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La reprise : une solution pour étoffer le mid-market à la française


Le Trophée de la reprise (cf. mon billet sur l’événement) a récompensé Olivier Riom, repreneur de Volutique & Jugeur pour sa gestion sans failles de l’après-reprise.




Pascal Houillon
Pascal Houillon
Il a choisi de réformer son entreprise en menant des actions de développement significatives, et en instaurant une politique salariale motivante pour le personnel. Résultat, trois ans plus tard il a doublé les effectifs, le chiffre d’affaires et les bénéfices de Volutique & Jugeur avec 110 collaborateurs et 10,8 millions d’€ de chiffres d’affaires. Cet exemple montre qu’il est nécessaire de déployer très rapidement une politique de réformes innovantes, qu’elles soient technologiques ou non, afin de développer son entreprise.

La reprise d’entreprise, c’est 600 000 entreprises qui devraient changer de main dans les 10 ans à venir (source OSEO / INSEE), soit une moyenne de 60 000 transmissions par an. Pourtant, on constate un taux d’échec significatif avec 30% de faillites au bout de 7 ans. Cela réside peut être dans le fait de ne pas suffisamment considérer la reprise comme un point de départ permettant de faire grandir l’entreprise et d’en faire une grande PME.

Car c’est bien ce qui manque à la France : un mid market implanté et ambitieux. Aujourd’hui, il existe plus de 24 000 entreprises de ce type, c'est-à-dire dont l’effectif est compris entre 100 et 2000 salariés. Contrairement au Mittelstand allemand ou aux medium size companies américaines, le statut de ces entreprises est mal identifié en France. Une initiative est en cours pour mieux les valoriser - telle que la création du terme ETI (entreprises de taille intermédiaire) – mais dont on attend encore les mesures concrètes, au-delà de la volonté d’en augmenter le nombre. Cette fois-ci, le terme désigne celles qui ont entre 250 et 4999 salariés et qui génèrent un chiffre d’affaires compris entre 0,5 et 1,5 milliard d’€. Elles seraient 4600 aujourd’hui. Au-delà du débat sur la catégorisation, ce qui importe c’est ce dont sont capables ces entreprises. Les grandes PME se distinguent des grands groupes par leur agilité et leur capacité à s’étendre tous azimuts tant en France qu’à l’international grâce à leur réactivité et à leur profil innovant. Des qualités plus qu’utiles pour rester compétitif et faire face à des situations économiques difficiles…

La croissance externe peut être un moteur pour réussir cette conversion. L’exemple réussi d’un membre de l’Institut Sage, Marc Hoffer, est en ce sens très explicite : après 6 rachats, son entreprise d’intérim de niche, Nextim, compte aujourd’hui plus de 1500 salariés. C’est aussi le modèle de développement de Sage en France et à l’international en passant du statut de PME (722 collaborateurs en 1997, 80 millions d’€ de chiffre d’affaires) à celui de grande entreprise (2455 salariés aujourd’hui, 300 millions d’€ de chiffre d’affaires).

Reprendre, c’est parvenir à créer de la valeur et mettre de l’intelligence dans l’offre existante. Le dirigeant peut être amené à repenser le modèle économique de l’entreprise et le management des hommes, sa vocation, son organisation, redéfinir le marché et la clientèle, etc. Ces réformes innovantes peuvent donc prendre des formes différentes. L’objectif est bien d’imprimer sa propre vision, en fonction de ses compétences et de son expérience. Ces réformes à l’intérieur des entreprises sont nécessaires pour créer le mid market à la française et développer une économie forte, plus ambitieuse et donc plus compétitive. Il est donc temps de mieux valoriser nos entreprises et de les accompagner dans leurs différentes phases de développement.

Pascal Houillon
Pascal Houillon tient un blog sur l’entrepreneuriat et la reprise d’entreprise : www.pascal-houillon.com
Il a fondé le 23 septembre 2008 l’Institut Sage afin de contribuer au développement des PME en France : www.institut-sage.com

Dimanche 14 Mars 2010
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