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Non, la Grèce ne sortira pas de la zone euro !


Alors qu’une nouvelle séquence anxiogène s’empare des marchés financiers européens, l’immobilisme politique en Grèce provoqué par les élections législatives ne pourra perdurer et n’aboutira pas à une sortie du pays de la zone euro. Les intérêts, grecs d’une part, et européens d’autre part, sont bien trop importants pour que le scénario de l’exclusion hellène se réalise.




Non, la Grèce ne sortira pas de la zone euro !
Du point de vue grec, en dépit du mécontentement (légitime) de la population face aux mesures d’austérité effrénées depuis près de deux ans, tourner le dos à l’union monétaire pour un retour à la drachme serait sensiblement préjudiciable.

Bien plus que la situation actuelle. En effet, l’aide financière européenne accordée à la Grèce est bel et bien conditionnée : le second plan d’aide de 130 milliards accordé à la Grèce en février dernier s’étale sur plusieurs mois. Il a été défini en contrepartie d’un traité européen sur la rigueur budgétaire et a été signé avec la Grèce, en incluant des engagements écrits de la part du gouvernement hellène.

Si le nouveau parlement grec peut estimer que ces engagements ne signifient plus rien, impossible de bénéficier alors des prochaines échéances financières des plans d’aide européens.

Un dilemme pour les partis anti-européens entrés au parlement hellène, lorsqu’on sait qu’une échéance de remboursement de la dette grecque arrive en juin. On observerait alors une véritable situation de cessation de paiement, ce qui a été évité jusqu’alors (grâce notamment au défaut partiel organisé qui a mis à contribution le secteur privé et in fine la BCE).

Contre toute attente des partis anti-européens, cela ne rendrait que plus dépendante encore une Grèce exsangue vis-à-vis des institutions internationales.

Du point de vue de l’Union Européenne et de sa zone monétaire, les bénéfices d’une exclusion de la Grèce ne sont pas bien visibles non plus.

Sur le plan politique ça serait aller à l’encontre même de la construction européenne qui s’est forgée malgré les difficultés et les divergences, depuis le Traité de Rome en 1957 et l’instauration de la CEE. Sur le plan financier, les partenaires européens de la Grèce restent ses créanciers : cela serait prendre le risque de ne plus pouvoir récupérer l’argent octroyé.

Cela serait enfin prendre le risque d’une contagion sévère de la crise. Certains investisseurs iraient tester bien plus âprement qu’aujourd’hui, la capacité de résistance d’autres pays périphériques en difficulté sur les marchés obligataires, comme l’Espagne, l’Italie ou le Portugal.

Parce que les dirigeants européens et grecs sauront prendre la pleine mesure de ces enjeux, nul doute que la Grèce ne sortira pas de la zone euro !

Ce commentaire est signé Fabrice Cousté, DG de CMC Markets France
www.cmcmarkets.fr


Lundi 14 Mai 2012
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