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Qui va payer les taxes bancaires ?


Les gouvernements de plusieurs pays ont annoncé, ces dernières semaines, de nouvelles taxes sur les activités bancaires. La France, le Royaume Uni, les Etats-Unis crient d’une même voix haro sur le baudet avec dans le rôle du baudet-bouc émissaire, les banques. Car il s’agit de faire expier la faute, la responsabilité de la crise due à la folie spéculatrice, à l’avidité sans fond des banquiers et des traders.




Pierre-Antoine Dusoulier
Pierre-Antoine Dusoulier
Sortis par miracle, et par l’action publique, d’une déroute planétaire, ces derniers sont repris la main dans le sac d’or à spéculer de plus belle, faisant travailler un argent emprunté gratuitement ou presque auprès des banques centrales. Oh les vilains profiteurs !

Mais on oublie peut être un peu vite que si la crise est certainement d’origine financière ses racines les plus profondes s’inscrivent dans la volonté de croissance d’une Amérique qui a défaut d’être encore conquérante a cru se donner le frisson de la croissance en achetant à crédit tout ce que la Chine et les pays en voie de développement pouvaient lui vendre. La vie à crédit n’est que l’antichambre d’une mort à crédit annoncée. Les banques ont suivi. Les banques ont financé. Les banques ont prêté. Le système est tombé. La bulle a explosé.

Par ailleurs, on oublie aussi que les plans de relance lancés à grands renforts de milliards par les gouvernements avaient pour objectif premier de sauver le système financier mondial sans lequel l’économie n’existerait plus. Objectif atteint. Les banques sont toujours là (pour la plupart), elles ont retrouvé des structures financières assainies à défaut d’être parfaites et enfin, elles jouent à nouveau leur rôle dans une économie qu’elles recommencent à financer … prudemment. Peut-on leur reprocher cette prudence ?

Or donc, c’est le moment que choisissent ces gouvernements pour inventer de nouvelles taxes et punir les banques pécheresses. Est-ce bien cohérent ?
Que va-t-il se passer ? Ces nouvelles taxes, exceptionnelles ou non, seront directement et discrètement imputées sur les clients et leurs frais bancaires. Au bout du compte, les clients paieront. La conséquence : le coût du crédit va augmenter alors que les banques centrales dans une émouvante unanimité s’engagent à maintenir durablement des taux d’intérêt historiquement bas ! Ces taxes hypocrites seraient-elles en définitive le premier levier discrètement actionné par les gouvernements pour stopper progressivement l’injection de liquidité sur les marchés ? Tout le monde craint l’arrêt des plans de relances. Les constructeurs automobiles ne peuvent plus se passer de la drogue des primes à la casse et autres bonus écologique. Le monde a appris à vivre avec de l’argent pratiquement gratuit. Cela ne pourra pas durer. Les nouvelles taxes sur les banques sont le premier indice de l’arrêt des perfusions.

Pierre-Antoine DUSOULIER, Président de Saxo Banque
www.saxobanque.fr

Lundi 8 Février 2010
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