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Où va la recherche en management ?


L’AACSB* a identifié 1 900 journaux académiques en gestion, économie, finance et marketing. Ces journaux publieraient environ 15 000 articles essentiellement rédigés en anglais, et 20 000 si l’on y ajoute les publications dans d’autres langues.




Les études, synthèses et bibliographies issues de la recherche en management rendent compte de la richesse des descriptions et analyses accumulées sur les entreprises. Sans prétendre être exhaustif, il est possible de citer rien que pour la théorie des organisations – une branche de la recherche en management - les modèles d’organisation scientifique du travail, les effets de la fonction administrative, le modèle bureaucratique, le courant des relations humaines, le comportement organisationnel, l’enrichissement des tâches, le management par objectif, les méthodes de gestion de projets, le système sociotechnique, l’analyse stratégique, la théorie de la contingence, la théorie des conventions, la théorie des ressources, l’approche de l’économie industrielle…

La plupart de ces modèles sont d’origines américaines. On assiste d’ailleurs à une accélération de la création de modèles. Ceux-ci puisent à des disciplines de plus en plus diverses. La recherche en management crée en effet des liens avec des champs de recherche proches tels que la psychologie, la sociologie et l’économie. Ainsi, la variété des articles parus dans la revue « Academy of management journal » témoigne d’une forme de maturité dans la recherche en management qui craindrait moins les perspectives croisées. Si l’orientation quantitative/positiviste à base de statistiques et de calcul de variances l’emporte aujourd’hui, il est possible de voir grandir l’orientation qualitative/constructiviste qui part plus du terrain et de l’expression directe des acteurs.

Plusieurs critiques sont aujourd’hui adressées à la recherche en management. Il est ainsi possible de voir caricaturer des enseignants hyper spécialistes de leurs théories. Pour prendre une image nous serions dans la situation d’un expert qui perfectionnerait le mécanisme de la montre, et un autre le bracelet alors que cela fait longtemps que l’heure est disponible sur une multiplicité de cadrans, ordinateurs, téléphones, écrans et que les entreprises attendent des réponses multifonctionnelles, et combinatoire à leurs problèmes. Cette situation pourrait être le fait d’une faible expérience du travail en entreprise des chercheurs qui dédaigneraient parfois toutes autres formes de connaissances « non-quantifiées ». Leurs travaux seraient excessivement guidés par le souhait de répondre aux critères académiques des revues de gestion classées. En effet, la publication dans les meilleures revues est essentielle pour leur carrière et pour le classement des écoles auxquelles ils appartiennent. Ce faisant, leurs recherches se déconnecteraient des problèmes concrets et se concentreraient sur les “meilleures pratiques” du segment des grandes entreprises.

Dans le même temps, il est possible d’observer l’obsolescence rapide des savoirs et des pratiques managériales. En conséquence, il convient de valoriser l’apprentissage de la gestion par la recherche. Cette pratique pousse les étudiants à « apprendre à apprendre ». Cette compétence est essentielle pour s’insérer et évoluer dans une économie de la connaissance. Si la délivrance de doctorats reste encore en France, largement sous monopole des universités plusieurs business-schools développent des partenariats pour former un nouveau profil de docteur plus proche des entreprises. Bien que les sciences de gestion courent le risque de l’académisme précédemment soulignée, il est encore possible de voir apparaître des courants de recherches critiques. Ces courants posent des questions sur l’apparente neutralité du management et des techniques managériales en vogue. Elles ouvrent à de nouvelles méthodes de recherche puisant à l’ethnologie, aux récits biographiques et aux méthodes sociologiques.

La recherche en management est en plein renouveau. Les méthodes et sujets actuels sont stimulés par la crise qui pose aujourd’hui des questions plus concrètes. Ceci autorise une plus grande variété de pratiques de recherche. Le prix académique de la recherche en management doit permettre de distinguer des idées et des façons nouvelles de penser le monde et permettre à des courants jusque là négligés de voir le jour. C’est certainement parce que la recherche en management s’y est intéressée que le débat sur la responsabilité sociale de l’entreprise a pris une telle ampleur dans la société.

*L’AACSB Association to advance collegiate schools of business est une association qui fédère et accrédite des business school au niveau international

Par Denis Cristol
Denis CRISTOL est chercheur il dirige la formation continue de Novancia.
Il a publié plusieurs ouvrages sur l’enseignement et la formation au management dont « La fabrique des managers » chez l’Harmattan en 2011
www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=34224

Mardi 24 Avril 2012
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