Quotidien finance innovation, innovation financière journal
Financial Year with Finyear
 
 
 
 


              

Capital-investissement : Adorée ou détestée, en quoi la Russie est-t-elle la « Marmite » des BRICs ?


Christopher Rose, associé au sein de nos bureaux de Londres et Moscou, discute de la différence de perception qu’ont les investisseurs du marché russe du capital-investissement selon qu’ils sont présents ou non sur ce marché.




Les partisans mettent en avant des retours sur investissements exceptionnels, un vaste marché où l’offre reste limitée et des perspectives macro-économiques de plus en plus favorables. Les détracteurs évoquent les problèmes de corruption, la bureaucratie et les risques politiques. Ainsi, tout comme pour la pâte à tartiner anglaise « Marmite », les investisseurs semblent soit adorer soit détester le marché russe.

Ceux qui ont investi dans des actifs russes ont de bonnes raisons d’avoir été amadoués – et ce notamment car leurs investissements leur ont rapporté beaucoup d’argent. En décembre 2009, les statistiques de la Banque Européenne pour la Reconstruction et le Développement, l’investisseur institutionnel le plus important de la région, montraient pour la Russie/CEI un retour sur investissement sur cinq ans de 32,3%, contre 20,6% pour l’indice relatif aux pays émergents publié par Cambridge Associates.

De plus, les fondamentaux macro-économiques de la Russie sont encourageants. Bien que le PIB de la Russie chutât de 8% en 2009, son taux de croissance a rebondi en 2010 pour atteindre 3,7% et sera probablement d’environ 4,5% en 2011. De surcroît, sur la dernière décennie, la Russie a le niveau d’endettement le plus bas et le marché boursier le plus performant des BRICs.

Malheureusement pour les fonds d’investissement cherchant à lever des capitaux, le camp des détracteurs inclut les investisseurs institutionnels, bien que dans la plupart des cas ils n’aient jamais été en Russie. Des études réalisées par la Emerging Markets Private Equity Association ont montré que ces trois dernières années ces mêmes investisseurs ont classé la Russie marché émergeant le moins attractif. Les statistiques relatives aux levées de fonds confirment cette aversion des investisseurs institutionnels.

Ainsi, les capitaux levés par les fonds d’investissements sur le marché russe sont passés de $1,8 milliards en 2007 à $880 millions en 2008 avant de s’effondrer à $75 millions en 2009. Par comparaison, depuis 2008, la Chine a attiré $28,6 milliards, l’Inde $15 milliards et le Brésil $5 milliards.

La déconnection entre, d’une part, des rendements exceptionnels et, de l’autre, des chiffres de collecte de fonds anémiques, pourrait être liée à ce que des idées fausses circulent sur les actifs russes. Il est courant pour les fonds d’investissement de citer l’intervention du gouvernement dans Yukos et TNK-BP pour justifier de ne pas investir en Russie. Or, de telles histoires ont peu en commun avec les investissements réalisés en Russie.

En effet, les fonds d’investissements traditionnels ne s’intéressent généralement pas aux secteurs stratégiques comme le pétrole ou le gaz, qui comportent un risque politique. Les gestionnaires de fonds russes préfèrent se consacrer à des opérations d’augmentation de capital sur le marché intermédiaire, et plus particulièrement dans les secteurs de la vente directe aux consommateurs. Par ailleurs, la bureaucratie et la corruption ne sont pas leurs soucis principaux.

Effectivement, ce qui les maintient éveillé la nuit est avant tout de savoir si leurs collaborateurs les plus importants sont compétents ou leur business plans crédibles, tout comme les gestionnaires se consacrant à d’autres marchés. Cela ne signifie cependant pas qu’investir en Russie est toujours facile, ainsi que l’ont démontré les déboires de TPG, un fonds international, et de la banque russe VTB suite à leur investissement dans la chaine de supermarché Lenta.

En dépit d’un très médiatique conflit entre ses actionnaires qui a duré près d’un an, les performances de Lenta se sont avérées exceptionnelles et l’entreprise devrait finalement être un bon investissement pour TPG et VTB.

Le secteur russe du capital-investissement est en train de prendre des mesures pour réduire l’écart de perception actuel et courtiser les investisseurs institutionnels. L’année dernière, un groupe de 16 gestionnaires de fonds et fournisseurs de services de premier plan a lancé la Russian Private Equity Initiative (RPEI, l’initiative pour le capital-investissement russe) dans le cadre de l’effort général de ce secteur pour promouvoir les actifs russes au plan national comme international. Le gouvernement envoie également des signaux encourageants.

Le président Dimitri Medvedev a annoncé récemment la création d’un fonds de $10 milliards, partiellement financé par le gouvernement et visant à co-investir avec des entreprises internationales.

Malgré un contexte morose pour les levées de capitaux, les gestionnaires de fonds seraient à la recherche de plus de $4 milliards cette année. Une hausse significative du nombre de transactions en 2011, combinée à de récentes et mémorables sorties, telle que la très remarquée introduction en bourse du moteur de recherche Yandex, soutiendront les efforts mis en œuvre.

Tant que les investisseurs institutionnels n’auront pas pris goût au marché russe, le secteur conservera son retard sur celui des autres BRICs.

Cet article a été traduit et publié avec la permission d’Investment Week.
Traduction : Julie-Anne LUCHETTI

La Revue est une publication Squire Sanders | Avocats Paris
www.ssd.com

Mardi 27 Septembre 2011
Notez




Nouveau commentaire :
Twitter

Your email address will not be published. Required fields are marked *
Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *



Recevez la newsletter quotidienne


évènements


Lettres métiers


Livres Blancs