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L’ancrage par l’inflation et le retour à la flexibilité


L’ancrage par l’inflation a longtemps été pratiqué sans théorie sous-jacente. La modélisation de ce régime apparaît à la fin des années 90 comme un arrangement des modèles de la nouvelle synthèse néo-classique et des modèles néo keynésiens axés, en grande partie, sur la règle de J.Taylor et l’équation de la courbe de Phillips néo Keynésienne.




Kamal EL-Oualy
Kamal EL-Oualy
En effet, la mise en application d’un tel régime est dictée par des changements intervenus dans les objectifs et la conduite de la politique économique. La priorité donnée, à partir de la vision keynésienne, à la politique budgétaire dans la stabilisation de l’économie a été reléguée au second rang à la faveur de l’idée, la plus généralement répandue, énonçant que la politique monétaire doit être le principal outil de stabilisation. Il s’agit, si on ose le dire, d’un « consensus » qui a accéléré la transition vers ce nouvel ancrage, même si son édifice théorique demeure inachevé.

Les principales motivations qui sous tendent l’adoption d’un tel régime ont trait en grande partie à la notion de transparence et de crédibilité de la politique monétaire. Une transparence efficace implique une clarté dans la communication vis à vis du public et la conformité de la structure des informations internes avec celle délivrée en externe. Car, les agents économiques ne peuvent agir dans le bon sens que s’ils disposent d’une information parfaite sur leur environnement loin de toute ambiguïté constructive. Ainsi, faut-il le signaler ? dans un contexte d’incompatibilité avec d’autres objectifs, tels que la relance d’activité, la stabilité du taux de change ou la promotion de l'emploi, l’ancrage par l’inflation pourrait t-il servir, dans les années à venir, de moyen utile pour contrer la menace de déflation en fournissant une ancre pour les prix futurs ? Surtout dans un contexte où plusieurs marchés financiers se sont montrés vulnérables aux bulles spéculatives, difficiles à gérer en régime d’objectif d’inflation.

Le problème dépasse la satisfaction des conditions préalables à l’adoption d’un tel cadre de politique monétaire. Le bilan de sa mise en application du moins jusqu’à 2007, soit la veille de la crise financière, semble mitigé et donne des signes de controverse quant à son application par de nouveaux pays, jugés il y a quelques années, comme étant candidats au ciblage d’inflation. En outre, le fait que la politique monétaire soit orientée principalement vers la stabilité des prix, au lieu de la stabilité de l’activité économique, réduit les marges de manœuvres des policy makers à agir face au retournement de la conjoncture. Peut être qu’une politique monétaire axée sur une règle plus flexible, combinant stabilité des prix aux autres objectifs clés de la politique monétaire, aurait servi de clause échappatoire pour les policy makers en période de crise. Ceci confirme les réticences avancées, il ya quelques années, par certains économistes arguant que les performances macroéconomiques réalisées dans les pays « targeters » au cours des années 90 ne sont pas totalement imputables à l’application de l’ancrage par l’inflation.

Par ailleurs, une politique monétaire crédible exige des actions temporellement cohérentes. Or, le fait d’être plus axée sur une démarche forward looking, rend l’action de celle-ci plus incertaine quant à l’atteinte de son objectif final, en l’occurrence quand il s’agit de substituer les variables courantes par des variables anticipées dans la spécification la règle de décision. Peut être qu’il est, toutefois, indispensable que les statuts des banques centrales « targeters » subissent quelques amendements en optant pour plus de flexibilité en matière de choix des objectifs et des instruments de la politique monétaire. Pourquoi pas en action conjointe avec les décideurs en matière de politique budgétaire ? Surtout, dans les pays qui ont accumulés des déficits chroniques, et dans ceux qui souffrent des fardeaux de dettes où qui ont des difficultés en matière de stabilité macro-économique et financière.

Ceci dit, il est également vrai que plusieurs de ces questions posent de similaires défis pour d'autres régimes monétaires en particulier pour les pays qui appliquent des régimes de changes flottants. Car une volatilité des taux de change pourrait conduire à une érosion de la crédibilité de la politique monétaire. Le problème qui se pose reste toujours relatif au régime du taux de change approprié en cas d’un ancrage par l'inflation. Quel est le rôle du taux de change lorsqu’un ancrage explicite d’inflation est adopté ? Dans quelles circonstances les autorités monétaires répondent-elles aux fluctuations du taux de change ?

Dr. Kamal EL-Oualy
Economiste
Kamal.eloualy@yahoo.fr

Mercredi 18 Novembre 2009
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