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Les PME suisses s'arment pour la nouvelle vague de mondialisation


Quatrième grande enquête du Credit Suisse auprès des PME intitulée «Grandes tendances. Chances et risques pour les PME»




Pour la quatrième fois, les économistes du Credit Suisse ont interrogé près de 1800 petites et moyennes entreprises (PME) sur une sélection de grandes tendances. Or ces PME considèrent la mondialisation, le changement de valeurs et la démographie avec moins d'optimisme que l'année précédente. En effet, il semble que les risques structurels s'ajoutent de façon beaucoup plus marquée aux risques conjoncturels. La mondialisation, principal thème de cette année, est encore considérée d'un œil favorable par une faible majorité des PME suisses. Bien qu'elles soient de plus en plus nombreuses à saisir les opportunités que présentent les exportations, la charge de travail administratif imposée par les autorités, le manque de partenaires et la méconnaissance des marchés cibles freinent leur activité internationale. Face à la pression importatrice, elles se montrent combatives et adoptent des mesures stratégiques témoignant de leur capacité d'anticipation.

Les grandes tendances modifient durablement notre économie et notre société. Pour la quatrième fois, les économistes du Credit Suisse publient une étude dont les thèmes sont abordés du point de vue des petites et moyennes entreprises (PME). Pour ce faire, ils ont interrogé dans toute la Suisse près de 1800 chefs d'entreprise de différents secteurs sur les six grandes tendances, à savoir la démographie, la pénurie des ressources, le changement de valeurs, le progrès technologique, la société de la connaissance et la mondialisation, cette dernière étant le thème principal de cette année. Suite à la crise, les opportunités et les risques de la mondialisation se retrouvent à nouveau sous les feux de la rampe. «Les entreprises suisses étant très souvent orientées sur les marchés internationaux, la dynamique de notre marché intérieur à moyen terme est par conséquent très étroitement corrélée à leurs performances à l'exportation», rappelle Jean-Marie Salina, chef de la clientèle PME pour la Région Genève.

La mondialisation, une chance pour les exportations: les PME veulent prendre part à leur croissance

Au cours des cinq années qui ont suivi la récession de 2003 jusqu'au pic du boom économique en 2008, les exportations suisses de biens ont affiché une progression de valeur de 8,8% par an. Par ailleurs, leur géographie, considérée sur une période plus longue, a nettement changé. En effet, de 1991 à 2009, les exportations vers les pays du BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine) se sont multipliées par cinq. Compte tenu de la crise de l'endettement des pays industrialisés, cette progression devrait encore s'accentuer à moyen terme, ce qui débouchera sur une nouvelle vague de mondialisation issue des pays émergents. Plus la croissance des exportations suisses se prolonge, plus elle bénéficie du soutien de nombreuses PME, pas seulement de celui des grandes entreprises.

Les PME profitent davantage des ouvertures de marché

Lorsque les marchés manquent de transparence, les PME atteignent rapidement leurs limites étant donné qu'elles sont moins bien armées que les grandes sociétés face aux complications administratives et au coût de l'insécurité juridique. De ce fait, les PME exportatrices profitent davantage des ouvertures de marché. Toutefois, de nombreuses barrières entravent leur prospection systématique des débouchés internationaux: il s'agit notamment du manque de partenaires, de la méconnaissance des marchés cibles et de la «paperasserie» exigée par les autorités étrangères et suisses. En revanche, les questions de financement et la maîtrise des langues y jouent un rôle mineur. Enfin, ces obstacles étant encore plus marqués dans les pays émergents à croissance rapide que sur les marchés matures, l'implantation des PME suisses y est également freinée.

Les PME résistent à la pression importatrice croissante

La forte croissance du volume des importations et la présence d'entreprises étrangères sur notre marché domestique accentuent nettement la pression importatrice dans un grand nombre de secteurs d'activité. Tandis que le recours à des prestataires étrangers dans le commerce de détail alimentaire ou pour les commandes de véhicules ferroviaires rencontre encore des réticences, les produits étrangers ont rapidement inondé le commerce de détail non alimentaire. L'évolution est similaire dans bon nombre d'autres secteurs. Les PME suisses se montrent cependant confiantes. En effet, 70% d'entre elles affirment qu'elles n'ont pas perdu de parts de marché au profit de concurrents étrangers sur le marché domestique au cours des trois dernières années.
Les contre-mesures prises par les PME témoignent de leur capacité d'anticipation

Face à la pression importatrice, les PME suisses adoptent principalement des mesures stratégiques à long terme. Près de 50% des chefs d'entreprise interrogés expliquent qu'ils misent sur l'amélioration de la qualité et l'innovation, quelque 30% réorientent leurs produits ou leur marque, et 15% environ réduisent leurs coûts. Seule une minorité opte pour d'autres moyens tels que le rachat de concurrents ou l'externalisation. Rares sont ceux que la pression inflationniste a contraint d'abandonner un segment de marché. Dans l'ensemble, les PME ne restent donc pas figées dans un état de crainte face à la menace de pertes de parts de marché, mais prennent des mesures axées sur l'avenir.

Exigences des PME adressées aux responsables politiques

Interrogées sur les points que la Suisse devrait améliorer afin de soutenir à moyen terme la concurrence internationale, plus de la moitié des PME ont cité la charge de travail administratif requise par les autorités helvétiques. Une sur trois demande à ce que la Suisse intensifie ses relations avec l'étranger, mais seulement 10% évoquent, dans ce contexte, l'adhésion à l'UE. La troisième revendication est la systématisation des efforts pour combattre l'îlot de cherté suisse.
Regard plus pessimiste sur l'avenir

Encore 49% des PME (contre 54% en 2009) estiment globalement que les six grandes tendances sont plutôt porteuses. Pour près de 26% (23% en 2009), les risques l'emportent. Cela donne un solde (chances moins risques) de 22% de réponses favorables (31% en 2009). Visiblement, les entreprises manifestent une baisse d'optimisme particulièrement là où le pouvoir d'action semble leur faire défaut. Comme auparavant, elles placent leur confiance dans le savoir et la technologie. En effet, avec un solde de 73%, le progrès technologique est considéré comme la grande tendance présentant le plus de chances. La société de la connaissance remporte également une majorité de suffrages (55%). En revanche, le changement de valeurs (8% au lieu de 25%) et la mondialisation (7% au lieu de 20%) sont en nette perte de faveur par rapport à l'année précédente. Quant au changement démographique, il est perçu négativement pour la première fois (-5% au lieu de +2%). La préoccupation liée à la pénurie des ressources reste quant à elle stable (-4%).

Credit Suisse AG

Lundi 5 Juillet 2010
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