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Finance et numérique : l’innovation inversée africaine


Par Jean-Michel HUET, associé BearingPoint et auteur de "Le digital en Afrique".



Jean-Michel Huet
Jean-Michel Huet
« L’Afrique a raté la seconde révolution industrielle, elle n’a pas le droit de rater la troisième. » Cette déclaration de Alassane Ouattara, en 2014 à Brazzaville, résume l’enjeu pour les États, les entreprises et les citoyens africains.

La révolution dont il s’agit est bien sûr celle du numérique : la capacité de produire, stocker et échanger, à moindre coût, tout type d’information. Pour définir le numérique, quatre notions clés le permettent : l’accès à des données numérisées via des réseaux interopérables (notamment la téléphonie mobile dans le cas africain), la production et l’utilisation de données, y compris sous des formats très simples (des SMS ou de l’USSD), avec la capacité d’en tirer des analyses poussées grâce à des algorithmes mathématiques, la gestion d’un écosystème d’acteurs via des plateformes, la dimension sociale, notamment via les réseaux sociaux qui ont montré leur importance lors du printemps arabe, en 2011.

Le développement du digital en Afrique comprend cinq étapes majeures, souvent appelées « sauts » (pour plus de détails voir « Le digital en Afrique », premier ouvrage de la collection du CIAN aux éditions Michel Lafon).

Le premier saut a été celui de base : le développement des télécoms
Jusqu’aux années 1990, l’Afrique était déconnectée du monde avec un taux de pénétration des accès téléphoniques de moins de 3 %. Le rattrapage va être fulgurant, mais sans passer par l’étape de la ligne fixe, allant directement à celle du mobile. Ce « saut » est même double car, à partir des années 2010, l’accès à Internet et aux réseaux sociaux va passer directement par les smartphones et les réseaux mobiles.

Deuxième saut, celui du paiement
Les pays africains sont, à quelques exceptions près, très peu bancarisés et, même dans les pays bancarisés, l’usage du cash est massif. Peu de chéquiers, virements, cartes bleues, etc. Là encore, un nouveau saut va avoir lieu avec l’éclosion du paiement par mobile. Le succès dans quelques pays (Kenya, Côte d’Ivoire, Mali) va ouvrir la voie à un nouveau moyen de transfert d’argent (les premiers usages sont essentiellement de l’échange de personne à personne), puis de paiement. Non seulement les pays africains sautent des étapes, mais ont un usage encore plus « digital » des paiements que les Européens ou les Américains. À ce jour, cette étape, exemple d’innovation inversée, constitue l’apport le plus important de l’Afrique au digital à travers le monde.

Le saut suivant concerne le e-commerce
Si tous les grands acteurs de l’Internet mondial sont présents sur le continent, Amazon rencontre encore quelques difficultés à adapter son modèle au contexte africain. En retard d’une quinzaine d’années par rapport aux États-Unis, le e-commerce africain connaît un développement récent. Ce développement n’est pas un rattrapage, mais une nouvelle voie. En effet, les sites à succès tel Jumia sont plus des places de marché ne gérant pas leur stock. Le modèle s’adapte à la spécificité locale (complexité logistique, problème des adresses postales, confiance, etc.), mais permet aussi d’enrichir le catalogue, y compris par les offres des marchés locaux informels.
C’est du côté du secteur public que se trouve le quatrième saut. La forte volonté d’introduire du digital dans ce secteur s’inscrit dans une analyse expliquant qu’il faut profiter du digital pour provoquer un bond en avant du secteur public africain. L’idée n’est pas nouvelle et, dès les années 2000, plusieurs tentatives ont vu le jour dans le domaine de la santé. Depuis les années 2010, nous assistons à une accélération : projets e-gouvernement, e-santé, e-éducation, etc.

Le dernier saut est celui du développement de l’économie des plateformes
Si ce modèle est largement commenté et développé en Amérique du Nord, puis en Europe et en Asie, il va aussi toucher l’Afrique et notamment via le développement des smart cities à l’africaine (Casablanca, Kigali, etc.).

Ces sauts ne sont que le début de l’histoire du digital en Afrique et dans ce domaine la finance a une vraie à jouer. Quatre cas concrets où la finance va jouer dans les prochaines étapes du digital en Afrique :

- Au-delà du m-paiement ou du transfert d’argent, vont se développer de nouveaux services financiers via téléphone mobile. C’est le cas notamment du crédit ou de l’assurance (et au-delà des exemples « micro »). Via le téléphone c’est la panoplie complète des services financiers qui va devenir accessible et même sous une nouvelle forme, plus rapide, plus agile (obtenir un prêt par téléphone en quelques minutes est possible en Afrique !)

- Le secteur bancaire va être touché. Le développement de plateformes nationales de paiement électroniques (Tanzanie, Maroc) s’inscrit dans cette logique. Plusieurs banques centrales africaines regardent les modèles à l’autrichienne pour avoir des plateformes centralisées multi-acteurs de reporting réglementaires et donc être aux normes internationales tout en utilisant les possibilités offertes par le digital

- La blockchain commence déjà à impacter en Afrique des secteurs financiers et le mode de paiement par exemple dans le domaine de l’énergie ... une sécurité additionnelle et déjà bien perçue

- Enfin, les plateformes de monétisation des services dans différents domaines (électricité, eau, déchets, etc.) vont révolutionner le modèle économique des acteurs des utilities mais aussi des collectivités locales voire des smart cities).

Bref nous sommes vraiment qu’au début d’une belle histoire où la finance va jouer un rôle central lié au digital.

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Vendredi 23 Juin 2017
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