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Dettes européennes : Focus sur l’Espagne


Au cœur des problèmes de dettes européens figure l’Espagne. Début 2009, l'agence de notation Standard & Poor's a abaissé la notation de la dette espagnole à long terme, de "AAA" à "AA+", un an plus tard l’agence dégrade encore d’un cran la dette long terme à AA, assortie d'une perspective négative.




Le pays est dans une situation délicate, notamment avec l’effondrement des prix à la construction, puis avec la crise économique mondiale de 2008 qui a encore aggravé la situation. Dans un pays, en effet très dépendant de la construction de logements, ce secteur représente presque 20% du PIB et emploie près de 12% de la population active.

La crise actuelle se caractérise par une très forte montée du chômage, qui touche désormais plus de 20% de la population active en 2010, contre environ 8 % deux ans auparavant. Le système bancaire est également au cœur du problème et notamment les caisses d’épargne qui représentent 50% du secteur financier espagnol. La Banque d'Espagne vient de procéder au 2e sauvetage d'une caisse d'épargne régionale après avoir déjà sauvé la Caisse d'épargne de Castilla-la-Mancha en mars 2009. Quatre caisses ont également annoncé avoir créé une holding qui va devenir le cinquième prêteur espagnol, mais l’annonce ne précise pas si des coupes budgétaires vont avoir lieu, alors que c’est ce que le marché escompte.

La situation budgétaire s’annonçant plus délicate que prévue, des mesures additionnelles de rigueur sont donc nécessaires. Le gouvernement a ainsi engagé un plan d’austérité destiné à ramener le déficit public de 11.2% du PIB en 2009 à 6% en 2011 et 3% en 2013. (Pour rappel : l’Espagne bénéficiait d’un solde budgétaire positif en 2007 : + 2.23%). Pour atteindre ces objectifs, l’Etat espagnol devra parvenir à réduire significativement ses dépenses administratives ou augmenter ses recettes fiscales. Cette hausse d’impôts devrait toucher principalement les entreprises pour ne pas trop affecter la consommation. Les mesures incluent aussi une réduction du taux de chômage, une réforme du code du travail (baisse du coût du licenciement, fin de l'indexation des salaires sur l'inflation et une décentralisation de la fixation des salaires) afin de viser une réduction de l'inflation et l'augmentation du PIB par habitant.

La faible part des exportations dans le PIB de l’Espagne est également un problème majeur. En effet, elles ne représentent que 25% du PIB, contre 55% en Allemagne. C’est d’autant plus pénalisant que la sortie de crise passera sans doute par les exportations vers les pays émergents qui continuent d’afficher des taux de croissance très élevés. Les premiers Etats européens à renouer avec la croissance durable pourraient bien être ceux qui tireront avantage de la faiblesse de la devise européenne pour conquérir de nouveaux marchés. Il est donc plus que jamais nécessaire que le gouvernement ibérique oriente sa politique commerciale vers ce moteur de croissance.

Ce programme austère parait aujourd’hui difficilement réalisable mais on se souvient que lors de son entrée dans l’Union européenne (1986), l'ouverture de l'économie du pays avait entrainé la modernisation de son industrie, l'amélioration de ses infrastructures et la révision de sa législation, ce qui avait permis à l'Espagne d’accélérer la croissance de son PIB, de réduire sa dette publique et de faire baisser le taux de chômage de 8% en trois ans.

Sa dette se situe toujours en dessous du seuil des 60% prôné par l’UE, contrairement à une dette colossale de plus de 85% pour le Portugal et de 110% pour la Grèce. Elle a soit dit en passant fortement augmenté passant de 36.2% en 2007 à 55.2% en 2009, et devrait grimper jusqu’à 74.3% en 2012 selon les prévisions du gouvernement espagnol. Ce qui impose à l’Espagne de réagir rapidement.

Le FMI a également indiqué qu'il prévoyait un recul de 0,4% du produit intérieur brut en 2010, avant une croissance de 0,9% en 2011. L’issue de ce plan sera donc cruciale pour la 4ème économie européenne.

Depuis le début de l’année L’IBEX 35 perd 23.5%, ce qui en fait l’indice européen le plus faible juste devant l’indice grec qui perd 33.3% en 2010. L’indice Portugais perd lui 20.5%, alors que le CAC 40 baisse d’un peu plus de 13% depuis le début de l’année. La faiblesse de l’indice espagnol s’explique aisément par sa composition sectorielle, massivement axée sur les banques de détails et les télécoms. Ces deux secteurs qui représentent environ 50% de l’IBEX 35, font partie des secteurs les plus faibles depuis le début de l’année, avec des baisses de respectivement 13.5% et d’un peu plus de 10% pour le second.

A court terme, nous nous fixons un objectif de 8100 points (support majeur) sur l’IBEX 35, soit une baisse d’environ 11.4% par rapport au niveau actuel (9140 points).

Philippe de Vandière
Analyste chez IG Markets France

IG Markets

Jeudi 3 Juin 2010
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