aura pesé sur la qualité des paiements des entreprises européennes mais de façon moindre que ne l’avait fait celle de 2002-2003. À l’époque, les retards de paiement avait culminé à plus de 15 jours.

Sur ce premier trimestre 2010, moins d’une entreprise sur dix (9,5 %) paye ses fournisseurs avec plus de 30 jours de retard par rapport aux délais initialement négociés. Ce taux s’améliore en comparaison des 10 % constatés fin 2008 mais demeure supérieur d’encore 2 % par rapport à ce qu’il était en mars 2008.

Dans une Europe où les paiements se détendent, l’Espagne et le Portugal décrochent.
L’Allemagne, la France et les Pays-Bas ont favorablement contribué à ce que la moyenne européenne des retards de paiement ne dérape pas excessivement durant la crise. L’Allemagne et les Pays-Bas renforcent encore leur leadership sur ce premier trimestre 2010. Les retards de paiement y atteignent des niveaux historiquement
bas à respectivement 9 jours et 9,5 jours. En France, les reports de règlement, globalement stables sur un an, baissent légèrement sur trois mois à 11,8 jours contre 11,9 fi n 2009.

Dans ces pays, les règlements reportés de plus de 30 jours sont peu nombreux : 4,3 % aux Pays-Bas, 5,1 % en Allemagne et 5,7 % en France. Ces taux faibles offrent des perspectives encourageantes pour les entreprises ; ils traduisent en effet leur meilleure capacité à résister et développer leurs affaires. La corrélation entre retards
de paiement et défaillances d’entreprises est, depuis longtemps, constatée par Altares au travers des mesures de performance de ses scores de risque. Les entreprises retardant leurs règlements fournisseurs de plus de 30 jours présentent une probabilité de défaillance multipliée par six. Les entreprises allemandes, françaises et
néerlandaises sont donc dans une confi guration meilleure que leurs consoeurs européennes.

En effet, en Belgique où les retards de paiement se stabilisent au-delà de 14 jours, 8,6 % des entreprises décalent le règlement de leurs fournisseurs de plus de 30 jours au-delà du terme initialement prévu.

L’amélioration des comportements de paiement des entreprises italiennes est sensible. Les retards de paiement s’établissent sur le premier trimestre 2010 à 16,8 jours contre 18,4 jours il y a trois mois et 19,4 jours il y a un an. Les reports de règlement italiens sont au plus bas depuis le début de l’été 2008. Malgré ce redressement,
la proportion de paiements très tardifs reste élevée ; 12,7 % sont décalés de plus de 30 jours.

Au Royaume-Uni, les comportements de paiement des entreprises n’ont cessé de se dégrader du printemps 2007 (12,3 jours) jusqu’en fi n 2009 (18,8 jours). Ce premier trimestre 2010 marque la toute première inflexion depuis près de 3 ans ; les retards de paiement demeurent hauts mais en recul à 18,4 jours. Les reports importants
sont encore nombreux ; 13,1 % des entreprises britanniques règlent leurs factures avec des retards de plus de 30 jours. Le voisin irlandais offre des tendances proches ; en moyenne, les paiements sont différés de 18,6 jours et 11,6 % le sont de plus de 30 jours.

Dans cet environnement mieux orienté, l’Ibérie continue pourtant de sombrer. Sur ce premier trimestre 2010, en Espagne, les retards de paiement atteignent des pics historiques. Aux délais contractuels déjà très longs (90 à 120 jours), s’ajoutent des retards de plus de 22 jours (22,5). Les fournisseurs doivent donc attendre des mois
le règlement de leurs factures. Les retards sont même souvent bien plus longs puisque 17,7 % des entreprises espagnoles décalent leurs paiements de plus de 30 jours. Chiffre encore plus inquiétant, 7,7 % reportent les paiements de plus de 120 jours. Et cet indicateur s’accélère ; sur le premier trimestre 2009, ce taux était deux
fois moindre (3 %).

Le voisin portugais est dans une situation tout aussi peu enviable avec des retards de paiement de 25,6 jours en moyenne. Près d’une entreprise sur cinq (19,4 %) reporte ses paiements de plus de 30 jours. Les comportements de paiement tendent à s’améliorer dans tous les secteurs.

Illustration d’une amélioration des comportements de paiement des entreprises, l’Immobilier enregistre un premier recul des retards de règlement après 3 ans de hausse ininterrompue. Ceux-ci s’établissent sur le premier trimestre 2010 à 18,7 jours. Encore très au-dessus des 13 jours affi chés fin 2006, ils baissent néanmoins de 2 jours en seulement trois mois.

Dans le Bâtiment, l’amélioration est moins fl agrante que dans l’Immobilier mais les retards de paiement y avaient moins dérapé. Ceux-ci restent au-dessus de 14 jours, cap franchi durant l’été 2008 ; Sur le premier trimestre 2010, ils s’établissent à 14,5 jours contre 14,9 jours en fin d’année 2009.

Le Commerce de détail comme le Commerce inter-entreprises est bien orienté. Dans le premier, les retards de paiement tombent en-dessous de 16 jours (15,7 jours, - 0,5 jour en trois mois) et dans le second ils approchent les 14 jours (14,1 jours, - 0,4 jour en trois mois).

Dans l’Industrie, les comportements de paiements sont globalement stables depuis un an autour d’une moyenne européenne située à 14 jours sur le premier trimestre 2010. Les retards de paiement des entreprises européennes de Services, calés au-dessus de 14 jours depuis fi n 2008, retombent à 13,9 jours sur ce début d’année 2010.

Durant 2009, les retards de paiement des Transporteurs ont été très linéaires à 15,9 jours. Ce premier trimestre, ils se détendent légèrement à 15,7 jours.
Les organismes publics, souvent supposés être de très lents payeurs, montrent pourtant l’exemple ce trimestre encore. Les retards de paiement de l’Administration sont en passe de descendre en-dessous de 12 jours sur ce premier trimestre 2010. C’est la meilleure performance en Europe.

« Si la fragilité des finances publiques de quelques pays a tendance à faire planer une incertitude sur le dynamisme de la reprise en Europe, la réalité de cette dernière, même molle, est malgré tout partagée », note Thierry Millon, responsable des analyses Altares.

« L’étude trimestrielle Altares constate ainsi un assouplissement des paiements inter-entreprises sur ce début d’année 2010. La tendance amorcée est encourageante quant à la capacité des entreprises à pouvoir se développer. Moins de retards de paiement, c’est du cash disponible plus vite pour accompagner sa croissance. Mais des millions d’entreprises européennes souffrent encore de retards de paiement de leurs clients, freinant leur croissance ou pire les contraignant à engager une procédure d’insolvabilité. Rappelons que le quart des défaillances d’entreprise a pour origine des retards de paiement. C’est pour combattre cette réalité que les députés européens de la commission parlementaire ont adopté ce 28 avril 2010 la proposition visant à ramener, dans les états membres, les délais de paiement à 30 jours.

Toutefois, les incitations réglementaires pourront au mieux modifi er les curseurs de gestion mais ne sauraient se substituer à une démarche volontaire de sécurisation interne des transactions commerciales. Connaître ses prospects, suivre la solvabilité de ses clients ou fournisseurs stratégiques, analyser voire comparer sa balance âgée ; autant de refl exes simples permettent de repérer très en amont les décalages de règlement de ses clients et piloter efficacement son entreprise».

Source Altares

Mardi 11 Mai 2010
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