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Suisse : les PME bravent le ralentissement économique en Europe


La situation commerciale reste positive. Mais les pertes de chiffres d'affaires progressent. Les prix de l'énergie et des matières premières sont source d'inquiétudes. Si le ralentissement conjoncturel mondial devait perdurer pendant encore six mois, plus d'une PME sur cinq serait en péril. Le nombre de nouveaux engagements est en recul.




Suisse : les PME bravent le ralentissement économique en Europe
Tandis que, dans la plupart des pays européens, les entreprises souffrent de plus en plus des conséquences du ralentissement conjoncturel, en Suisse, les PME continuent d'afficher une bonne santé et font de bonnes affaires : neuf entreprises sur dix (91 %) jugent leur situation commerciale actuelle plutôt positive et plus d'une entreprise sur deux (53 %) se déclare même pleinement satisfaite. Malgré la récession au sein de la zone euro, la majorité des entreprises continue de regarder l'avenir avec optimisme : une PME sur trois table dans les mois à venir sur une amélioration de sa situation commerciale, alors que 9 % d'entre elles seulement s'attendent à une dégradation. En moyenne, les entreprises s'attendent à une hausse de leur chiffre d'affaires de 0,9 % par rapport à l'année précédente.

Toutefois, les PME suisses n'échappent pas aux effets de la conjoncture mondiale morose : 40 % d'entre elles déplorent actuellement des pertes de chiffres d'affaires dues à la faible évolution conjoncturelle en Europe (août 2012 : 35 %). En outre, si le marasme conjoncturel mondial devait perdurer pendant encore six mois, plus d'une PME sur cinq (22 %) estime que cela constituerait une menace pour son existence. Seule une entreprise sur trois juge son état actuel très solide, ce qui est inférieur au chiffre enregistré dans tous les précédents sondages depuis 2009. En août, cette proportion était encore de 38 %.

Malgré une situation commerciale relativement bonne actuellement, Alessandro Miolo, Partner et Responsable régional Suisse alémanique chez Ernst & Young, recommande aux entreprises de se préparer à des temps difficiles : « Bon nombre de PME sont au seuil d'une période de vaches maigres. Les entreprises très actives à l'étranger, en particulier, devront affronter un vent contraire. Et sur le moyen terme, les marchés traditionnels d'Europe occidentale ne présenteront eux aussi qu'un potentiel de croissance très faible. » Alessandro Miolo considère cependant qu'il est très peu probable d'assister à un effondrement de la conjoncture en Suisse : « La demande intérieure est forte et, à moins que l'Europe connaisse des turbulences importantes, de nombreux arguments plaident en faveur d'une évolution stable des PME suisses. » Cette analyse est corroborée par les prévisions des entreprises qui, pour 2013, tablent sur une situation économique stable en Suisse : on compte à peu près autant d'optimistes (21 %) que de pessimistes (20 %), et la majorité des PME (59 %) s'attend à une situation économique inchangée. Alessandro Miolo tempère cependant tout excès d'optimisme : « Les entreprises helvétiques ne pourront pas complètement se dissocier de l'évolution conjoncturelle que connaîtront les pays voisins. »

Les PME s'attendent à une intensification de la crise de la dette
Selon 70 % des sondés, le pire de la crise est encore à venir. 41 % d'entre eux prévoient même sur un effondrement de l'union monétaire européenne. « Bon nombre de PME font preuve de défiance face aux stratégies du monde politique pour apporter des solutions à la crise de la dette publique. Elles savent, par expérience, qu'il est nécessaire, en période de crise, de développer des processus d'adaptation structurelle. Par ailleurs, elles voient dans la politique de l'argent facile avant tout un report du problème plutôt qu'une solution. » Tel est le constat établi par Pierre-Alain Cardinaux, Partner et Responsable régional Suisse romande chez Ernst & Young.

Compte tenu de l'environnement conjoncturel défavorable persistant, la résistance des PME suisses s'est encore effritée : il y a deux ans, encore 45 % des sondés décrivaient leur entreprise comme très stable; ils ne sont plus que 32 % aujourd'hui. En outre, seules 34 % des entreprises pensent qu'elles ne sont exposées à aucun danger si l'affaiblissement conjoncturel de l'économie mondiale se poursuit.

Le marché de l'emploi est en perte de vitesse
L'incertitude à laquelle sont confrontées les entreprises lorsqu'elles évaluent l'évolution conjoncturelle à venir se reflète également dans leurs planifications en matière d'embauches et d'investissements : la part des PME qui souhaitent accroître leurs effectifs est passée de 24 % à 16 % depuis l'été 2012 et la part de celles qui prévoient une réduction d'effectifs a augmenté de 6 % à 9 %. La disposition des entreprises à investir s'est elle aussi amoindrie : elles sont tout de même 11 % à vouloir réduire leurs investissements dans les mois qui viennent (août 2012 : 6 %), tandis que 22 % prévoient de les consolider (août 2012 : 23 %). « Les entreprises font montre de prudence : compte tenu des perspectives incertaines, elles essaient de se prémunir contre un possible nouveau ralentissement conjoncturel. Plutôt que les investissements et l'embauche, c'est la réduction des coûts qui pourrait figurer parmi leurs priorités dans les mois qui viennent », estime Alessandro Miolo.

PME : les prix élevés de l'énergie et des matières premières constituent le risque n° 1 pour la conjoncture
Les prix élevés de l'énergie et des matières premières accentuent la nécessité, principalement pour les entreprises industrielles, de rechercher des économies de coûts dans les processus internes. Du point de vue des entreprises, les prix toujours élevés - malgré une évolution conjoncturelle faible à l'échelle mondiale - de l'énergie et des matières premières constituent même le risque n° 1 pour la conjoncture - devant la crise de la dette en Europe. 64 % des sondés considèrent le prix élevé des matières premières et de l'énergie comme un risque majeur pour l'évolution conjoncturelle en Suisse. « Le prix élevé des matières premières et de l'énergie ne peut pratiquement plus être répercuté sur les clients dans la situation de marché actuelle et pèse donc sur les marges bénéficiaires des entreprises », explique Pierre-Alain Cardinaux.

Le franc fort (60 %), les craintes des entreprises et des consommateurs en raison de la crise de la dette publique européenne (58 %), ainsi que le ralentissement conjoncturel en Europe (57 %) constituent, selon les PME, également des risques pour la conjoncture intérieure.

A propos de l'étude
La présente étude se fonde sur une enquête réalisée auprès des directeurs et des propriétaires de 700 petites et moyennes entreprises en Suisse. Les sondages par téléphone ont eu lieu en décembre 2012 et janvier 2013. Les interviews ont été menées par un institut de sondage indépendant pour le compte d'Ernst & Young. Dans ce cadre, la répartition sectorielle était la suivante : 47 % services, 11 % commerce, 24 % construction et énergie, 18 % industrie. Les entreprises interrogées comptaient entre 30 et 2000 collaborateurs. Le baromètre des PME d'Ernst & Young a été publié pour la première fois en 2008. Depuis 2009, il paraît semestriellement. L'étude est publiée dans des éditions distinctes respectivement pour l'Allemagne, l'Autriche et la Suisse.

L'étude peut être téléchargée ci-dessous (PDF 41 pages en français)

Ernst & Young

baromtredespmejanvier2013.pdf BaromtredesPMEJanvier2013.pdf  (367.87 Ko)


Lundi 28 Janvier 2013
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