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Pourquoi la crise de l’euro va atteindre un stade critique


CHARLES WYPLOSZ. La zone va rester longtemps sous pression. Avec des risques de politisation croissants.




Pourquoi la crise de l’euro va atteindre un stade critique
A peine la crise financière grecque était-elle en passe de se stabiliser qu’un gros nuage est venu ternir le ciel européen en raison de la situation irlandaise. La menace se faufile aussi sur la Botte ainsi que sur la Péninsule ibérique. «Je crains que le sujet reste d’actualité pendant encore de long mois» juge Charles Wyplosz, professeur à l’Institut des hautes études internationales et du développement de Genève et expert des questions monétaires. «Je suis en tout cas très sceptique pour ce qui est en train de se passer au sein de la zone euro», déclaré lors d’une conférence donnée le 23 novembre à Genève dans le cadre du cycle mis sur pied par la banque Syz&Co. Pour lui, malgré l’ampleur de la dette publique des pays concernés par la crise, il est aussi d’autres critères qui entrent en ligne de compte dans la situation actuelle de l’Irlande, en particulier le phénomène de la bulle immobilière et la mauvaise situation des banques. «Chacun de ces critères détient un élément de vérité, mais ce n’est pas uniquement cela qui et déterminant, il faut compter sur la défiance des marchés» évoque Charles Wyplosz.

Le propre de toutes les crises financières est qu’elles s’installent durablement et s’étendent sur une longue période. «On y va avec une sage lenteur, mais avec détermination», relève t-il en substance. On a assisté au même phénomène en ce qui concerne la crise asiatique. Il a fallu du temps pour qu’elle se résorbe définitivement. La question est donc de savoir où va s’arrêter la contagion car on peut trouver des failles dans tous les pays. La deuxième hypothèse sur les déboires des pays dans la zone euro est l’absence de taux de change, qui agissent habituellement comme une soupape de sécurité. Charles Wyplosz évoque une troisième hypothèse, celle liée à la réaction de l’Union européenne. «C’est l’hypothèse la plus intéressante, mais aussi la plus inquiétante» estime-t-il. Quoi qu’il en soit, la réaction de l’Europe marque un tournant historique dans les relations entre les pays de l’Union européenne. La disposition de la clause de non-sauvegarde représente une sévère atteinte aux relations entre les pays.

Après la Grèce et l’Irlande, la crise ne va pas s’arrêter en si bon chemin, tant l’ampleur de la tâche semble ardue, reconnaît en l’occurrence Charles Wyplosz. Le Fonds européen de stabilité financière (FESF) a été mis à contribution de 440 milliards d’euros, la Commission européenne à hauteur de 60 milliards et la FMI pour 250 milliards, soit 750 milliards au total. A condition que tous ces montants soient réellement débloqués – ce qui est loin d’être acquis – cela ne représente en fait que moins de 10% de la dette publique de l’ensemble des pays de l’Union européenne. «Les 750 milliards d’euros n’ont pas calmé le jeu» rappelle-t-il. «Le plus grave est que l’on assiste à une politisation de la crise. Les vieux griefs de certains Etats à l’encontre d’autres sont en train de remonter à la surface. Une situation d’autant plus préoccupante qu’au sein du Fonds européen de stabilité financière (FESF), les décisions doivent être prises à l’unanimité. On peut donc s’attendent à des blocages. Sans compter qu’il n’y a pas d’harmonie totale entre le FMI et le FESF.

La nouvelle donne provoquée par la crise économique actuelle et les principes adoptés dans l’urgence par les dirigeants des pays de l’Union européenne nécessiteront un jour ou l’autre de revoir en profondeur leurs relations, en particulier en raison d’un besoin accru de surveillance et de sanctions, d’une conditionnalité des prêts et d’un mécanisme de résolution des conflits.

L’autre solution, ce que Charles Wyplosz appelle l’improbable plan B serait de renverser la logique en demandant au FMI, moins politisé que le FME, de se charger du travail de stabilisation des économiques européennes. Cela sonnerait la fin du Pacte de stabilité et l’établissement de règles nationales de vigueurs économique, un peu à l’image du frein à l’endettement appliqué en Suisse, qui devraient être homologuées au niveau européen.

L’Agefi, quotidien de l’Agence économique et financière à Genève
www.agefi.com

Jeudi 2 Décembre 2010
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