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Taux de chômage au 1er trimestre 2009


La remontée du taux de chômage est forte parce que les destructions d’emplois sont rapides. En effet, en France métropolitaine, durant le seul 1er trimestre 2009, le secteur privé a perdu plus de 138 000 emplois. Ce qui fait passer le taux de chômage de 7,6% à 8,7% de la population active. Le sous-emploi passe à 5,4%, en raison du recours au chômage technique et au chômage partiel. L’ajustement des entreprises à la récession a donc été extrêmement fort.




Nicolas Bouzou
Nicolas Bouzou
Cette évolution spectaculaire s’explique par le fait que le marché du travail est, en réalité devenu très flexible. Mais de la pire façon qui soit. Non négociée, la flexibilité est revenue par la fenêtre. Ainsi, dans le secteur industriel, la part de l’intérim est passée de moins de 2% de l’emploi salarié total au milieu des années 70, à près de 13% au déclenchement de la crise actuelle. A partir de 2008, les destructions d’emplois dans l’intérim ont été extrêmement rapides. Ainsi, l’intérim représente désormais environ 10% de l’emploi industriel, soir 3 points de moins qu’il y a à peine 2 ans.

La généralisation des CDD a aussi constitué un moyen pour les entreprises de contourner la rigidité du contrat de travail, et les coûts élevés de licenciement. Ainsi, alors que l’intérim reste essentiellement cantonné à l’industrie et au bâtiment, les CDD concernent surtout le tertiaire, où ils représentent plus de 73% des nouvelles embauches.

Les fins de CDD et de mission d’intérim représentaient au 1er trimestre plus de 35% des entrées à Pôle-Emploi. Néanmoins, ce sont les licenciements économiques qui affichent la progression la plus importante (+33,3% sur 1 an). Cette tendance devrait perdurer dans la mesure où les plans sociaux annoncés depuis la fin de l’année entrent progressivement en œuvre. En outre, le contexte économique ne devrait pas permettre d’observer un ralentissement de leur rythme. Ainsi, le taux de chômage devrait atteindre 10% de la population active dès l’année prochaine.

Ce sont, comme toujours en période de récession, les moins de 25 ans qui supportent l’essentiel de l’ajustement. En effet, les jeunes souffrent d’un coût du travail relativement élevé par rapport à leur productivité. Ce point, qui pose une véritable question de politique économique, n’est pas nouveau.

Du point de vue macroéconomique, se pose la question de savoir si une telle augmentation du chômage est de nature à empêcher une reprise. L’étude des cycles économiques passés montre que non. L’augmentation du chômage correspond normalement à une restauration de la productivité et des marges des entreprises, conditions du déclenchement de la reprise. Ainsi, même si la consommation des ménages pourrait être affectée, le danger lié à l’accroissement du taux de chômage est davantage social qu’économique.

Rédigé le 4 juin 2009.

Nicolas Bouzou - Gérant de ASTERES (Analyses et Prévisions Economiques)
 
 
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Lundi 8 Juin 2009
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