Quotidien finance innovation, innovation financière journal
Financial Year with Finyear
 
 
 
 


              

La coordination crédible : Est-elle possible ?


Le déficit budgétaire a souvent été un sujet de controverse acharnée notamment entre les économistes d’obédience orthodoxe de finance saine et les adeptes du courant hétérodoxe. Ces derniers ne manquent pas d’arguer qu’un déficit soutenable est souhaitable si la décision de le creuser de quelques pourcentages vise le bien être social et le développement économique.




Kamal EL-Oualy
Kamal EL-Oualy
Toutefois, le débat actuel portant sur la soutenabilité du déficit budgétaire trouve son explication dans l’aggravation de l’endettement public dans plusieurs pays en l’occurrence les Etas Unis d’Amérique et une frange de pays de sud de la zone euro. Certains pays comme l’Espagne, après avoir affiché des excédents budgétaires entre 2005 et 2007, semble entrer dans un cercle vicieux eu égard au déficit enregistré en 2009 et qui a dépassé la barre de 11% du PIB. C’est le cas également du Portugal et surtout de la Grèce qui tente d’échapper au plan d’austérité budgétaire, vu ses difficultés financières, notamment avec un déficit qui oscille autour de 12% et un endettement qui frôle le seuil de 120% du PIB. Ces niveaux sont jugés très élevés au regard des normes retenues par le traité de Maastricht arrêtées à 3% et à 60%.

La dégradation de ces indicateurs met également les autres pays de la zone euro dans une situation très difficile quand il s’agit de mener une politique coordonnée et de gérer les moments les plus chauds que rencontre la zone. L’imposition possible d’un plan d’austérité à l’Etat Grec, en l’absence d’un soutien financier immédiat, pourrait déclencher des émeutes non désirables dans cette période de crise. Un tel plan est jugé maudit par la population dans la mesure il vise plus l’augmentation des recettes au détriment des dépenses dans un souci de réduire le déficit budgétaire et de rembourser le service de la dette accumulée. Il suffit de remonter aux années 90 pour savoir l’ampleur des résultats de l’imposition d’un tel plan aux pays en développement débiteurs sous les recommandations du FMI.

Partant de cette grille d’analyse, du moment où le déficit budgétaire semble concerner tant les pays développés et émergents, et pour contourner tout recours éventuel à l’austérité budgétaire, pourquoi ne pas responsabiliser les gouvernements à respecter un déficit cible, à l’instar des banques centrales en matière d’inflation ? Partant du principe de la coordination des politiques budgétaire et monétaire, le deuxième objectif qui est l’inflation cible ne peut être atteint si le premier, le déficit budgétaire, semble être aléatoire. C’est la coordination crédible des deux acteurs qui devrait se concrétiser au préalable. Il s’agit d’un prérequis de premier plan en matière de politique économique. L’indépendance au sens strict n’a plus de valeur en présence des objectifs conflictuels. Il n’en demeure pas moins que la discrétion contrainte donne parfois des résultats inverses si le choix d’un instrument par un acteur influe d’une manière où d’une autre sur la réalisation de l’objectif cible d’un autre acteur. D’où la portée pratique de la coordination crédible en tant que politique de veille stratégique.

Dr. Kamal EL-Oualy
Economiste
Kamal.eloualy@yahoo.fr

Lundi 8 Mars 2010
Notez




Nouveau commentaire :
Twitter

Your email address will not be published. Required fields are marked *
Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *



Recevez la newsletter quotidienne


évènements


Lettres métiers


Livres Blancs




Blockchain Daily News