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Le marché des fusions-acquisitions IT en France a bien résisté en 2008 malgré une baisse affichée de 50%


Coup de frein très marqué des opérations sur les SSII en baisse de 43%, constate AP Management dans l'édition 2008 de son Baromètre annuel qui recense et analyse les opérations de fusions-acquisitions du secteur chaque année depuis 12 ans.




"Cette forte baisse de l’exercice 2008 doit être relativisée au regard de l’aspect exceptionnel du millésime précédent marqué par le rachat de Business Objects", estime Pierre-Yves Dargaud, président d’APM et auteur du Baromètre. « Sur les opérations courantes, la baisse se limite à 19% en volume et 2008 ressort en quatrième position sur les 12 dernières années ", poursuit-il.

S'élevant à 104 opérations enregistrées par AP Management, le nombre des transactions en 2008 est en baisse de 25 % en comparaison des 138 réalisées en 2007 mais demeure en revanche supérieur de 16% sur la moyenne annuelle constatée sur 12 ans. L'année 2008 se distingue avec deux opérations significatives : l’acquisition des sociétés Ilog et GL Trade, deux champions nationaux du logiciel, nouvelles illustrations de la consolidation du secteur après celle de Business Objects en 2007. Ces deux opérations comptent à elles seules pour environ un quart du volume total.

Sévère correction des SSII et année record pour le logiciel
Concernant la répartition sectorielle, 54 SSII auront changé de contrôle en 2008 contre 95 en 2007 (et 83 en 2006) soit une chute de 43% pour un volume de 806 M€ en baisse de 34% ! Ce coup de frein, très marqué sur la fin de la période, a brisé net la dynamique enclenchée à partir de 2004 et fait apparaitre l’exercice 2008 comme un millésime très moyen, légèrement inférieur à la moyenne annuelle sur 12 ans égale à 57 cessions.
Dans le secteur du logiciel, à l’inverse, l’activité bat son plein depuis 2004 et la France témoigne d’une consolidation qui s’accentue nettement à l’instar du mouvement mondial. Le nombre d’opérations bat un record à 50 opérations, en progression de 16%, pour un volume de 558 M€ en hausse de 20% sur les opérations courantes de 2007 (hors effet Business Objects).

Forte majorité des opérations de petite taille
La taille moyenne de la cible acquise a légèrement progressé à 13,1 M€ contre 12,4 M€ lors de l’exercice 2007. En volume de chiffre d’affaires, les trois quarts du marché portent sur des cibles dont le CA est supérieur à 15 M€. Néanmoins, en nombre d’opérations, l'année 2008 aura été encore une fois largement dominée par les opérations de petite taille à l’image d’un secteur encore extrêmement atomisé puisque les deux tiers des acquisitions ont porté sur des sociétés de taille inférieure à 7,5 M€.

Net ralentissement des fonds LBO
Après une année 2007 qui aura vu une pénétration significative des fonds de LBO dans le secteur des logiciels et services informatiques avec 18 opérations recensées sous l’égide d’un fonds pour un volume de 366 M€ de CA, l’année 2008 présente un volume de 239 M€, en baisse de 35%, concentré sur 11 opérations. Ce phénomène ne peut être que très marginalement attribué à la crise du crédit, compte tenu d’un recours à l’endettement et d’un effet de levier très raisonnable dans le secteur.
(*) SSII et éditeurs de logiciel

Internationalisation accélérée du marché
L’année 2008 témoigne d’une présence de plus en plus affirmée des acteurs internationaux dans les mouvements de fusions-acquisitions.
En effet, marquant une très forte inflexion par rapport aux chiffres post 2000 d’une dizaine d’opérations en moyenne, l’exercice 2008, dans la lignée de l’année 2007, ressort à 22 acquisitions opérées sur des cibles françaises par des acteurs étrangers pour un volume cumulé de 504 M€, soit 37% du volume global, nettement au dessus de la moyenne annuelle sur 12 ans de 26%, chiffre d’autant plus remarquable que l’année ne compte pas de méga deal généralement à l’initiative des acteurs étrangers (Logica/Unilog en 2005 ou SAP/BO en 2007). Les anglo-saxons se taillent la part du lion de ce marché avec respectivement 72% du nombre et 78% du volume.

Confirmation du dynamisme des français à l’étranger
Le millésime 2008 s’avère très actif pour les acquisitions opérées à l’étranger par les acteurs français avec 43 opérations, soit une hausse de 30% par rapport à 2007, pour un volume de 844 M€ de chiffre d’affaires.

L’exercice n’aura été marqué que par une seule opération à caractère exceptionnel, l’acquisition du hollandais Getronics Pink Roccade (Business Applications Services) par l’offensif Cap Gémini, déjà à l’origine d’un des 3 méga deals de 2007 (la prise de contrôle de Kanbay), ce qui explique la chute de 51% du volume d’une année sur l’autre.

« L’année 2008 confirme l’intérêt grandissant des acteurs français pour un développement de leurs activités à l'international », avance Pierre-Yves Dargaud, « ceux-ci totalisant sur les 4 derniers exercices un volume d’acquisition cumulé d’environ 4 Milliards d’euros de CA, bien supérieur au volume des acquisitions étrangères en France d’environ 3 Milliards ».

Ces opérations, qui s’inscrivent dans des stratégies de conquête, sont majoritairement le fait des SSII pour 74% du nombre et 71% du volume et la destination privilégiée est la zone EMEA* pour 31 opérations soit 72% du total.

