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Facebook casse le jouet du paiement P2P


Après des années de rumeurs, Facebook a fini par dévoiler sa (presque) première incursion sérieuse dans le domaine des paiements, avec l'introduction d'une fonction de transfert d'argent entre amis au sein de son application mobile Messenger. Rien de bien extraordinaire en apparence… et pourtant une révolution est en marche.




Le nouveau dispositif, qui sera déployé prochainement aux États-Unis, est d'une simplicité d'accès à toute épreuve. Pour envoyer de l'argent, sans frais, l'utilisateur crée un message à l'intention de son correspondant, presse le bouton « $ », indique la somme à transmettre et conclut la transaction par un appui sur le bouton « envoyer ». Le destinataire est alors notifié et les fonds sont portés directement sur son compte – moyennant les délais habituels des transferts inter-bancaires.

Lors de la première utilisation (à l'émission ou à la réception), une étape supplémentaire est tout de même requise, afin de fournir les coordonnées de la carte bancaire sur laquelle les opérations futures seront imputées. Seules les cartes de débit Visa et Mastercard sont acceptées (dans un premier temps ?), en raison des ambiguïtés que pourraient susciter les éventuels frais encourus par les porteurs de cartes de crédit, alors que le service est présenté comme totalement gratuit.

Car la préoccupation majeure de Facebook dans cette réalisation est d'offrir une expérience utilisateur aussi parfaite et transparente que possible, dans tous ses détails (ambition grandement facilitée par une intégration au cœur du réseau social). Dans ce registre, le résultat est extrêmement convaincant et pourrait aisément inspirer tous ceux qui lancent des initiatives du même acabit. Ces derniers – dont plusieurs banques – n'ont cependant plus grand chose à espérer : le marché est désormais préempté.

Même la sécurité est un volet dans lequel Facebook n'hésite pas à donner des leçons aux « anciens ». Ainsi, l'application permet de protéger les envois d'argent par un code secret ou via Touch ID (sur l'iPhone) mais il ne s'agit que d'une option. En arrière-plan, des mécanismes de lutte contre la fraude – qui démontrent déjà toute leur efficacité dans la gestion des accès – sont actifs en permanence et garantissent l'intégrité des données de paiement, tout en contribuant, là encore, à la qualité de l'expérience.

Avec ce service, Facebook ne cherche pas à prendre pied dans le secteur financier. Sa préoccupation est tout simplement d'inciter ses utilisateurs à rester toujours plus longtemps dans son environnement. Conscient que les partages d'addition, de courses de taxi (ou Uber) et autres petites questions d'argent occupent largement les conversations dans Messenger, le réseau social veut éviter que ces usages entraînent le passage à une autre application, fut-elle celle de son partenaire PayPal.

Grâce à des revenus publicitaires colossaux, la nouvelle fonction peut être proposée gratuitement. Alors, les plates-formes existantes se trouvent exposées à une concurrence extraordinairement puissante qui est, de plus, impossible à contrer, puisque le modèle économique du nouvel entrant n'a rigoureusement aucun rapport avec les paiements. Nous sommes donc là devant un véritable cas d'école de la disruption de la banque, lorsque le produit financier n'est qu'un accessoire d'une solution beaucoup plus vaste (et infiniment plus profitable). Et ce n'est qu'un début…

Patrice Bernard
Fondateur du blog “C’est pas mon idée”

fr.linkedin.com/in/patricebernard





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Lundi 30 Mars 2015
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