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Banques Centrales : à qui le tour d’injecter des liquidités ?


La situation politique et les tensions financières se sont apaisées en Europe pour de multiples raisons. Mais cela n’aurait pas été suffisant pour relancer la hausse des marchés confrontés à un nouvel infléchissement de la croissance. Les manœuvres des banques centrales, japonaises, anglaises et européennes ont dopé les marchés de taux et de manière indirecte les actions. Pour autant, nous n’y voyons pas encore de risque d’éclatement d’une bulle spéculative.




En Europe, les bonnes nouvelles font oublier les soucis qui subsistent. L’Italie a enfin un gouvernement de coalition, assez équilibré, qui devrait orienter davantage sa politique vers la croissance tout en maintenant le cap des réformes structurelles. La personnalité du nouveau Président du Conseil, Enrico Letta a rassuré les marchés.

Le plan de sauvetage des banques chypriotes a été validé mais son enveloppe a été portée de 16 à 23 milliards d’€, au prix d’une plus forte contribution des gros déposants. La Grèce a donné satisfaction à la Troïka européenne qui a validé de nouveaux déblocages de crédit.

Enfin la Commission européenne a ouvertement pris parti pour un assouplissement de la rigueur. L’Espagne, le Portugal, l’Italie, l’Irlande, la Belgique, les Pays-Bas, la Grèce et Chypre vont tous obtenir des délais supplémentaires pour ramener leur déficit sous les 3%. Même la France, dont les objectifs de croissance pour 2013 et 2014 ont été revus en baisse, a obtenu un report de 2 ans malgré l’insuffisance de ses réformes structurelles.

Comment expliquer ce revirement de Bruxelles ? C’est une volte-face partielle car l’importance des réformes structurelles et de la trajectoire de réduction des déficits a été réaffirmée. De plus, la montée du parti populiste italien, la censure constitutionnelle de mesures de rigueur au Portugal, l’abandon de mesures d’austérité aux Pays Bas, alliés traditionnels de l’Allemagne, ont dû peser lourd dans la balance. Le poids du chômage en Europe, la propagation du ralentissement vers le Nord plaidaient en faveur d’un assouplissement pour ne pas accentuer la récession. Enfin, la Chancelière allemande, en campagne électorale, avait tout intérêt à ce que l’agitation de ses partenaires se calme. Pour les mêmes motifs, le projet d’Union Bancaire Européenne piétine. La supervision européenne de toutes des banques, y compris les banques régionales allemandes, est un sujet qui fâche les Länder. Il y a fort à parier que le projet n’avancera pas beaucoup avant l’automne.

Cet enlisement est un des sujets d’inquiétude. En effet, la faillite des banques chypriotes a créé un précédent pour les actionnaires et les créanciers qui veulent connaître la nouvelle règle du jeu qui régira le secteur européen. Les tensions qui se sont apaisées pourraient réapparaitre à la prochaine alerte. Plus que le risque des banques slovènes, qui semble gérable comme celui de Chypre, celui des banques espagnole reste sous surveillance.

Parallèlement, la situation économique s’est bien dégradée dans les pays émergents et en Europe alors que même les Etats-Unis devraient connaitre une activité plus modérée au 2ème trimestre. Enfin, l’économie française ne pourra guère se redresser sans réformes d’ampleur et la mansuétude de Bruxelles n’y incitera guère le Gouvernement. A ce rythme, la compétitivité retrouvée de l’Italie et de l’Espagne sera vite une menace pour notre pays.

Le ralentissement généralisé devrait durer un ou deux trimestres. Mais la présence des banques centrales assure un filet protecteur et les marchés financiers pourraient rester assez bien orientés. Dans ce contexte, ce sont toujours les produits de taux les plus rémunérateurs et les actions qui devraient mieux performer.

Leur progression en escalier devrait se poursuivre en Europe jusqu’à l’atteinte de nos objectifs qui restent inchangés. Un éventuel relèvement de nos objectifs pour le S&P500 ne nous semble pas encore d’actualité mais nous avons relevé celui du Nikkei, dont la hausse a été brutale.

Notre allocation d’actifs est peu modifiée, toujours favorable aux actions européennes, asiatiques et américaines. Mais les pays émergents en général restent peu attractifs tant que la croissance économique ne s’est pas accentuée, ce qui dépend en définitive de la reprise européenne.

Parmi les produits de taux, nous recommandons les emprunts souverains italiens ou espagnols, les obligations privées à haut rendement ou convertibles. Après plusieurs mois de sous performance, les obligations émergentes retrouvent de l’attrait.

Nous maintenons notre sous pondération sur les matières premières pour des raisons évidentes. La bulle spéculative se dégonfle avec des mouvements violents.

Le comportement des titres et des secteurs amènent plusieurs réflexions qui sont détaillées en page 7 et 9. Nous avons abaissé la note à court terme (=) des Biens et Services Industriels et nous avons relevé la note à moyen terme (=) des Services Publics.

CHOLET DUPONT - Stratégie d'investissement par Vincent Guenzi - Mai 2013

Mercredi 15 Mai 2013
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