Les trois facteurs de croissance des fusions-acquisitions
Les mouvements d’acquisition devraient se poursuivre dans les années à venir aussi bien pour les opérations stratégiques qu’en ce qui concerne les acquisitions d’opportunité. Sur un marché à la fois en phase de maturité et néanmoins encore très fragmenté, nous estimons, structurellement, que le flux d’acquisitions va se poursuivre au minimum selon le même rythme que ce que nous observons depuis 12 ans et ce pour trois raisons principales :

1) Les consolidateurs sont nombreux sur un marché atomisé
Un nombre grandissant d’acteurs intensifient leur politique en matière d’acquisitions :
- les acteurs spécialisés, qui souhaitent renforçer leur spécificité sectorielle ou technologique et les acteurs globaux, qui doivent en permanence assurer l’élargissement et l’industrialisation de leurs offres,
- les grands acteurs étrangers avec une mention spéciale pour les nouveaux entrants sur le sol européen que pourraient être les SSII indiennes majeures,
- les acteurs provenant d’autres métiers et souhaitant développer des synergies métiers comme les opérateurs télécoms, les constructeurs, les sociétés d’intérim, - les fonds de LBO, disposant de liquidités importantes et qui sont attirés par des valorisations raisonnables dans un secteur qui se consolide
* EMEA : Europe, Moyen Orient, Afrique

2) Les attentes des grands clients accélèrent la concentration de l'offre
Les clients deviennent globaux et instaurent des politiques tarifaires toujours plus dures et une logique de référencement visant à réduire le nombre de leurs fournisseurs, contribuent également à l'accélération de la consolidation du marché. Les SSII doivent en effet pouvoir répondre à une demande de plus en plus complexe et avoir une couverture géographique plus étendue. Pour les éditeurs de logiciels, la tendance est identique et les clients ont décidé de concentrer leurs achats sur un nombre très limité de partenaires logiciels par grand domaine d’application.

3) Le secteur IT fait mieux que résister à la situation actuelle
Côté acquéreurs, avec une croissance du marché dynamique - 6% en 2008 - et attendue largement positive selon Syntec Informatique pour 2009, la santé financière des acteurs du secteur est tout à fait correcte et nombre d’entre eux sont toujours capables de payer leurs acquisitions en cash compte tenu de leur trésorerie.
Du côté des vendeurs, en raison notamment du « papy boom » qui voit encore nombre de PME du secteur contrôlées et dirigées par des fondateurs arrivant à l’âge de la retraite, les cessions vont se multiplier dans les années prochaines sur le segment des petites sociétés, cibles naturelles des fusions acquisitions.

Poursuite attendue de la consolidation en dépit de la crise
L'année 2008 restera comme un millésime correct pour les fusions-acquisitions et aura confirmé la vitalité de la croissance externe dans le secteur IT tant en France qu’à l’étranger, même si les volumes sont en forte baisse par rapport à un exercice 2007 exceptionnel en tout point.

Nous savons depuis l’éclatement de la bulle internet que les marchés peuvent se ressaisir spectaculairement. Ceci n’est qu’une question de temps et ce dernier sera mis à profit par les entreprises du secteur IT dans un premier temps pour maintenir les volumes puis pour maintenir et même améliorer la rentabilité. Le début de l’année 2009 a déjà vu un certain nombre d’acteurs revenir sur le marché des acquisitions, abandonné temporairement quelques mois fin 2008, en se concentrant sur des opérations de taille plus réduite et, pour certains, avec un focus international.

S'appuyant principalement sur des raisons structurelles, la dynamique de croissance des fusions-acquisitions du secteur ne devrait pas faiblir dans les années qui viennent et ce, malgré les aléas liés à la crise, anticipe AP Management.

"Avec un marché dynamique, l’année 2008 n’a pas remis pas en cause la tendance de fond du secteur IT à la consolidation, en particulier pour les éditeurs de logiciel. Le mouvement est en marche également pour les SSII notamment dans des opérations cross border chaque année plus nombreuses et elle se poursuivra en dépit du ralentissement conjoncturel ", pronostique Pierre-Yves Dargaud en conclusion.

A propos d'AP Management
Créée début 2003, AP Management a pour vocation de conseiller les sociétés de services du secteur des technologies de l'information en matière de fusions acquisitions et de structuration de capital. L'équipe compte à son actif plus d’une centaine de transactions depuis 1997.
Son président, Pierre-Yves Dargaud, 46 ans, a assuré les fonctions de directeur financier de plusieurs SSII, notamment au sein du groupe SLIGOS. Fondateur d'Euro Fi Conseils, société de conseil en fusion- acquisitions spécialisée dans le secteur des SSII, il rejoint en 1999 la banque d'affaires Apax Partners en qualité d'associé responsable du secteur des technologies de l'information. A ces titres, il a conseillé personnellement un grand nombre de dirigeants de sociétés dans le cadre de leur stratégie de développement.
Depuis 1997, Pierre-Yves Dargaud recense chaque année les acquisitions ciblant des entreprises dont le chiffre d'affaires est supérieur à 0,5 millions d'euros sur le marché des technologies de l'information en France ainsi qu’à l’étranger pour les opérations réalisées par les acteurs français. La vocation de ce "baromètre" annuel, véritable radiographie de la vitalité du secteur, est d'en dégager les tendances de fond, de les analyser et d'établir des perspectives à court terme pour les acteurs du marché.

www.apmanagement.fr

Baromètre téléchargeable ci-dessous (PDF)

barometre_2008.pdf Barometre 2008.pdf  (623.16 Ko)


Vendredi 13 Février 2009
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