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Vers une sortie de crise fin 2009 ?


Alors que la croissance des pays développés était déjà en forte baisse au dernier trimestre 2008, le ralentissement aura encore été plus fort au premier trimestre 2009. Aux Etats-Unis, le PIB du 1er trimestre 2009 chute de 2,5 % alors qu’il affichait un recul déjà conséquent de 0,8 % le trimestre précédent. Le constat est le même en zone euro. La France semble un peu mieux résister mais la baisse de régime de l’économie en 2009 sera la plus importante depuis 1950.




Ce phénomène trouve en grande partie sa source dans la réactivité accrue des entreprises. Réduction des investissements, restructuration et déstockage ont été les maîtres mots des dirigeants dans cet environnement incertain. La hausse du chômage qui va mécaniquement se poursuivre dans les prochains mois ne permet pas d’espérer un soutien fort en provenance de la consommation des ménages à court terme.

L’ampleur des différents plans de relance met les Etats sous pression. Fait exceptionnel, le Royaume-Uni voit sa notation (AAA, la meilleure possible) mise sous surveillance négative par l’agence Standard & Poor’s. Dans la zone euro, les écarts se creusent entre les pays les plus sûrs (Allemagne, France, Pays-Bas) et ceux qui sont fragilisés par un endettement accru (Irlande, Espagne, Italie, Grèce).

Cependant, les mesures mises en place par les autorités monétaires et gouvernementales produisent peu à peu leurs effets. Le système bancaire fonctionne à nouveau. L’écart entre taux interbancaires et taux directeurs retrouve des niveaux d’avant la crise : de plus 3,5 % en septembre 2008 à 0,45%en juin, il renoue avec lemois d’août 2008. Aux Etats-Unis, le plan Geithner clarifie la situation des banques. Dans la foulée, elles en profitent pour effectuer des augmentations de capital et assainir leurs bilans.

Plusieurs éléments témoignent maintenant d’un redressement en cours. Outre-Atlantique, l’immobilier, à la source de la crise, semble se stabiliser. Les indicateurs avancés publiés par l’OCDE se retournent à la hausse comparés aumois demars, et prévoient ainsi un redressement de l’économie depuis ses points bas. La désinflation en cours permet une augmentation du pouvoir d’achat particulièrement appréciable en période de recrudescence du chômage. Enfin, l’impact des différents plans de relance est devant nous et offrira un soutien précieux à l’économie.

Cette situation est clairement prise en compte par les marchés financiers. L’indice CAC 40 progresse de plus de 10 % depuis la fin du premier trimestre. La volatilité, indicateur de nervosité desmarchés, estmaintenant proche de 30 % sur les actions européennes après avoir atteint plus de 80%au plus fort de la crise. La dynamique de rebond semble s’être enclenchée. Anticipant une amélioration de la situation, les indices actions poursuivent leur redressement entamé début mars.

Perspectives : la dynamique de rebond des actions n’est pas achevée

Beaucoup d’investisseurs restent dubitatifs et prudents sur la poursuite éventuelle du rebond des actions. Tous les obstacles économiques, démographiques et géopolitiques qui se dressent devant nous sont invoqués, souvent en mélangeant et additionnant les concepts et les risques. Sans mésestimer les problèmes à solutionner à moyen terme, il semble que la dynamique actuelle des marchés doive encore perdurer quelques mois.

La conjoncture devrait continuer à se redresser. Les mesures mécaniques de relance notamment aux Etats-Unis vont jouer leur plein effet à partir du deuxième semestre, au moins pour neuf mois. Les entreprises devraient reconstituer leurs stocks, entraînant positivement l’économie. Le système financier, toujours en convalescence, assure à nouveau son rôle de courroie de transmission nécessaire à la reprise. Les prévisions des différents instituts pour 2010 sont conservatrices et pourraient être révisées à la hausse, à l’instar des changements récents du FMI.

Les investisseurs commencent à prendre acte d’un début d’amélioration qui devrait les inciter à augmenter leur allocation en actions. Car les alternatives sont peu convaincantes : les placements sans risque ne rapportent plus grand chose et l’immobilier doit digérer son impressionnant parcours depuis dix ans. Les prévisions de bénéfices pour 2009 ont été fortement revues à la baisse et offrent des perspectives de rebond plausibles. Les entreprises, également échaudées par une mauvaise appréciation de la crise il y a un an, développent un message prudent qui peut laisser la place à des nouvelles plus positives.

L’évolution de l’immobilier aux Etats-Unis est aussi un paramètre à considérer. L’indice Case-Shiller, représentant les prix des vingt premières villes américaines, est en repli de 35 % sur près de trois ans. L’amplitude de la chute correspond à la moyenne des grands cycles de baisse de l’immobilier américain et laisse penser qu’une bonne partie du chemin a été accomplie. Toute bonne nouvelle sur une stabilisation des prix et sur une reprise des transactions serait un signal très favorable pour les marchés. Ce panorama ne saurait se terminer sans saluer la résistance des zones de croissance (Chine, Asie du Sud-Est et Brésil) qui devraient être le carburant du monde pour la prochaine décennie.

Au final, le redressement économique à court terme attendu principalement aux Etats-Unis et dans les pays émergents, associé à des valorisations attractives, devrait permettre aux marchés de continuer leur progression dans les prochains mois.

Benoît Vesco / Marc Favard
Meeschaert Asset Management

www.meeschaert.com

Jeudi 16 Juillet 2009
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